Voici pour celles et ceux qui s’intéressent à la vie départementale les propos que j’ai tenus hier lors du débat d’orientations budgétaires précédant la présentation du budget 2021… Un contexte que les citoyennes et les citoyens ignorent…mais qui risquent vite de epser sur leur quotidien !  

« Je ne vous surprendrai pas en vous disant que l’année 2020 aura été un peu particulière. Outre la crise sanitaire qui nous a obligés à faire face à de multiples ajustements budgétaires avec des rapiéçages permanents annoncés par le gouvernement nous devons depuis plusieurs semaines faire face à la montée d’une inquiétante crise sociale dont on ne connaît pas les limites.

Plus que jamais notre capacité globale de résilience a été mise à l’épreuve dans des circonstances exceptionnellement changeantes provoquant des dépenses imprévues, une organisation à adapter en permanence, des mesures inédites à assumer et plus encore des recettes minorées par la chute des Droits de mutation liés à la baisse de l’activité de l’immobilier.

Rétrospectivement c’est encore une fois une leçon de modestie sur la notion de prévision que prétend faire le débat d’orientation budgétaire. Nous avons dans un passé récent navigué à la corne de brume en matière de recettes désormais , après la réforme fiscale nous regardons une boule de cristal.

Il faut donc relativiser nos éventuels échanges de ce jour sur les orientations budgétaires 2021 à 2023 puisque elles ont été établies dans un contexte où rien n’est vraiment stabilisé, où tout bascule dans un sens ou un autre d’un jour à l’autre..

Si le Président avait décidé de repousser le budget pour attendre des certitudes il aurait probablement été soupçonné de de vouloir dissimuler un avenir incertain et en optant pour la sincérité, la transparence et la cohérence dans les délais habituels il sera accusé de je ne sais quel empressement peu sérieux.

Pourtant cette décision de repousser le débat budgétaire n’aurait rien eu de scandaleux tant les incertitudes sont nombreuses en cette fin d’année pour 2021 et encore plus pour les deux suivantes dont l’une verra les élections présidentielles et législatives pouvant rebattre le jeu des relations avec les collectivité

En effet, nous nous retrouvons dans un contexte encore et toujours flou et fou.

  • La loi de programmation des finances publiques 2919-2022 qui devrait constituer un repère essentiel de nos prévisions pour les relations avec l’État n’a toujours pas été votée et n’existe même plus.

  • D’ailleurs les engagements d’un Etat surendetté, n’ont plus aucune lisibilité à court ou moyen terme. Il navigue à la godille.

  • Seules les mesures de garrottage de l’action des départements via la suppression de leur liberté de gestion sont certaines. Et encore… L’amendement sur la fraction de TVA qualifié par le Président de l’ADF de « scélérat » en constitue l’un des exemples.

  • On peut y ajouter la seule suspension » du pacte de Cahors sur la limitation arbitraire des dépenses et non pas son annulation contrairement à ce que l’on espérait.

  • le fonds de stabilisation du RSA discuté jusqu’au dernier moment et dont on ne connaît pas l’avenir,

  • la compensation que l’on avait espérée sous forme d’aide définitive de la baisse des ressources des droits de mutation sur les transactions immobilières est remplacée par une avance remboursable à meilleure fortune…

  • La nationalisation éventuelle du RSA ou l’émergence d’un revenu que nous souhaiterions être de base et universel,

  • les mesures logiques en faveur des personnels dits de première ligne que nous ignorons encore et qui seront nécessaires sans que l’on connaisse le financement comme ce fut le cas pour la prime du feu eds sapeurs-pompiers.

Il existe bien d’autres sujets d’incertitude :

  • Quid pour les années 2022 et 2023 de la redistribution des compétences prévues dans la fameuse loi 3 devenu 4 D qui sortira au printemps ?

  • Quid de l’application du du Fond Social Européen nouvelle formule dont la France n’a pas encore décidé quelles seraient ses autorités gestionnaires ?

  • Quid de la date réelle des élections départementales ? Juin 2021 ou octobre 2022 ?

  • Quelle part pour les collectivités dans le pacte de relance même si la Gironde grâce à son Président  en a obtenu avec l’appui du premier minsitre et de madame la préfète à l’arrachée une part de 40 millions pour faire face au plna collège. 

  • Quelle sera l’issue du recours engagé par le Conseil départemental de la girondecontre l’iniquité du niveau de limitation de nos dépenses fixée par un Préfet de plus en plus célèbre par son sens de la négociation et de la concertation  ?

Le Président a préféré avec l’accord de la majorité départementale préparer la suite dabs la transparence et la continuité pour préserver le milieu économique, tous les partenaires associatifs, institutionnels et plus encore toutes les générations de Girondines et Girondins du doute qui aurait pouvait les habiter en cette période difficile. Il ne faut pas traîner en cette période compliquée et dangereuse !

Le président a donc voulu que le budget 2021 soir à nouveau sincère, réaliste, résilient et opérationnel en reposant sur les certitudes que nous avions.

Cette stratégie nous conduira à proposer dans la continuité des résultats indiscutables des exercices précédents excellents comme je vous le démonterai un document prudent, lucide, cohérent, constructif et adapté aux valeurs que porte la majorité départementale sur le solidarité humaine et territoriale ainsi que sur la transition écologique.

Lors de la commission des finances certains collègues ont avec humour souligné qu’ils trouvaient le document,écrit il y a trois semaines avec les éléments que nous pouvions avoir, un peu « léger ». Ils voulaient davantage d’éléments d’appréciation pour probablement savoir s’ils pouvaient trouver des raisons de voter le budget 2021.

Comme c’est la dixième et dernière fois que je me livre à l’exercice du DOB je vais tenter de les convaincre en mettant en évidence les résultats indiscutables de la stratégie antérieure qui sera prolongée en 2021 dans un nouveau contexte de la perte de notre autonomie de décision.

Le pari est osé mais je compte qu’avec toutes les informations que je rajoute au rapport ils ne manqueront pas de souligner l’attitude courageuse du Président qui respectera ainsi jusqu’au dernier moment budgétaire les engagements souscrits dès 2014 : maintien des investissement à un niveau jamais atteint (271 millions), désendettement global de la collectivité, réduction des dépenses et maîtrise de celle du personnel, autofinancement aussi élevé que possible, dépenses de solidarité humaine et territoriale au maximum et préparation de la transition écologique.