En ce moment les cabinets de médecine de ville et ceux de certains spécialistes sont désertés alors que, dans la période ils regorgent de visites liés à la grippe, à la bronchiolite, à la gastro… et pour des maladies potentiellement plus graves. Un peu comme si les mesures de distanciation physique avaient éradiqués les maux habituels de l’entrée de l’hiver. Un climat plus doux si l’on se fie aux habituels constats, provoquent habituellement  un déclenchement d’épidémies « taches d’huile » sur les cartes officielles. Là pas grand chose voire plus rien.

Lors de son dernier bulletin Santé Publique France signale qu’il n’y a pas en semaine 48 de circulation active des virus grippaux identifiée par les réseaux de surveillance dédiés, seuls 6 virus grippaux détectés en milieu hospitalier dans des régions différentes dont au moins 2 chez des personnes de retour d’un voyage à l’étranger. La vaccination massive qui a eu lieu peut L4expliquer mais le travail à distance, la moindre fréquentation des transports collectifs, la diminution des contacts humains ont également contribué à cette situation.

Sur le front de la bronchiolite, il est noté une « absence de circulation active du virus à ce jour en France » et des  » indicateurs de surveillance restent à un niveau bas et inférieur à ceux observés la même semaine les années précédentes ». Tant mieux pour les bébés qui souffrent toujours de cette maladie inquiétante pour les parents. La raison ? On l’ignore.

La carte du réseau Sentinelles est totalement verte pour les infections liées à la gastro-entérite. S’il est encore trop tôt pour en connaître les causes il est encore tôt les scientifiques espèrent avoir également des effets positifs des consignes sur la pandémie Covid 19. Même si le virus n’a pas les même modes de transmission, le lavage des mains et la distanciation auront sûrement « un effet ». Ces résultats interpellent sur la progression du Coronavirus qui normalement devrait être dans des proportions moindres.

Si ces « statistiques » sont rassurantes il en est d’autres beaucoup plus inquiétantes notamment dans deux secteurs, celui des cancers et celui des maladies psychologiques ou psychiatriques. Dans le premier cas on constate un effondrement du nombre de patients pris en charge depuis le retour du confinement.

Une réduction de 6,8% des patients pris en charge au cours des sept premiers mois de 2020 par rapport à 2019 a été observée, contre une augmentation annuelle de 4% les années précédentes », indique un organisme, qui réunit les 18 centres français de lutte contre le cancer.

Ils en concluent que, dans une hypothèse optimiste, si les retards de diagnostic sont de l’ordre de 6,8%, comme observé dans le réseau Unicancer, un millier de décès supplémentaires seraient comptabilisés dans les prochaines années.

Rappelons ce triste bilan : entre le 1ᵉʳ mai et le 31 août 2020, 191 685 décès, toutes causes confondues, sont enregistrés en France à la date du 30 octobre, soit le même niveau qu’en 2019 et 2 % de plus qu’en 2018. Combien d’entre eux ont été placés dans les statistiques COVID en plus de celle ci ? Difficile à savoir. Les spécialistes craignent que la détection tardive de cas nouveaux constitue une « bombe médicale » à retardement.

La maladie Covid-19 a fait souffler un vent de déprime sur le pays, dont tout un chacun peut ressentir les effets, et qui est désormais bien établi par les enquêtes et les études. Plusieurs mois que des voix se font entendre, ici et là, pour alerter sur le fait que l’épidémie de Covid, de par ses conséquences sur la vie sociale et économique, mais aussi par des effets neuropsychiatriques directs, pourrait bien se révéler catastrophique.

Après la première et la deuxième vague, la troisième vague du Covid sera-t-elle psychiatriques ? Les indicateurs en termes de santé mentale sont devenus très préoccupants, et notamment chez les jeunes, qui vivent très mal ces deux confinements successifs, et chez les plus précaires, qui doivent encaisser en plus de la crise sanitaire, une crise économique de grande ampleur.

Les personnes qui ont contracté la maladie, et dont beaucoup le vivent comme un traumatisme. Le secteur de la psychiatrie alerte depuis des mois les pouvoirs publics sur cette crise dans la crise, et sur les conséquences désastreuses qu’elle pourrait avoir à long terme.

Les hôpitaux spécialisés sont sous tension mais ils ne bénéficient pas d’autant d’attention que les « généralistes » en cette période. Ils sont en grande difficulté eux-aussi… mais la mort y est moins présente et elle échappe à ces statistiques qui semblent régler désormais le comportement social. Brassens l’appelait la camarde… sans surtout vouloir la transformer en statistiques. « La Camarde qui ne m’a jamais pardonné d »avoir semé des fleurs dans les trous de son nez me poursuit d’un zèle imbécile »… il semble que ce soit la cas !