Les grands principes de la gestion politique moderne consiste à traiter par des lois, des ordonnances, des circulaires, des règlements, des normes qui font vivre tant de gens les effets de toute chose plutôt que d’en chercher les causes. Il faut rajouter à cette permanence de la superficialité le principe « action-réaction » qui conduit à pondre des empilage de mesures conjoncturelles. Chaque semaine le suivisme de l’actualité par les pouvoirs en place devient angoissant tant il constitue la négation même de la gouvernance éclairée.

Plus un sujet ponctuel émeut l’opinion publique dominante et plus un Ministre a intérêt d’y sauter dessus comme un vautour sur un os à moelle. Donner son nom à une réforme, à une loi constitue un objectif courant chez les gens qui pensent ainsi rester dans l’Histoire.

Malheureusement pour eux la tradition veut que le suivant détricote ce que son prédécesseur. Le fait d’appartenir à la même majorité n’exonère pas de cette frénésie de notoriété par la réforme souvent d’ailleurs destinée à satisfaire des lobbies syndicaux, économiques ou médiatique.

Il faudrait dans tous les lieux de pouvoir inscrire cette belle phrase lucide de Georges Clemenceau : « en politique , on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables ». Alors autant être certain de ses qualité le temps que dure l’illusion que l’on sait tout faire. Les temps changent parfois plus vite et plus profondément qu’on le croît.

Dans la période actuelle seules les « réformes » destinées à boucher les trous provoqués par les bombardements sociaux ont une chance de passer. En conseil des Ministres selon quelques confidences, ne sont désormais acceptés que les textes n’ayant aucun impact financier. Les autres ne franchissent jamais les ukases de Bercy qui se refuse à absolument toutes dépenses autres que celles que le « patron » valide pour son image.

Les Ministères encore plus que dans la décennie antérieure tendent la sébile et se font rabrouer comme des mendiants à un feu rouge. Bruno, Le Maire du Palais de l’endettement verrouille absolument toutes les initiatives. Même à l’Élysée on commence à s’agacer alors qu’à Matignon on s’est résigné. On laisse le vrai patron de la France dérouler son programme personnel.

Les milliards se ramassent à la pelle et quand ils ruissellent il faut obligatoirement dire « je vous en ‘rebercy’ bien ! » au maître des coffres ! Les personnes qui « comptent » occupent le devant de la scène du pouvoir et s’éclatent à voir les courbettes des demandeur.euse.s. Allégeance doit leur être faite !

Le « Distributeur Accorte de Billets » (DAB) se constitue un réseau pour l’avenir. Le Maire a dit-on dans le collimateur un certain Bertrand avec lequel il ne fera pas la braderie des régionales. Les Hauts de France deviennent en effet chaque jour un peu plus la région d’où peut partir la conquête du plus haut de la France. La rivalité se profile car dans ces soupers où l’on distille le poison des ambitions dans les meilleurs grands crus il se murmure que l’hypothèse de la non-candidature de l’occupant de l’Élysée prend corps.

Jean Castex de Prades découvre cette ambiance dont il n’avait pas l’habitude contrairement à Édouard Philippe qui avait trempé dans tous les complots juppéistes anti-Sarkhozistes. Il gère Matignon en bon élu local, passant dans les bureaux pour saluer ses proches collaborateur.trice.s. Ô miracle des temps modernes : il écoute et n’a aucun à priori sur les sujets à traiter.

Face au duo Darmanin-Le Maire qui faisait ce qu’il voulait, quand il voulait et comme il voulait (ce n’est plus le cas pour l’homme d’Intérieur) il s’est coltiné les besognes les plus ingrates tentant de résister aux lobbies mais il se heurte en permanence à la caste « royale » de Bercy qui ne travaille que pour la voie présidentielle du patron. Rappelez moi d’où vient le chef de guerre contre le Coronavirus ? De quoi donner des idées à celui qui occupe la citadelle des bords de Seine !

Qui défend les « petits » mais ne bride pas les »grands » ? Qui distribue les « primes » comme un speaker de critérium semi(-pro des années soixante ? Qui prépare le virage de l’austérité en annonçant qu’il faudra coûte que coûte rembourser la dette ? Qui prend ses distances avec ce confinement castrateur des rentrées de TVA ? Qui étrangle froidement ces « territoires » chers à l’ex-élu local du pays des cerises ? Le maire avance vise au plus mal Matignon fin 2021 et au mieux une candidature de dernière minute en considérant que son ancienne famille dépourvue d’héritier crédible le recevra comme un sauveur potentiel !

En fait pendant la crise sanitaire les couteaux s’affûtent et se cachent sous la table. Nul n’a encore trouvé le vaccin.  « Peut être que je ne pourrai pas être candidat. Peut être que je devrai faire des choses dans la dernière année, dans les derniers mois, dures parce que les circonstances l’exigeront et qui rendront impossible le fait que je puisse être candidat. » a déclaré « Brut de décoffrage » le Président actuel ce qui n’est pas tombé dans l’oreille de Charles Martel Le Maître (pardon Maire).