Toute étude statistique déchaîne les passions surtout quand elle met en évidence des comportements réputés sans danger par l’opinion dominante. C’est une constante : personne n’aime être mis face à ses responsabilités qu’il pense être réservée aux autres. En cette période où chaque partage de la vie collective peut se transformer en moment de propagation du Coronavirus, chacun tente d’expliquer que ce n’est pas chez lui et de sa faute si une contamination peut intervenir.

L’Institut Pasteur va finir par être envahi par les professionnels de la restauration, des bars, des cafés, des théâtres, des cinémas, des salles de sport et des grands-parents en mal de visites des petits-enfants. « ComCor », rapport sur les modes de propagation du virus, permet de mesurer, grâce à des résultats probants, que les sources où l’on attrape la Covid-19 sont bel et bien celles que le gouvernement a identifiées.

La première partie porte sur les circonstances dans lesquels des personnes ont été contaminées. L’étude porte sur 30 330 cas ayant contracté la maladie fin octobre grâce à un questionnaire. Cette période correspond à celle du couvre-feu, en Île-de-France et dans huit métropoles puis dans 54 départements ce qui constitue un panel assez représentatif.

44 % des personnes infectées ont répondu savoir qui les avait contaminées. 21 % suspectent un événement particulier et les 35 % restantes n’ont aucune idée de la façon dont elles ont été infectées.Pour les 44 %, l’infection a pour origine une personne dont on partage le domicile dans 35 % des cas. Hors foyer, les contaminations ont eu lieu dans le cercle familial (33,1 %), dans le milieu professionnel (28,8 %), et enfin dans le milieu amical (20,8 %). On peut penser que le positivisme présidentiel n’est pas étranger à cette statistique.

Un « souper de travail » à une trentaine de personnes (soit 5 fois six) ayant tourné au réveillon (fin vers 0 h 30) mercredi soir dans la salle des fêtes de l’Elysée a regroupé des convives venus de toute la France pour débattre de l’avenir de la majorité présidentielle. Outre le fait que l’on aurait bavardé entre potes et dégusté des fruits de mer après l’heure du couvre-feu on peut imaginer que malgré les conseils dispensées par le Premier des Ministres un certain laxisme compréhensible dans un repas amical a régné. Il avait aussi largement présidé aux retrouvailles européennes où lors de la rencontre avec une délégation espagnole…

Même le Ministre de la santé monte au créneau en supposant que« le chef de l’État n’a manifestement pas été contaminé au cours d’un déjeuner ou d’un dîner à l’Élysée (donc pas de problème pour votre réveillon) mais vraisemblablement, d’après ce qu’on entend, en tout cas possiblement à Bruxelles, lors du sommet réunissant à Bruxelles les dirigeants des Vingt-Sept, les 10 et 11 décembre.  Un dîner de travail (NDLR : encore un) avait été organisé dans une grande pièce espacée. Malheureusement, on n’est pas à l’abri d’une contamination (sic) ». Les gueuletons sont donc « mortels » et  les restaus doivent fermer. On y mange du virus à table et pas dans les salles des fêtes officielles. 

C’est encore une fois un coup porté aux discours gouvernementaux car l’Institut pasteur livre un verdict sans ambiguïté : les chercheurs notent que « les repas jouent un rôle central dans ces contaminations » et que « les bureaux partagés sont également importants en milieu professionnel ». Enfin, le contact « fatal » a quasiment toujours eu lieu en intérieur (88,9 % des cas dans la sphère privée et 96 % en milieu professionnel). Dommage que cette étude n’ait pas été remise aux responsables de voyages présidentiels.

Pour les 44 % des contaminés étudiés, l’infection a pour origine une personne dont on partage le domicile dans 35 % des cas. Hors foyer, les contaminations ont eu lieu dans le cercle familial (33,1 %), dans le milieu professionnel (28,8 %), et enfin dans le milieu amical (20,8 %). À la maison, ni la première personne malade ni celle qui a été contaminée ne portaient de masque dans 93 % des cas, « y compris lorsque la personne source était visiblement symptomatique ».

La plupart de ces individus se disent d’ailleurs conscients des comportements à risques qu’ils ont eu, par exemple le non-port du masque ou le non-respect des gestes barrière. Tous les participant.e.s au repas « fruits de mer » de l’Élysée ou du raout bruxellois an avaient-ils conscience ? Pas certain.

À la maison, ni la première personne malade ni celle qui a été contaminée ne portaient de masque dans 93 % des cas, « y compris lorsque la personne source était visiblement symptomatique ». La plupart des sujets contaminés expliquent qu’ils sont conscients des comportements à risques qu’ils ont eu, par exemple le non-port du masque ou le non-respect des gestes barrière.

Et dire que le Premier de tous les ministres a expliqué aux parents que pour aller manger n famille il fallait éviter d’envoyer leur progéniture durant deux jours à l’école….pour les envoyer à la maison !L’incohérence est au pouvoir.