Si l’on examine la situation des clubs de foot de la Ligue 1, il faut s’attendre à un printemps meurtrier avec des livraisons par Uber Eats de « bouillons financiers » et des « plats avariés » pouvant provoquer des dépôts de bilan ! En dehors des « Pariqataris », de Lyon, de Marseille et maintenant de Lille le reste des clubs sont dans une panade pouvant conduire à des défaillances spectaculaires. Ayant vécu que des promesses de moyens qu’elle avait surestimés la L1 va traverser une sévère tempête. 

La perte du contrat avec Médiapro va générer des dégâts considérables parmi les plus fragiles ayant dépensé des fonds qu’ils n’avaient pas en caisse mais qui devaient arriver au début de 2021. Ils vivent déjà à crédit et sans mesures drastiques d’économies (salaires des joueurs, nombre de salariés du siège, frais généraux) ils ne pourront plus assumer les charges qui sont les leurs. Le déficit constaté au 31 décembre avoisine déjà globalement plusieurs centaines de millions.

Dans la tourmente on va vite trouver tous les clubs reposant sur une assise financière internationale sans lien avec le football. En effet les fameux « investisseurs » avides de références médiatiques exploitables dans leur pays vont être les premiers à souhaiter récupérer des billes qu’ils voient filer vers les oubliettes.

Tout s’effondre lentement mais inexorablement : recettes publicitaires (les matches de piètre niveau ne véhicule pas une image très intéressante) ; absence de recettes au stade (buvettes, loges, entrées) ; mauvaises transmissions des rencontres avec peu de monde devant le petit écran ; transferts impossibles (fermeture de l’eldorado anglais, situation tendue dans toute l’Europe…) ! Bordeaux annonce un déficit de 80 millions avec une échéance fatale en mars.

Alors en attendant on avance presque partout sur le bout des crampons pour demander aux joueurs d’accepter de diminuer volontairement leurs salaires (c’est pas gagné!) et on recherche des aménagements avec les organismes sociaux pour étaler les versements. Ce ne sera pas suffisant, alors les licenciements économiques secs ne vont pas tarder à venir (une grosse trentaine à Bordeaux faute de départs volontaires).partout. Par ailleurs les dettes s’accumulent. La crise sera rude.

L’avenir risque de ne pas s’améliorer puisque la rupture logique du contrat avec Médiapro prive les clubs des retransmissions en direct avec panneaux publicitaires qui même soldés rapporte un minimum. Or normalement Mediapro n’a aucune obligation de financer ces captations puisqu’il n’y a plus de contrat et que personne ne se bouscule pour le reprendre. Canal+ ne se presse pas. Il y a de la revanche dans l’air.

Certes Canal diffuse quelques matchs du championnat, rachetés à beIN Sports moyennant 330 millions euros mais elle ne veut pas du reste qui n’a aucune véritable attractivité face au championnat anglais ! Et la chaîne historique tente un coup de poker risqué car il suppose que Bercy se montre généreux et en pareilles circonstances c’est loin d’être gagné. Dans le collimateur de ses patrons le taux de TVA.

Obtenir un taux réduit de 5,5% au lieu de 10% sur les abonnements à Canal+ constitue le préalable à toute offre de sauvetage de la Ligue 1 ! Aux cadors des grands clubs d’aller pleurer chez Lemaire à la place de Bolloré qui était plus le pote de Sarko que de Macron. Bien joué mais un sacré challenge pour la LNF puisque cette décision dépend de… Bruxelles !

Mais ce n’est pas tout : il faut arracher contre le monde du cinéma la diminution significative des délais de diffusion sur Canal des films récents après leur sortie en salle. Le lien avec le foot est difficile à trouver mais faute d’accord c’est tout le système de la L1 dopé aux droits télé qui s’effondre. Rien que sur la saison 2020-2021, le manque à gagner sera de 585 millions d’euros. Un chiffre énorme et qui montre toute la difficulté que va connaître le football français dans les prochains mois.

En attendant, comme à Bordeaux avec ce dangereux partenariat public-privé sur un stade en déserrance complète la note risque d’être salée pour…les collectivités locales. L’entourloupe ayant conduit la Mairie de Bordeaux à se délester d’un fardeau considérable en faveur de la Métropole.

A la fin des fins ce sera cette dernière qui va régler l’addition pouvant atteindre 25 millions ! Si par malheur la location du stade venait à ne pas pouvoir être réglé on va vers un imbroglio politico-juridico-financier à Bordeaux et ailleurs ! En attendant régalez-vous devant votre télé !