L’exercice gouvernemental est extrêmement périlleux tant la situation actuelle liée à la pandémie est fragile, instable et certainement peu prévisible. Les annonces faites hier soir paraissent être celles de la « dernière » chance ou tout au moins toutes celles qui, rassemblées vont au plus loin en matière de prévention de la situation risquant de s’aggraver. Chaque mesure vise à verrouiller un pan des « défauts » constatés  pour tener d’éviter aller jusqu’au « re-re-confinement ». A vérifier à l’usage ! 

Il faut honnêtement reconnaître que, dans la situation présente il s’agit de l’approche maximale qui pouvait être envisagée. Dans les prochaines semaines le gouvernement joue en effet, c’est à peu près certain, une grande part de sa crédibilité. S’il s’avère que la diffusion du virus ne se calme pas il faut craindre qu’elle soit sérieusement écornée. Alors dans ce contexte il lui a fallu jouer collectif et une demi-douzaine de ministres est désormais « mouillée » de telle manière que la responsabilité d’un échec vraiment pas souhaitable soit diluée. 

Le Premier d’entre eux a d’ailleurs parfaitement joué son rôle en distribuant la parole et donc l’énumération des décisions. Comme la crainte était celle du retour à un arrêt brutal de toutes les activités, la solution du couvre-feu généralisé paraît être la plus adaptée. Elle ne casse pas l’activité économique et elle restreint ce qui est le facteur essentiel de propagation : le nombre de contacts qu’il peut y avoir dans une journée. Mais bien évidemment ce ne sera pas accepté… que si des résultats sont constatés.

L’indispensable sondage Elabe pour BFMTV le confirme : 83% des Français pensent qu’un troisième confinement aura lieu « dans les prochaines semaines ». 75% des personnes interrogées se disent favorables à ce nouveau confinement “dans les régions les plus touchées par l’épidémie” et 65% sont pour « un couvre-feu à partir de 18h dans les zones les plus touchées ». Bref, comme le veut la tradition française, il y a une grande majorité qui pense que les efforts sont à effectuer par l’autre et ailleurs.

D’ailleurs seulement un petit peu plus de la moitié des personnes interrogées (52%) se disent favorables à un reconfinement national tandis que 47% des Français interrogés sont pour un couvre-feu national à 18 heures. on entre dans le sophistiqué avec 44% à un couvre-feu national à 18h la semaine et un confinement national le week-end.

Près de la totalité des Français interrogés (94%) assurent qu’ils respecteraient l’instauration d’un couvre-feu national ou un troisième confinement sur tout le territoire (92%). On peut donc espérer que les mesures annoncées seront aussi massivement respectées car elles correspondent à leurs voeux majoritaires.

En fait l’essentiel de la stratégie consiste à gagner une quinzaine de jours pour améliorer le déploiement de la vaccination. C’est le volet qui dans le fond, est le plus important. On en revient à l’époque que l’on a connue des masques puisque tous les clignotants ont été allumés afin de répondre aux besoins ( ouverture de centres et personnels en nombre suffisant) mais ensuite apparaissent les inévitables difficultés d’approvisionnement.

La mondialisation produit encore ses effets néfastes et le système révèle des défauts liés à la puissance des possesseurs de ce que tous les pays attendent. Alors que 52 % des Français sont maintenant prêts à recevoir une injection du produit « miracle » les stocks ne sont pas suffisants pour répondre à leur attente.  Les difficultés se profilent comme au début de la distanciation qui était « physique », car comme pour le masque ce qui était superflu ou même inutile va devenir essentiel .

Là encore le gouvernement a fait le bon choix en établissant des priorités et il serait vraiment essentiel qu’il s’y tiennent car la pression va s’accentuer au fil des jours. La polémique va enfler. Il faut donc diluer tout ça dans des avantages rétablis et des contraintes renforcées. 

En fait en tapant dans toutes les directions (santé, solidarité, économie, éducation, sport ) Matignon a tenté un rééquilibrage global destiné à remodeler la lutte contre la pandémie qui devient de plus en plus prégnante. Si dans 15 jours les résultats laissent espérer une non-augmentation des statistiques actuelles ce serait déjà un bon point. Dans le cas contraire…le printemps s’annonce compliqué! 

Mais il est à peu près certain que la durée de 15 jours sera insuffisante pour que l’étau pandémique se desserre. Le temps va paraître bien long et ce ne sera donc que dans plusieurs mois que l’on peut espérer mesurer la validité des instructions données en cette mi-janvier.

Elles auront certainement un impact sur la Covid-19 et ses variantes mais elles accentueront la désagrégation du lien social ce qui causera à terme des conséquences plus graves que la crise sanitaire. Un paramètre qui n’est pas pris en compte car il ne correspond à aucun ministère…