Le poids des lobbies étouffe la démocratie représentative

Tout le monde n’est pas confiné durant la pandémie. Loin s’en faut. Les cabinets spécialisés dans le lobbying en France sont sur le pied de guerre à l’approche des scrutins qui s’annoncent. Ils n’ont jamais été aussi prospères depuis les élections municipales. Rémunérés par les grands groupes internationaux ou les structures collectives de défense, des agences tentent par tous les moyens de limiter les conséquences de mesures qu’ils estiment contraires à leurs « intérêts. » Face à l’évolution de l’opinion ils allument des contre-feux de tous les cotés !

Malgré toutes les lois manquant la plupart du temps de décrets ou d’applications concrètes car très difficiles à mettre en œuvre les « travailleur.euse.s » de l’ombre totalement inconnus du grand public tentent à leur manière de construire leur monde d’après. Le contexte leur est extrêmement favorable puisque les « partis traditionnels » n’ont plus d’impact ou sont marginalisés par le système médiatique.

La seule préoccupation étant celle de la lutte contre la Covd-19 l’opinion publique anesthésiée par sa peur du lendemain sanitaire regarde ailleurs. Les associations, les ONG, les syndicats mobilisés sur de sujets importants voire essentiels n’ont plus l’audience qu’il est indispensables pour les contre-pouvoir. Le champ de l’action collective est vraiment sur le point d’être déserté. Les réunions publiques, les manifestations, les rencontres directes n’existent plus.

Le contexte sanitaire a mis sous le boisseau une grande part de l’action citoyenne ce qui a fait les « affaires » des lobbyistes qui eux possèdent les clés des réseaux d’influence et plus encore les fameux relais d’opinion susceptibles de transmettre médiatiquement leurs opinions. La fameuse convention sur le climat n’avait pas conscience du poids et de la force des officines ayant pignon sur rue et se dissimulant derrière des actions dites de communication. Lobby des énergies fossiles, de l’agroalimentaire, de la mobilité automobile, des industries de tous genres, du tabac, de l’alccol, de la santé… Ils pullulent. 

Les décideur.euse.s ont été totalement aux mains des lobbies puisque toute forme de contestation était devenue impossible. Le temps des visioconférences, des échanges discrets à distance a favorisé un travail de sape n’ayant jamais été aussi intense. Selon par exemple le site Reporterre : « les industriels ont usé de tous les leviers disponibles pour décrédibiliser la Convention.  Ils se sont mobilisés de manière coordonnée et n’ont pas lésiné sur l’achat de services de professionnels de la communication. « 

Le site rajoute : « cet automne, le Tout-Paris du lobbying était en ébullition : organisations patronales, avocats d’affaires, groupes de réflexion libéraux… Chacun a été mis à contribution pour produire des contre-argumentaires ou interpeller les pouvoirs publics. On a même vu des lobbyistes de Monsanto aller au secours de l’aviation », observent les auteurs d’un rapport récent. 

Bref le système républicain de la démocratie représentative est vraiment mis en cause dans cette période. Il montre ses limites. Il laisse construire un « monde d’après » qui va finalement ressembler trait pour trait au « monde d’avant ». L’accès aux médias pour des idées nouvelles , des propositions inédites, des critiques constructives est totalement impossible. La place revient quasi totalement à la pandémie ce qui arrange bien tout le monde et les crises économiques et sociales mettent en exergue l’impossibilité d’imaginer d’autres solutions. 

L’économie sociale et solidaire, toutes les formes de coopération, toutes les actions solidaires, le partage du pouvoir local, la prise en compte de la nécessité de ne plus tout conditionner au profit n’ont pas une seule possibilité de s’exprimer dans le contexte actuel.

Les porteur.teuse.s de ces concepts n’ont pas le moindre pouvoir de lobbying puisque seule leur force de conviction constitue leur moyen de peser sur l’avenir. Ils souffrent donc dans la période actuelle alors qu’ils devraient être soutenus au maximum puisqu’ils constituent l’application concrète de ce que pourrait être en partie le monde d’après…

Ce contenu a été publié dans PARLER SOCIETE, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

4 réponses à Le poids des lobbies étouffe la démocratie représentative

  1. J.J. dit :

    Sans vouloir jouer les prophètes, j’avais eu comme l’intuition que cette convention citoyenne serait une vaste et coûteux projet destiné à noyer le poisson, beaucoup d’ esbroufe et de tape à l’œil, bref, une carabistouille.
    Tout au plus, si certaines mesures avaient malgré tout été adoptées, elle aurait servi aux autorités à se dédouaner en faisant porter la responsabilité à ces inconscients de décideurs.
    Mais le système était parfaitement verrouillé et il n’y avait aucune chance qu’une quelconque mesure intelligente et non technocratique puisse passer sans être vidée de sa substantifique moelle.

    Le lien est un peu long, mais annoncerait une bonne nouvelle Maintenant, allez savoir comment les lobbystes vont réussir à tourner la loi, pour ça, je leur fait confiance (c’est peut être le seul domaine où ou peut le faire).

    https://go.mail.quechoisir.org/lnk/AU0AACJq5TQAAcpU_rQAAAJcsXYAAABHQa0AJWMtAAqj_QBgJNyb2z1VHtDmRIC0Zcb9cMkXRAAJ1Y8/14/5S1zzDNfbngf5VGlYlv69Q/aHR0cHM6Ly93d3cucXVlY2hvaXNpci5vcmcvYWN0dWFsaXRlLXBvaW50LXZlcnQtdW5lLWRpc3Bhcml0aW9uLXRhbnQtYXR0ZW5kdWUtbjg3ODA3Lz91dG1fbWVkaXVtPWVtYWlsJnV0bV9zb3VyY2U9bmxoJnV0bV9jYW1wYWlnbj1ubGgyMTAyMTA

    https://go.mail.quechoisir.org/lnk/AU0AACJq5TQAAcpU_rQAAAJcsXYAAABHQa0AJWMtAAqj_QBgJNyb2z1VHtDmRIC0Zcb9cMkXRAAJ1Y8/14/5S1zzDNfbngf5VGlYlv69Q/aHR0cHM6Ly93d3cucXVlY2hvaXNpci5vcmcvYWN0dWFsaXRlLXBvaW50LXZlcnQtdW5lLWRpc3Bhcml0aW9uLXRhbnQtYXR0ZW5kdWUtbjg3ODA3Lz91dG1fbWVkaXVtPWVtYWlsJnV0bV9zb3VyY2U9bmxoJnV0bV9jYW1wYWlnbj1ubGgyMTAyMTA

  2. Laure Garralaga Lataste dit :

    Et si on retrouvait le sens du mot : RÉSISTER ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *