Qui peut échapper à la traque permanente des systèmes réputés modernes de communication ? Personne car plus rien ne saurait éviter aux « espions » en tous genres. Notre liberté se restreint chaque jour davantage puisque la technologie qui semble la renforcer en nous permettant de communiquer tous azimuts nous met en dépendance totale. Pas un seul de nos actes individuels échappent à celles et ceux qui veulent les connaître puisque tout est tracé, enregistré, fiché et indélébile.

Toutes les mises en garde deviennent inutiles et personne ne se méfie vraiment des conséquences de ce qu’il pense écrire en toute quiétude. Les mails deviennent par exemple des sources permanentes de suivi de tous vos actes. Outre que certains constituent de véritables traquenards pour exploiter vos éventuelles erreurs de jugement sur leur véracité d’autres servent à capter toutes vos données sociales. Cette exploitation discrète s’effectue en toute discrétion et de manière totalement illégale.

Il est en effet certain que la première « source d’espionnage » est constitué par les mails que l’on reçoit chaque jour de façon complètement anodine. La plupart d’entre eux contiennent ce que les spécialistes appellent des « pixels-espions » qui récupèrent automatiquement le maximum de renseignements concernant celle ou celui qui l’ouvre.

Sous cette définition il s’agit d’images de seulement 1 pixel en PNG ou GIF qui sont intégrés aux mails et qui servent de traceurs pour les agences de communication. Le simple fait d’ouvrir suffit à déclencher la récupération de certaines donnée. Selon deux mails sur trois en utilisent dans tous les secteurs permettant ainsi de récupérer des données servant à créer des statistiques.

On peut ainsi savoir après l’ouverture du message ceux qui le sont ou pas et définir quels sujets ou quels mots font mouche dans l’intitulé pour déclencher l’ouverture chez l’utilisateur. On sait également quel appareil est entré en action, combien de fois il a été ouvert, s’il a été ouvert sur plusieurs plate-formes… On peut également récupérer l’adresse IP du destinataire et donc le géolocaliser à l’insu de son plein gré. Ces procédés sont interdits mais arrangent bien tout le monde.

Désormais la surveillance par le fisc des publications des Français sur les réseaux sociaux et des sites tels que Leboncoin ou Airbnb pour repérer d’éventuelles fraudes est sur le point d’être déployée à grande échelle pour une phase-test de trois ans.

Reconnues depuis plusieurs années par la justice française comme éléments de preuve, les publications sur les réseaux sociaux vont donc venir aussi s’intégrer à l’arsenal des outils de surveillance de l’administration fiscale. La traque numérique des « fraudeurs fiscaux » a fait couler beaucoup d’encre sur le principe constitutionnel du respect de la vie privée, avant d’être finalement validée dans ses grandes lignes par le Conseil constitutionnel fin 2019. 

Tout le monde est rassuré les fraudeurs à grande échelle qui transfèrent des sommes folles dans les paradis fiscaux seront bien évidemment les premiers à être surveillés pour leur publication sur Facebook ou Instagram. On sait qu’ils y sont tous les jours et qu’ils se signalent leurs « placements » sur Leboncoin.

Seules les publications publiques pourront en principe faire l’objet d’une telle surveillance (les posts « privés » d’un compte F.B. ne seront pas filtrables par exemple) et les commentaires associés qui n’émanent pas de leur auteur ne pourront pas non plus être utilisés à l’encontre de la personne suspectée de fraude.

Le déploiement de ces recherches, le traitement et la conservation des données sont bien sûr encadrés : ainsi, pour les cas de fausses domiciliations fiscales, le fisc ne pourra traiter et collecter que les contenus d’une liste préétablie de contribuables sur lesquels l’administration avait déjà des doutes.

Il faut donc se méfier de tout ce que l’on reçoit, surveiller tous ses clics, éviter toute imprudence textuelle, surveiller la liste de ses « mi.e.s », méditer sur ce que l’on a écrit il y a des années et être conscient que l’on peut savoir quelles chaussettes vous achetez, à quelle heure vous vous levez et qui vous a contacté.

Bien évidemment vous êtes libres de vos actes et vous pouvez à tout moment vivre autrement en revenant à l’écriture à la plume sergent-major et au pigeon voyageur. Sauf que l’on saura inévitablement où vous avez acheté les plumes et votre messager ailé devrai être déclaré !