J’ai en mémoire au moins une sévère réprimande de mon père quand adolescent avec mon superbe solex j’avais pris mes aises avec l’horaire du déjeuner lors d’une sortie destinée à aller jouer au foot avec les copains. Durant toute mon enfance nous partions librement pour meubler les journées par des activités physiques de tous ordres. Autant je suis certain d’avoir usé mes culottes courtes sur les bancs, autant elles n’ont pas été abîmées par des séjours prolongés sur une chaise ou ce qui se voulait un canapé. Pas question de passer des heures inactif !

Il va falloir envisager que les parents à l’issue de la période actuelle ne punissent plus leur progéniture pour des sorties exagérées mais plutôt pour refus de sortir de leur domicile. Une récente enquête se veut en effet alarmiste sur les conséquences du temps passé depuis quelques mois par les enfants et les ados totalement inertes devant des écrans ! Le danger serait à l’école si l’on en croît certain.e.s ! Certes mais les conséquences d’une fermeture des établissements seraient encore plus terribles pour la santé des jeunes.

Activité physique organisée ou volontaire délaissée, multiplicité des moyens de transport au quotidien (même à quelques centaines de mètres d’un établissement on est transporté) , explosion du temps passé devant tous les écrans, la sédentarité s’est peu à peu installée dans la vie familiale. Accentué par les confinements successifs, le phénomène devient un sujet de préoccupation majeur car les conséquences pourraient être désastreuses.

L’essentiel de leur mode de vie se résume pour une grande majorité ainsi à des déplacement allant du lit à la chaise de l’établissement scolaire avec un trajet essentiellement effectué en bus ou dans la voiture des parents. On y ajoute des heures passées devant leur smartphone ou pour les moins équipés face à l’écran de télé. A peine quelques centaines de pas quotidiens sauf si le sport est pratiqué à l’école ou au collège.

Selon l’étude en question (1) 66 % des jeunes interrogés de 11 à 17 ans « présentent un risque sanitaire préoccupant ». Ceux-ci se situent au-dessus des deux heures d’écran recommandées par jour par l’Anses, et en-dessous des 60 minutes d’activité physique quotidiennes. Et « 49 % présentent un risque sanitaire très élevé, caractérisé par des seuils plus sévères, soit plus de 4h30 de temps écran journalier et/ou moins de 20 minutes d’activité physique par jour » précisent les enquêteurs.

Ce constat alarmant est confirmé par une autre recherche qui précise que 56% des enfants et adolescents de la tranche de 5 à 17 ans « semblent avoir réduit drastiquement leur niveau d’activité physique et augmenté leur temps de sédentarité. Depuis un an, c’est assez grave ce qu’il se passe. On accélère cette dynamique au lieu de mettre de l’énergie à freiner ce phénomène ». La situation s’aggrave chaque jour puisque bien des parents refusent la participation aux activités physiques de plein air de leurs enfants par peur d’une contamination latente dans tout groupe.

Les clubs fonctionnent au ralenti car l’objectif compétition a disparu depuis le début de la saison. Le sport en salle n’existe plus et la danse ou même la musique ne sont plus accessibles. Et allez donc dire que le vélo qui dort au garage pourrait permettre de faire une petit brin de déconfinement ! Lentement mais inexorablement la perte du repère de l’activité physique (mais aussi parfois intellectuelle) progresse et la sédentarité s’installera pour toute une génération.

Si l’on se fie à l’étude consacrée à ces phénomènes on constate que « 73% des élèves » de troisième « dépassent la limite de deux heures d’écran par jour » en semaine. Durant le week-end, ce chiffre passe à 93%. ! Jeux vidéo, réseaux sociaux, plate-formes de streaming et les cours parfois à distance, télévision : les écrans entrent massivement dans leur vie quotidienne. Il n’y a quasiment plus en France d’enfants ni d’adolescents en France respectant les recommandations médicales de temps maximum passé devant un écran.

Comment la jeunesse va-t-elle sortir de ces longs mois de repli sur soi ? Une vraie mobilisation du monde sportif, avec le retour des beaux jours, s’impose. Multiplier les propositions dans le cadre d’un grand plan de retour vers des activités simples en plein air s’impose mais comme nous vivons dans la crainte l’espoir semble vain. Et ce n’est pas dû qu’au Coronavirus !

L’apparition de plus en plus fréquente de jeunes atteints de diabète de type 2 (maladie caractérisée par un taux trop élevé de glucose dans le sang) est une chose « qu’on n’aurait jamais imaginé il y a vingt ans. A l’époque, on appelait le diabète de type 2, le diabète de la maturité car il ne touchait des patients qu’à partir de 60 ans » explique un médecin spécialisé.

(1) étude de l’ANSES