Lentement s’installe une nouvelle crise dont les effets vont singulièrement peser sur la reprise économique. Les matières premières manquent déjà dans le monde et la France est particulièrement touchée. Le principe voulant que quand le « bâtiment va tout… va ! » risque de s’effondrer à la rentrée. En effet, dès maintenant, le secteur du BTP s’affole en cherchant les matériaux de base pour assurer les chantier : acier, aluminium, graves, ciment, bitume, bois… Non seulement les prix s’envolent mais la pénurie menace dans de nombreux secteurs !

Les  méricains et plus encore les Chinois raflent tout sur le marché mondial. Leur économie ralentie par la pandémie repart et donc ils ont besoin des denrées de base pour produire ou reconstruire ! Les plans de relance massif dopent déjà des pans entiers des marchés et donc il faut absolument anticiper les besoins dans tous les domaines.

Le marché des matières premières du BTP est donc de plus en plus tendu. La forte demande mondiale en bois, acier et zinc provoque en effet un allongement des délais de livraison, et donc un retard de livraison des chantiers. De plus, les professionnels du BTP doivent faire face à une flambée des prix et à d’éventuelles pénalités de retard.

Les professionnels du bâtiment constatent des délais de livraison de matières premières de plus en plus important. Le bois, l’acier et le zinc sont particulièrement touchés, à tel point que certains chantiers sont aujourd’hui complètement à l’arrêt. Les clauses de révision sur les marchés publics en cours renchérissent les chantiers et mettent en péril des équilibres financiers précaires. Certes les coûts vont flamber mais les pénalités de retard dues à l’incapacité pour les entreprises de faire face aux délais constituent une menace complémentaire.

Les magasins de bricolage dont la croissance des chiffres d’affaires est à deux chiffres peinent à alimenter leur rayon sur des produits de « première nécessité ». La peinture manque. Le bois se fait rare. Les rails et les plaques de cloisons tardent à arriver. Les isolants se raréfient. L’offre de matières premières, fortement perturbée par la crise sanitaire, n’a repris que tardivement et est confrontée à une certain retard pour la réouverture des sites d’exploitation et de production. Et comme si cela n’était pas suffisant, les tensions se sont accrues avec le blocage du canal de Suez mais aussi à cause de quelques incendies d’usines, notamment en Allemagne, et les intempéries, comme la vague de froid au Texas.

Dans le secteur du bois la situation angoisse toute la filière. Les délais ont été multipliés par dix, s’expliquait le président du comité stratégique de ce secteur d’activité. Ils sont désormais de 10 à 12 semaines pour tous les bois, qu’ils soient lamellé collé, contre collé, bois massifs en sections hors standards, bardages en section hors standard ou essence particulière. Inévitablement, ces retards entraînent une hausse des prix des matières premières : entre 20 et 25% selon les bois et les quantités disponibles !

L’acier fait aussi défaut et son prix suit la courbe inverse de cette baisse de production : plus de 100 % d’augmentation pour certaines nuances ! Cette situation inédite a un impact considérable sur les tarifs des matériels finis et sur les délais de livraison.  Au printemps 2020, la pandémie a entraîné un effondrement de la demande et les entreprises de sidérurgie ont stoppé des hauts fourneaux (trois arrêtés en France en mars 2020 par ArcelorMittal), pour des raisons de trésorerie et de capacité de stockage. 

L’été 2020, la Chine est repartie très fort et les prix des matières premières ont commencé leur ascension. Comme les aciéristes n’avaient pas suffisamment de visibilité sur le marché, ils n’ont pas relancé aussitôt l’intégralité de leurs moyens de production. Un haut fourneau met en effet plusieurs semaines à retrouver son rythme de croisière et il ne repart que lorsqu’un planning de production est clairement établi. Or l’incertitude sur confinement et déconfinement n’ont pas arrangé leur relance ! L’absurdité de la montée du rassemblement national qui va rafler des millions de voix sur des sujets déconnectés de cette réalité constitue une vraie menace. 

Depuis quelques heures une autre menace se profile. Désirée par les uns et redoutée par les autres l’inflation va certainement plonger les plus précaires dans une nouvelle mer d’incertitudes. Les bourses ont officialisé les craintes que l’on pouvait avoir en anticipant une forte hausse des prix dans bien des secteurs et ce dans les prochains mois… Tout concourt à ce que s’installe une crise profonde surgisse dès la rentrée qui si elle devient sociale peut mettre en péril les certitudes dont fait preuve l’ultra-libéralisme. «  Quel qu’en soit le coût ! » : on en reparlera c’est certain !