La participation aux élections départementales et régionales repose sur la capacité qu’auront les plus âgés de l’électorat à se mobiliser. Ils sont vaccinés pour la majorité d’entre eux. Le réflexe de l’accomplissement du devoir civique est présent en eux. L’expression de leur angoisse face aux événements ressassés ou mis en exergue par la télé les motive et ils iront donc déposer un bulletin dans l’urne. Le sort des scrutins du 20 juin se joueront sur la réponse des « inactifs ». Quand certain.e.s mobilisent contre les « migrants » ils ne parlent pas de l’essentiel : la solidarité intergénérationnelle qui nous attend et ils occultent le fait que les migrants jeunes permettront de la maintenir par leur travail, et… leurs cotisations sociales ! 

Lors du second tour de la dernière élection présidentielle les « seniors » s’étaient abstenus seulement à 19 % chez les 60-69 ans et à 18 % chez les plus de 70 ans… apportant à 70 % dans la première tranche d’âge et à 78 % leurs voix au Président actuel ! Il y aura probablement un tassement de cette orientation prioritaire vers un engagement plus nombreux vers la « Marine nationaliste ». Leurs mémoires flanchent et ils ont oublié les repères données dans leur jeunesse par les « anciens » de la dernière guerre mondiale.

Or il se trouve que les personnes âgées sont au cœur des compétences du Conseil départemental. Celui-ci attribue en effet l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) tant pour le maintien au domicile que pour les séjours en Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). En 2020 en Gironde la majorité départementale a voté les crédits pour accompagner 22 300 bénéficiaires de l’APA à domicile et 14 800 pour l’APA en établissement (+17% en 5 ans) soit au total plus de 37 000 personnes.  Le budget consacré à la totalité de ces secteurs de solidarité humaine concrète a été de 192 millions d’€ dont 147 pour l’APA et 47 pour l’hébergement en établissement.

L’augmentation aura été de 6,7 % sur le mandat. La volonté constante aura été de trouver la meilleure solution à offrir à celles et ceux qui ont atteint la période la plus délicate de leur vie.  Ces dépenses considérables devaient être lors de l’origine compensée par des soutiens de l’État. Comme toutes les compensations le contrat initial a progressivement été abandonné et désormais le Conseil départemental finance, sur ses propres ressources plus de 100 millions d’€. Tout le monde peut promettre ce qui lui passe par la tête afin de satisfaire le troisième ou le quatrième âge mais la réalité ramènera à la raison ceux qui auraient fait confiance à des promesses inconsidérées. 

Pour le maintien à domicile en 2020, période très difficile pour les services le département a maintenu ses versements de l’année antérieure pour éviter des pertes trop lourdes liées à la pandémie. Les tarifs horaires des sommes allouées par la Gironde aux associations ou entreprises offrant des solutions de qualité pour l’autonomie ont été volontairement revalorisés. Des masques ont été fournis gratuitement aux personnes intervenant chez les personnes âgées ou handicapées. Un travail de fond a été lancé sur l’attractivité du métier d’aide à domicile et de sa revalorisation matérielle. C’est et ce sera la priorité départementale surtout depuis la crise Covid-19.

D’ailleurs en 2021 ces efforts concrets déjà effectués contraindront la majorité a rajouter entre 4 et 5 millions supplémentaires aux crédits prévus. Un effort considérable dans le contexte budgétaire actuel pour répondre à la demande croissante et pour maintenir plus de 30 000 emplois de proximité ayant besoin d’une augmentation salariale supplémentaire. Des subventions sont accordées pour la restructuration des établissements. L’aide aux aidants a été déclarée prioritaire. 300 places onté ét créées en résidence autonomie… le logement intergénétaionnel est lancé. Des dizaines d’initiatives ont été mises en oeuvre et les projets altérnatifs foisonnent avec le soutien du Département. 

Les EHPAD ont particulièrement souffert de la pandémie et ont été au centre des préoccupations sanitaires. Devant des affirmations totalement dénuées de réalisme et fort de 30 ans de suivi du fonctionnement de celui de Créon il me faut rappeler des principes simples. Un EHPAD public ou privé reconnu comme tel est un établissement médico-social…dont le financement dépend des contributions de l’Agence Régionale de santé (personnel médical : médecins, infirmières, aide-soignantes, psychologue, actes médicaux, médicaments services ponctuels ou expérimentaux…), du Conseil départemental et des résident.e.s eux-mêmes pour la partie hébergement (repas, entretien, soutien aux personnes…)

Selon leur handicap ces derniers bénéficient de l’APA établissement et selon leurs revenus d’une aide sociale si le lieu est habilité à l’aide sociale… Le prix de journée est fixé par le Conseil départemental à partir des demandes formulées par l’EHPAD. Il existe de gros écarts entre le service public et les initiatives prises par les entreprises privées ou même issues du milieu associatif. Il manquera des « lits » dans les années qui viennent et ils sont réclamés dans la propagande électorale sauf que l’État a décidé qu’en Gironde il n’y aurait aucune création à moyen terme ! Donc il n’y aura aucun établissement public… et ce n’est pas du fait du conseil départemental mais bel et bien des décisions gouvernementales prises au cours des dernière années.

La privatisation de l’accompagnement des plus âgées n’a cessé d’augmenter de manière plus ou moins dissimulée? et la majorité départementale quelle qu’elle soit ne pourra pas l’enrayer tant que la politique nationale n’aura pas été modifiée sur la base des réformes proposées en son temps par Michèle Delaunay etévidemment abandonnées !