Pauvre Brennus, il a du vraiment souffrir en voyant la bataille menée pour la conquête de son bouclier. Elle fut d’une pauvreté indigente à cause des fils de La Rochelle dépassés par l’enjeu et incapables de prendre le Capitole. Impossible de considérer que ce qui ne fut parfois qu’une succession de maladresses, de mêlées confuses ou d’affrontements improductifs relevait du niveau d’une finale. S’enthousiasmer pour cette pourtant indiscutable victoire toulousaine ne peut être considéré que comme une ferveur partisane tant il n’y pas eu de véritable suspens. Ô Toulouse , tu as fais certes preuve de maîtrise mais il t’a manqué le brio ! 

Sérieuses, appliquées, jamais poussées dans leurs derniers retranchements, les troupes du pays réputées bénéficier de l’indication géographique protégée « Ovalie » n’ont pas eu à forcer leur talent pour résister à des adversaires n’ayant plus aucun tours dans leur sac. Certes ces derniers ont réussi à passer une fois la ligne d’avantage mais leur tireur faussement réputé d’élite, avait depuis longtemps perdu pied. Les Maritimes n’ont vraiment jamais été à la hauteur de leur réputation et de l’enjeu. Etouffés ou ligotés par les méthodes musclées du Stade toulousain les Charentais marîtimes sont restés à quai. Les vaguelettes qui se succédèrent dans le camp toulousain n’ont jamais submergé une équipe parfaitement organisée possédant des individualités exceptionnelle.

« Saint » Antoine Dupont ne s’affola jamais, se transformant la plupart du temps en petit taureau insaisissable ou résistant aux velléités brouillonnes de ceux qui tentaient de lui barrer la toute. Il ne fut jamais exceptionnel mais il afficha un sérieux, une technicité, des choix tactiques judicieux et on eut bien l’impression qu’un Napoléon du ballon ovale perçait sous ce Bonaparte sans cesse conquérant. Avec Cheslim Kolbe et Thomas Ramos, le Dupont constitua le trio essentiel de la finale. Un drop fastueux du « SudAf » éclaira ce match qui ne réconciliera pas grand monde avec le rugby tel qu’on le pratique en France. Les pénalités méticuleusement enquillées par l’ouvreur haut-garonnais et sa précision chirugicale de canonnier avisé creusèrent un écart qui fut vite irrécupérable quand en face c’était la disette. Ramos en porte-flingue du rugby moderne renvoya les marées rochelaises à leur niveau le plus bas.  Rien de spectaculaire mais une efficacité qui tua l’envie de contempler des envolées « lyriques » ou des chevauchées fantastiques. La victoire toulousaine lui doit beaucoup. 

Refermés comme des huîtres de Marennes hors de leur bassin d’affinage les Rochelais ne parvinrent qu’à bon port qu’une seule fois démontrant qu’ils auraient pu avec un soupçon de résilience et une bonne dose de confiance en eux, davantage inquiéter les champions d’Europe. Ils se contentèrent de venir briser leurs envies de revanche sur le mur rouge et noir. La confrontation s’en trouva diminuée et sans grand intérêt pour celui qui ne se passionnait pas pour la victoire d’un camp ou l’autre. 

Le Top 14 n’a pas eu la finale qu’il méritait. Loin s’en faut. Il est vrai que le ciel n’était pas de la partie et qu’il prit un malin plaisir à compliquer la tache des belligérants. On fut toujours très loin des « Francofolies » de l’Ovalie attendues. Il fut même possible à certains moments de s’ennuyer tellement l’imagination avait quitté le pouvoir. Le jeu n’en valait pas les chandelles incessantes montées par un camp ou par l’autre. Toutes s’éteignirent sous la pluie incessante durant la seconde période.  Ce rugby de gagne-terrain devient toujours plus, celui des gagne-petit. Il va finir par lasser les amoureux de l’ouverture sur les lignes arrières après les traditionnels travaux des forçats de devant. Une finale mérite une autre approche que celle de hier soir.

En fait le match pour le titre s’était plutôt joué la semaine dernière entre l’UBB et le Stade Toulousain. Il y avait eu l’intensité, l’indécision, la cocrétisation de mouvements construits avec une volonté de contoruner les montagnes touLousaines. Les Bordelo-Béglais avaient été dans le fond victime du fait qu’ils avaient confondu vitesse et précipitation. Ce n’est pas une consolation mais un constat objectif.

Je n’ai pas aimé celle « lutte finale » n’ayant pas la dimension internationale. Elle illustre un monde sportif où l’important reste de ne pas perdre et d’attendre les fautes de l’adversaire pour gagner. « Vae victis! » aurait proclamé Brennus cettes mais il faut chercher quelle est la victime.