La course à l’échalote présidentielle

A peine a-t-on refermé sans véritable analyse collective les chapitres des élections régionales et départementales que les vocations présidentielles surgissent de toutes parts. En fait se confirme ce que beaucoup subodoraient : derrière ces scrutins locaux méprisés par les politiques qui comptent se dissimulait les prémices de la campagne présidentielle. Elle avait conduit à une vague de candidatures tests des deux premiers partants : le RN et LREM ! Mieux qu’un sondage traficoté ces résultats donnent l’état de l’opinion publique.

Les deux prétendants à la finale du second tour ont encaissé les résultats avec des stratégies différentes. L’indifférence teintée de mépris de la part de celui qui occupe le fauteuil et une colère froide de sa « challengeuse » à l’égard de « ses » troupes restées à la maison. Deux attitudes opposées mais dans le fond portée par la même envie : se retrouver dans un entre-soi devenu incontournable si on se fie aux prévisions des oracles des plateaux où l’on éructe, l’on bave et on dégueule sur les valeurs républicaines.

Pour le duo des « favoris » il faut reprendre l’initiative. Il faut s’attendre à ce que le pensionnaire de l’Élysée fasse feu de tout bois sans jamais afficher son intention de rempiler. Une étape du Tour de France, un petit entretien du 14 juillet et quelques virées dans les campagnes suffiront à mobiliser l’attention des gobeur.euse.s des télés pousse au crime. Il a l’avantage incontestable de pouvoir se promener sans aucune retenue aux frais de l’État providence électorale. Alors que nous sommes à neuf mois de l’élection, il a aucune raison de se priver de la caisse de résonance médiatique.

Quand à la Marine nationale elle va vite rebondir avec quelques outrances bien senties permettant que l’on cause d’elle. Dès le procgain week-end elle lancera (je prends les paris) l’appel de la « gare de Perpignan » dont on sait qu’elle est selon Dali, le centre du monde. Elle haranguera assez facilement les troupes rejetant la responsabilité de son échec sur les catastrophiques défaillances de la diffusion des documents électoraux. Son objectif : se victimiser aux yeux d’une opinion publique en passe de se détourner de ses thèmes favoris qu’elle n’incarne plus.

Derrière ce duo de convenance c’est désormais la génération spontanée avec des annonces qui prolifèrent. Une véritable course à l’échalote entre les têtes pensantes des organisations partisanes. Tous ce que la France compte comme têtes ambitieuses (à l’exception d’Olivier Faure qui compte pour du beurre mou) a déjà fait le premier pas. Chez les Communistes le rouge est mis depuis plusieurs mois et Fabien Roussel a pris son dossard. Il se veut grenouille pouvant se transformer en bœuf. Julien Bayou, avait lui la prétention de repeindre la gauche en vert et contre tout. Sa gamelle des régionales va le rendre quelques jours seulement plus modeste. Aussitôt l’ingénieux de Grenoble a vite senti la faiblesse et a proclamé son ambition.

Les socialistes requinqués par quelques sucrés locaux se prennent à rêver d’une renaissance potentielle. Personne se dévoile car il ne s’agit pas de se prendre les pied dans le tapis d’une annonce prématurée. Les vrai.e.s candidat.e.s putatifs consultent et évaluent les divisions (au sens propre) sur lesquelles ils peuvent s’appuyer. L’affaiblissement incontestable des Verts têtes de listes revendiquées comme unitaires aux régionales ont rassuré. Ils auront du mal à prétendre réaliser l’union quand ils se sont gaufrés pour mener les combats électoraux.

Les LR se préparent à s’écharper pour la place devenue enviable de « troisième » voie. Bertrand va faire mousser sa mise en bière du RN dans les Hauts de France. Pécresse va vanter sa victoire que la gauche bobo réunie. Wauqiez va rappeler que le salut de l’âme des « Républicains » réside dans l’extrémisme pratiquant. Il en surgira d’autres pour mettre d’accord ce trio (Edouard le Magnifique ou Baroin le malin ?) qui négociera son repli sur son Etat-région contre une compensation « matignonesque » potentielle.

Il reste le plus dangereux. Celui qui avance à petits pas tous les soirs, porté par une chaîne de télé diffusant un remake de « A nos Zemmour » lui permettant de flirter avec les idées toutes faites du moment et de les faire épouser par le plus grand nombre. « Tournez manège » des prétendants au ralliement à celui qui est en grande partie responsable de la défaillance de l’électorat Lepeniste. Ila en effet ringardisé le RN qui ne peut pas le combattre sans risques et le soutenir sans conséquences désastreuses.

L’électorat porteur des poisons de la haine, de l’exclusion, du racisme existe mais il attend un nouveau gourou, un nouveau sauveur, un nouveau prédicateur, un nouveau pourfendeur de ce qu’il reste des partis traditionnels . Et je crains vraiment qu’il ne le trouve très vite.

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11 réponses à La course à l’échalote présidentielle

  1. Philippe Labansat dit :

    Depuis la deuxième Restauration de 1958, nous traînons les institutions de la Vème république comme un boulet.
    Tout tourne autour de l’élection du Prince, qui phagocyte tout débat démocratique (rappelons que nous sommes péniblement dans le milieu de peloton des pays développés en matière « d’indice démocratique »).
    Cette obnubilation bonapartiste interdit toute vision d’avenir, bien aidée en cela par des « chaînes d’info », lançant le nom de prétendus futurs « candidats » comme des savonnettes et ressassant toujours les mêmes faux débats moisis (malheureusement, il n’y a plus de presse écrite en mesure de redresser la situation).
    L’inculture démocratique de notre pays fait honte. C’en est à pleurer.
    Comme vous le voyez, je crois beaucoup à cette échéance de 2022 pour tout changer et construire notre bonheur collectif.
    Je suis également impatient que, dès le lendemain, on bascule sur la présidentielle de 2027, en attendant celle de 2032, etc, etc…

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à Philippe
      Personnellement, je parlerais de « l’élection du Roi ». En effet, n’a t’on pas coutume de dire  » le fait du prince « … ?

  2. Philippe Conchou dit :

    Encore 10 mois à nous bassiner pour en arriver à Macron 2.
    Circulons il n’y a rien à voir…
    Et attendons 2027… si on y arrive…

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à Philipp 2 (n’y voyez aucune allusion à la royauté précédente !).
      Ayant la certitude qu’en 2027 je ne pourrai pas agir, je préconise de reprendre confiance et de tout faire pour ne pas manquer 2022 !

  3. Laure Garralaga Lataste dit :

    Comme j’ai appris qu’il faut tout faire pour connaître son  » plus grand ennemi,  » je m’astreints à regarder CNews tous les soirs, mais pas plus de 10 mn… Un temps qui m’en coûte !

  4. J.J. dit :

    …la« gare de Perpignan » dont on sait qu’elle est selon Dali, le centre du monde.

    Cette hypothèse es t fortement contestée par Yannick Jaulin, conteur poitevin, qui a découvert que le nombril du monde se trouve en réalité à Pougne-Hérisson, une modeste commune des Deux Sèvres jumelée avec l’Étoile Polaire.
    Ça ne s’invente pas !
    Pour revenir à des choses moins drôles, quand je vois la tête à Zemour, je me demande si un inventeur de génie ne serait pas capable de mettre au point un piège à rats assez grand pour le capturer.

    • facon jf dit :

      @j.j elle est rat-dicale celle-là ! Mais que faire de lui une fois capturé ?

      • J.J. dit :

        Le montrer dans les foires avec quelques autres individus du même acabit dans un stand dénommé « Le Musée des Horreurs et des Monstres »(après lui avoir rogné les dents), et reverser les bénéfices produits par le prix des entrées aux Restos du Cœur.

  5. i dit :

    O.K. avec vous tou(te)s. O comme Obama et K comme Kennedy, dossards n°35 et 44 à l’arrivée du Tour des USA en « Roue Libre ». Mais surtout pas Z comme l’autre zèbre, qui est prêt pour son Tour de France alors qu’on aimerait surtout qu’il l’a boucle (19h. sur C News) puisque hors-délai. « Off course » auraient plaisanté les précités oublieux qu’en zoom et, les « zieux dans les zieux », Donald les regarde.

  6. Grene christian dit :

    O.K. avec vous tou(te)s. O comme Obama et K comme Kennedy, dossards n°35 et 44 à l’arrivée du Tour des USA en « Roue Libre ». Mais surtout pas Z comme l’autre zèbre, qui est prêt pour son Tour de France alors qu’on aimerait surtout qu’il l’a boucle (19h. sur C News) puisque hors-délai. « Off course » auraient plaisanté les précités oublieux qu’en zoom et, les « zieux dans les zieux », Donald les regarde.

  7. J.J. dit :

    Bernie@
    « Bloquer les usagers est-ce une bonne chose lorsque le carburant augmente ? »
    N’y aurait il pas une autre formule adaptée pour tous ?

    Faire la sourde oreille aux revendications du personnel est-ce une bonne chose quand on sait que le seul moyen qu’il a de se faire entendre est la grève ?
    En réalité, la gêne causée aux usagers est de la responsabilité des dirigeants qui devient parfois étrangement « durs de la feuille ».
    Les merdias nous cachent soigneusement les grèves qui fleurissent ici où là (ça fait désordre dans l’univers du petit chef) ces derniers temps, signe que le monde du travail, du moins celui qui peut encore s’exprimer, a quelques revendications à exprimer.

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