Christian Grené est un fils d’instit’ hors normes, mon copain militaire » particulier, un journaliste atipyque, mon frère de plume, mon jongleur de mots préféré,  mon ami rare et fidèle. Il a eu envie de vous offrir ce petit texte en période de vacances. Un beau cadeau que j’ai tellement envie de partager avec vous. Celles et ceux qui sont fidèles se régaleront du fait que Christian m’ait donné congé… pour que j’aille ranimer la flemme olympique ! 

« Je dois vous présenter les excuses de Jean-Marie. Il est alité et m’a demandé d’écrire à sa place et en Roue libre aujourd’hui pour le remplacer. J’aurais jamais cru qu’un instit’ puisse m’envoyer prendre sa place, et à son bureau, pour faire le Coluche en maître d’école. D’habitude on m’envoyait au coin, coiffé du bonnet d’âne, et on me baissait le son. Jean-Marie, donc, serait au plus mal. S’il a échappé au roi Covid-19, il a été rattrapé par une flémingite aigüe qui l’a cloué au lit pour quelque temps. A l’en croire, ça ira mieux demain. Bon sang ! Pourvu que ça soit vrai, parce que je me vois mal tenir ce rôle jusqu’à la rentrée alors qu’il y a les Jeux Olympiques à la télé. Et j’parle pas des Jeux Politiques. Ceux-là, ils m’font vraiment marrer.

Y’en a qui font des ronds dans une cage ronde grillagée avant de balancer Mélenchon. Ils disent que c’est un marteau ; d’autres qui jouent les Zorro avec un masque d’apiculteur. Je pige pas pourquoi ils s’escriment, sinon pour écarter cette Le Pen qui, elle, se prend pour une fine lame. De bas fond, sans doute…

A cet instant de la rédaction, j’me demande bien  comment il fait Jean-Marie pour vous beurrer des tartines tous mes matins que Dieu fait, sauf le jour du Seigneur? J’vais vous dire: ce mec, il est trop. Déjà, en m’faisant lire ce voyou d’Oscar Wilde, il m’a appris «l’importance d’être constant». Nul, et surtout pas moi, ne lui déniera cette qualité à laquelle les politiques en tout genre n’entravent que couic. Mon instit’ a toujours été un exemple pour moi. La classe. La grande, pas celle du CM quand  faut s’acheter une boussole pour pas se tromper d’orientation. C’est peut-être pour ça qu’on me dit toujours que j’suis à l’ouest.

Mon instit’, il a un cœur en or. Dont le cours – demandez à Bernard et François – ne fluctue jamais. Sur le sujet je me suis toujours demandé pourquoi mes deux anciens potes à l’école s’appelaient pas comme tout le monde Arnaud et Pinot plutôt qu’Arnault et Pinault. Je préfèrerai toujours Renaud à Renault, Dupont à Dupond.

Qui c’est qu’à dit Ducon au fond de la classe ? Pour la peine, vous servirez deux verres et trois pâtés. Non, j’suis pas votre Père ! Il est odieux et, comme disait Pierre Blanche, « qu’il y reste ». Bon, j’avais pour habitude de tirer au flanc et v’là que je tire à la ligne maintenant. Reviens Jean-Marie, j’en peux plus d’écrire des conneries. Je l’savais déjà, mais je te le dis : «Tu es irremplaçable!». Et je me flatte d’être ton ami. J’envie Ezio que tu as couché sur le papier et remis au monde… littéraire.

Sur ce, je te quitte parce que j’ai entendu sonner l’heure du rosé à la mairie d’Eysines. Je la cite pour autant qu’y exerça pendant de très nombreuses années un homme sur qui tu pris exemple, dont je bois les livres sans modération, plus humaniste que tous ces mots qui ressemblent à des têtes de liste sans même savoir que le pouvoir fait parfois sortir de la piste.  » Christian Grené