Les dragons endormis de la baie d’Halong

Encore un souvenir de voyage… pour patienter

La gueule grande ouverte du Vietnam tente d’absorber la mer de Chine grâce à la baie d’Halong comme pour se rassurer en ces temps où les grands frères voisins, réveillés depuis longtemps, manifestent un appétit inquiétant. Elle absorbe avec délice des milliers de passagers éphémères de bateaux intimistes ou collectivistes se déplaçant sans voiles et sans vapeur, sur la surface lisse des eaux parsemé de mamelons incongrus. Elle montre aussi les dents usées des dragons des légendes d’antan qui, indubitablement sont là, tapis sous le miroir ridé de ce havre naturel grandiose.

Certains en voulant mordre le ciel ont d’ailleurs cassé leurs canines ou ont usé leurs incisives qui traversent la surface de la mer pour semer des obstacles sur le périple des explorateurs venus d’ailleurs ! On ressent cette impuissance figée pour l’éternité dans le dédale de ces vestiges de monstres désormais éteints. Leur force brutale ne leur a permis que de leur laisser la tête hors de l’eau comme dans un ultime sursaut salvateur. Quelques-uns, devenus inoffensifs font le dos rond et ne laissent dépasser que leurs dos ondulé couvert d’écailles rocheuses dénudées ! D’autres s’étirent comme pour atteindre un improbable rivage salvateur. La baie d’Halong ressemble étrangement à un cimetière monumental pour dragons de pierre enfouis sous la surface des mers ! Ils sont là, tapis dans le fond de la mer.

En effet à la nuit tombée ces chimères détruites ressortent de leur linceul maritime pour entrer dans les théâtre des ombres indochinoises. Leur silhouette s’affine, leurs armes deviennent plus acérées avec des dentelures se découpant sur des cieux atones et ils entrent alors dans le monde obscur des monstres immortels. Du pont du navire, les cheveux dans la fraîche brise du soir, les conquérants d’un jour sont abasourdis par ce spectacle lointain sans cesse renouvelé ! Les minuscules embarcations autochtones sont en effet les seules à pouvoir les frôler respectueusement en évitant de les agacer avec les toussotements lancinants de leur moteur de misère. Ils savent eux que l’on ne contrarie jamais les dragons endormis.

Le « passant » se prend au jeu des apparitions et des disparitions qui émaillent le parcours lent mais déroutant de sa pseudo jonque dans ce décor titanesque ! Il faut qu’il y entrer avec une imagination débordante permettant de transformer chaque dent de cette mer en un être vivant ou un objet inanimé doté d’une âme. C’est le secret de la croisière qui n’aurait plus autrement de sa superbe puisque ce ne seraient qu’une banale promenade entre d’énormes cailloux perdus par un « Poucet géant » égaré dans la brume épaisse recouvrant souvent la mer au vert turquoise. La majorité se pare des vêtements exubérants d’une nature luxuriante mais ce n’est jamais suffisant pour que l’on oublie le caractère austère de leur apparence. Il en existe aussi des durs sur lesquels apparaissent d’inaccessibles falaises grisâtres striées de blanc avec des cicatrices dues aux siècles passés. Aucun de ces vestiges de la naissance du monde ne ressemble à l’autre!

L’on ressort de la Baie d’Halong avec la sensation d’avoir quitter le monde des contes et légendes orientales où les montagnes sont soulevées par des génies invisibles, malins et virevoltants Tout paraît fade en revenant sur la terre laborieuse de la petitesse du quotidien. Les dragons tellement présents au Vietnam gardent leurs secrets merveilleux qui tournent autour de cette eau de vie. Ils ont donné la sagesse aux carpes et ils poursuivent avec leurs gueules des mauvais jours les mécréants qui ne croient pas en leur pouvoir.

Dans la « bouche » vietnamienne qui n’est pas sans dents, sur la mer de Chine, ils tiennent sous le soleil, leur revanche puisqu’ils ont laissé aux hommes les témoignages de leur existence en les obligeant même à les contourner ou à seulement les approcher. Chaque matin à l’aube et chaque soir au crépuscule ils emportent une victoire : grâce à eux les hommes peuvent encore se laisser convaincre de la beauté de la nature ! Jusqu’à quand ? Même les fragons l’ignorent ! tre vivant ou un objet inanimé doté d’une âme.

C’est le secret de la croisière qui n’aurait plus de sa superbe puisque ce ne seraient autrement que d’énormes cailloux perdus par un « Poucet géant » égaré dans la brume épaisse recouvrant souvent la mer au vert turquoise. Certes, certains se parent des vêtements exubérants d’une nature luxuriante mais ce n’est jamais suffisant pour que l’on oublie le caractère austère de leur apparence sans pour autant éclipser leur « calvitie » laissant ainsi apparaître des zones grisâtres striées de blanc ou des cicatrices dues outrages climatiques des siècles passés. L’on ressort de la Baie d’Halong avec la sensation d’avoir quitté le monde des contes et légendes orientales où les montagnes sont soulevées par des génies invisibles, malins et virevoltants Tout paraît fade en revenant sur la terre laborieuse de la petitesse du quotidien. On abandonne ses rêves de perceurs des mystères asiatiques pour redevenir un simple mortel !

Les dragons tellement présents au Vietnam gardent leurs secrets merveilleux qui tournent autour de cette eau de vie. Ils ont donné la sagesse aux carpes et ils poursuivent avec leurs gueules des mauvais jours les mécréants ne croyant pas en leur pouvoir. Dans la « bouche » vietnamienne qui n’est pas sans dents, sur la mer de Chine, ils tiennent sous le soleil, leur revanche puisqu’ils ont laissé aux hommes les témoignages de leur existence en les obligeant même à les contourner ou à seulement les approcher.
De l »aube  au crépuscule ils emportent une victoire : grâce à eux les hommes peuvent encore se laisser convaincre de la beauté de la nature ! Jusqu’à quand ? Même les dragons l’ignorent, mais morts ils y participent.

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