Le grand basculement suivra le grand remplacement des valeurs

Dans le quotidien, dans la vie ordinaire, il est assez aisé de constater une montée angoissante de l’outrance sous toutes ses formes et venant de tous les cotés. Impossible de ne pas le constater quand on tente de participer en toute sincérité au débat nécessaire à la démocratie puisque n’importe quelle prise de position provoque désormais des réactions inattendues. La fameuse dédiabolisation de la pensée conduit au refus d’accepter la moindre différence par rapport à ses certitudes. L’enkystement d’un nombre croissant de personnes dans l’irrationnel ou le déraisonnable constitue la plus grave menace que la société moderne ait connue depuis la période des années 1930.

Le doute indispensable, la remise en cause personnelle, la volonté de dépasser les apparences, la réflexion face aux événements n’appartiennent plus aux bases de la construction d’une opinion. En fait plus le discours est caricatural, synthétique, tonitruant plus il est accepté, admis et même démultiplié. En fait l’erreur communément commise réside dans la catégorisation de ces propos qui sont considérés comme extrémistes et donc combattus que par le mépris ou l’anathème. L’outrance verbale appartient à toutes les classes sociales et comble d’aise les exploitants d’un système médiatique taraudé par ses contraintes financières.

A tous les échelons la modération n’a plus sa place. Pour être entendu et considéré il devient indispensable de se ranger derrière la bannière d’un anti-quelque chose. Des armées du non-dit se constituent en silence et sortiront de l’ombre au moment le plus opportun. Elles appliqueront dans le sens inverse de celui que voulait illustrer la phrase d’Abraham Lincoln, « un bulletin de vote (soi) plus fort qu’une balle de fusil », et tireront à vue sur celles et ceux qui tenteront de barrer la route à leurs « croyances ». 

Jamais la nation n’a été autant morcelée, parcellisée, atomisée avec autant de groupuscules avérés ou informels, faute d’avoir des propositions constructives et ouvrant des perspectives. Le vide idéologique est patent. On ne cherche plus à innover, à créer, à débroussailler des chemins nouveaux mais simplement à conerver, à exclure et à stériliser. Tenter d’être positif c’est s’exposer à la désillusion. Essayer d’expliquer relève du sacerdoce. Combattre les approximations ou le prêt-à-porter même pas idéologique constitue une épreuve. S’astreindre à ne pas sombrer sans raison dans un pessimisme misanthropique nécessite une force exceptionnelle. En aboyant avec toutes les meutes qui passent permet de se sentir en sécurité. 

Tout est prétexte à querelles stériles, violences qui ne restent pas que verbales, à menaces voilées ou effectives dans un quotidien marqué depuis l’apparition de la pandémie par une forte contestation de toute autorité soupçonnée être manipulatrice ou incompétente. Les premières victimes en sont les élus puisque ce sont les premiers que l’on croise sur les chemins de la contestation. Depuis la rentrée les populistes X, Y mais surtout Z  sommeillent dans de nombreux esprits fragiles. Tout devient pour eux suspect et inadmissible et ainsi se trouve confortée l’idée que les  propos outranciers ne sont pas « si faux que ça ! »

Pas une intention, pas une proposition, pas une action qui ne soulèvent des propos acerbes, des remarques ravageuses et des oppositions farouches. Ce serait normal si ces prises de positions étaient justifiées et argumentées. Actuellement il suffit pour exister d’être pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. Le système éducatif a tué tout apprentissage du doute et continue à stériliser l’esprit critique, l’autonomie, la responsabilité, la confiance. La sélection par l’échec a plongé quelques générations dans la rancœur ou la contestation imbécile. Elles le font et le feront payer cash. Faute de savoir construire leurs propres repères elles adoptent ceux que leur fournisent les gourous ou les extrémistes de tous poils;

Une société de la défiance généralisée justifiée ou injustifiée n’augure pas d’un monde meilleur. La crise n’a vraiment pas amélioré la situation et elle l’a même aggravée. La vie associative qui sert en général d’amortisseur a du mal à reprendre son rythme antérieur. Le lien social se délite en raison des habitudes prises via les supports numériques. L’échange et le partage en sont considérablement affectés facilitant l’imprégnation par les poncifs.

Z comme Zéro a un boulevard devant lui pour peu qu’il ne change pas de stratégie : se faire désirer en lâchant une à deux fois par semaine une provocation absurde, fausse, exagérée permettant de conforter son statut de celui qui dit tout haut ce que tout le monde pense être une vérité. Il fera ainsi basculer dans son camp la grande partie des indécis que les forces de l’esprit laissent à l’abandon.

Ce contenu a été publié dans PARLER SOCIETE, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

10 réponses à Le grand basculement suivra le grand remplacement des valeurs

  1. Philippe Conchou dit :

    Je ne pense pas que Z (zozo ?) ait la moindre chance d’y arriver, il est déjà contesté dans son propre camp (v.interview de Médard sur France Inter).
    Je vois plutôt une guerre fratricide genre « nuit des longs couteaux » sans les couteaux .

  2. Bernie dit :

    Franchement la politique, je
    n’y comprends plus rien. De quoi parle t’on vraiment ?

  3. christian grené dit :

    C’est vrai tout ça, Jean-Marie. Mais faut-il qu’Anne Hidalgo traite deux fois de guignol quand, on le sait bien, elle ne fait que souffler sur la braise d’un zozo qui prend feu à chaque fois qu’on l’allume. Ne lui serait-il pas plus profitable de l’ignorer, à moins que la maire de Paris ne se prenne pour Colette quand elle écrivait: « Il ignorait qu’elle pouvait être brusque ».

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à Christian

      Tu ne seras pas étonné que je partage ton point de vue… Une précision : Anne Hidalgo est une immigrée de la misère, née à San Fernando le 19 juin 1959, et qui grandira sous le régime du dictateur fasciste Franco. Elle découvre l’histoire de l’Espagne et la Liberté à son arrivée en France.

  4. Bernie dit :

    Tous ces prétendants au fauteuil de président doivent démissionner pour y voir plus clair.

  5. J.J. dit :

    Il n’y a pas grand chose à ajouter à cette analyse sans concession.

    Ce qui est effarant ce sont les contradictions quasi systémiques que l’on rencontre au sein des mouvements prétendument contestataires.
    Hier soir je regardais un enregistrement d’une émission d’Arte au sujet du déclin de la grande distribution et des magouilles et rackets afférents, dignes de la Mafia.
    On assiste actuellement ( peu d’échos dans la presse) à une prise de pouvoir inéluctable et hégémonique d’Amazon qui a crée sa propre chaîne de distribution de produits alimentaires. Une concurrence qui pourrait se révéler mortelle pour les autres distributeurs.
    Pour le moment ça se développe aux USA, mais l’Europe est visée.

    Et le géant au sourire de faux cul et aux ambitions spatiales a mis au point un système de paiement dont un des buts non avoués offre une idéale occasion de pomper un tas de renseignements plus ou moins confidentiels sur les clients, les mêmes pour certains qui manifestent au nom d’une soi disant liberté contre le passe sanitaire.

  6. christian grené dit :

    Je crois m’être mal exprimé dans ma première intervention, et vous vous voudrez bien m’en excuser. La raison est que je ne veux plus écrire ou prononcer le nom de celui qui est pour moi « Le Seigneur des Ténèbres ». Aussi, désormais, et comme Harry Potter, je l’appellerai « Voldemort ». Et souvenez-vous que tous ses fidèles étaient les mangemorts. C’est tout dire.

  7. Denise+Greslard+Nédélec dit :

    Z , pour moi, ressemble assez bien au croque-mort de Luky Luke, indissemblable des vautours…
    Pour le reste, wait and see. Un petit sursaut de Covid remettra vite les les préoccupations dans l’ordre.

  8. christian grené dit :

    12 coups ont sonné. Mieux vaut les boire quand c’est à l’opéra. Donc, la « der » du jour.
    Au risque de vous raser, qu’est-ce qu’un lémure?
    – C’est le spectre d’un mort venant tourmenter les vivants.
    Qu’est-ce qu’un lémurien?
    -C’est un singe des régions tropicales qui comprend… le maki.
    Et qu’est-ce qu’un Z… emmourien?
    -C’est tout ça!
    A vot’ santé et sans rancune.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.