Préférez la science collective imparfaite aux croyances habillées d’apparences trompeuses

Un ami créonnais de longue date soumet à ma réflexion un document intitulé « Alternatif Bien Être » qui graphiques à l’appui, explique que la politique de lutte contre la pandémie serait douteuse voire totalement inefficace. Il me demande de vous en parler et de fournir mon avis. En fait la démonstration repose sur des statistiques exploitées de manière fort différentes que celles qui sont distillées par les communiqués des ARS. Une querelle d’interprétation débouchant sur des constats dénonçant la politique du « tout-vaccinal «  qui n’empêcherait pas les vaccinés d’attraper un virus continuant pa circuler et à muter.

L’auteur de cette publication affirme que ces derniers ne seraient que partiellement protégés des formes graves de la contamination. Il voit également des effets sociétaux dangereux avec une baisse de l’attention que l’on devrait porter à « l’immunité naturelle », un renoncement « à rechercher des des traitements adaptés aux formes graves de Covid graves ». Dans sa démonstration l’accusateur explique qu’il « s’agit de prendre acte de la protection non seulement incomplète mais dramatiquement temporaire des vaccins à ARN messager ».

Il questionne sur « cette faible efficacité » apparaissant si l’on examine « ses coûts humain (les effets secondaires, les morts), sanitaire (explosion des dépressions, circulation persistante du virus, accélération de ses mutations), social (l’inquiétante polarisation de notre société), économique (les milliards distribués aux labos qui développent ces vaccins – milliards qui sont, évidemment, de l’argent public, donc notre argent). »

Bien évidemment « Alternatif Bien Être » applique le système très courant de l’utilisation de la généralisation démonstrative reposant sur une base réputée objective souvent mathématique. Si l’on reprend les déductions ci-dessus on constate qu’il ne s’agit que de réalités scientifiques déjà connues. Les laboratoires ont par exemple toujours reconnu que leurs vaccins ne « protégeaient pas à 100 % de la contamination » et donc il ne s’agit donc pas d’une information inédite. Ce que l’analyste appelle la « baisse de l’immunité naturelle » reste vague.

Est-ce celle du corps pour toutes les maladies éventuelles ou uniquement contre le Coronavirus ? Doit-on considérer que les gestes barrières appartiennent à l’immunité naturelle et que les moyens de se protéger devraient être uniquement les gestes-barrières ? Quant aux coûts évoqués ils n’ont aucune rapport avec « la vaccination » mais seulement avec la pandémie. L’absence supposée de « recherche  d’un médicament » sont sans fondement car depuis des mois les laboratoires sont en concurrence pour dénicher le produit efficace face au cas graves. Ronapreve et Regkirona sont les premiers médicaments à base d’anticorps monoclonaux à recevoir un avis positif (…) contre le Covid-19″. Selon l’organisme de contrôle, ces traitements réduiraient considérablement les hospitalisations et les décès chez les personnes atteintes du coronavirus. Ils existent donc et d’autres arriveront.

Cette mise en cause de la science vient tout simplement de la multiplicité des commentaires effectués par les « spécialistes » de tous ordres qui s’adaptent tels des caméléons aux variations de « couleurs » des communiqués qui sert de cadre à leurs prises de position. Ils empruntent les montagnes russes d’une crise dont ils ignorent toujours l’origine et font du spectacle sur les estrades des télés pérroquets.

Pour cet ami qui doute (et c’est tout à son honneur) qui croire ? Un flot d’informations contradictoires brouille en effet en permanence notre accès à la réalité, de manière exacerbée depuis l’émergence de la pandémie. La science, comme la politique ou les médias, génère une défiance accrue, attaquée de tous côtés par les rumeurs, manipulations et discours complotistes. C’est par exemple un mythe profondément ancré dans l’imaginaire collectif : les grandes avancées scientifiques seraient l’œuvre de génies touchés par la grâce, pensant à contre-courant des certitudes de leur époque. Ainsi, n’importe quel charlatan ou chercheur un peu trop égocentrique (Raoult? ) peut-il justifier son isolement ou les critiques dont ses théories font l’objet en se comparant à Einstein ou à Galilée. Il vaut donc mieux se fier aux positions collectives qu’aux déclarations « individuelles ».

Au hasard, à propos de la pandémie de Covid-19… Les services de détection des fausses informations des médias généralistes alertent régulièrement sur les risques de mauvaise interprétation des chiffres, établissant par exemple un lien de causalité fallacieux entre vaccination et hospitalisation ou vaccination et arrêts cardiaques. La description scientifique de la réalité s’ajuste ainsi avec le temps, en corrigeant et peaufinant ses théories. L’absence de certitude absolue ne doit pas être un prétexte pour porter du crédit au premier théoricien farfelu ou alternatif venu.

Par l’épreuve du temps et les tests rigoureux de la communauté scientifique, les connaissances scientifiques deviennent de plus en plus solides. On ne connaîtra que dans des années la réalité de cette pandémie. En attendant je préfère la confiance dans les scientifiques même imparfaits que la défiance inspirée par des croyances qui ravagent la raison.

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7 réponses à Préférez la science collective imparfaite aux croyances habillées d’apparences trompeuses

  1. Philippe Labansat dit :

    Un manque d’humilité de nos dirigeants, couplé à l’autocratisme et au dirigisme structurels de nos modes de fonctionnement, ont pour effet de ruiner la parole politique.
    Mais, par contagion, en se présentant quasiment comme  » porte-parole  » de la science, les politiques contribuent aussi à ruiner la parole scientifique.
    Il est des choses simples que tout un chacun peut constater.
    Rien ne nous empêchera un jour ou l’autre d’entrer en contact avec ce virus.
    Non le vaccin n’est pas  » la  » solution absolue et unique pour revenir à  » la vie normale « . Tout le monde sent bien que l’on n’est pas à la veille d’un retour à  » la vie normale « .
    Oui 1/4 des cas graves Covid sont pourtant vaccinés et oui, c’est moins que les 75% qui ne le sont pas.
    Oui, il y a un certain nombre de vaccinés qui meurent du Covid, même s’ils sont moins nombreux que les non vaccinés.
    Oui, il y aura un contigent de personnes qui ne se vaccineront jamais, c’est un élément à prendre en compte.
    Oui, chers dirigeants, le masque protège, mais personne n’a oublié que vous aviez commencé par soutenir le contraire.
    Enfin, si la science médicale n’était pas devenue monomaniaque, elle évoquerait et chercherait effectivement à développer tous les moyens de se prémunir du virus, mais aussi de renforcer nos défenses naturelles : alimentation, vitamines, oligos-éléments, hygiène de vie. Aucune aide n’est à négliger, encore moins à mépriser…
    Bonne journée et portez-vous bien.

    • J.J. dit :

      Pas grand chose à ajouter à ces commentaires, sinon qu’une étude récente de gripnet .fr/Covid (Inserm, Santé Publique France, Médecine Sorbonne, INRIA) qui est aussi un relais du réseau Sentinelle, permet de constater que le relâchement des gestes barrières provoque cette année une recrudescence des cas de grippe « classique » et de gastroentérite, dont le taux l’an passé avait été particulièrement bas, sinon nul dans certaines régions.

      Douter et contester sont les premiers actes d’une démarche scientifique, mais il ne faut pas que ça devienne une règle de conduite.
      Il existe d’ailleurs des domaines où peut être les chercheurs n’ont pas assez douté : voir la pseudo découverte de la « mémoire de l’eau » par le professeur Benveniste.

  2. facon jf dit :

    La science et les marchands

    Bonjour
    « En attendant je préfère la confiance dans les scientifiques même imparfaits que la défiance inspirée par des croyances qui ravagent la raison. » Ok, ok le doute reste permis? Ou bien faut-il faire confiance aux marchands de santé ?
    Petit coup (coût?) de projecteur sur le marché Covid/vaccins si vous le permettez. Au 9/04/2021 alors que Omicron n’existait pas encore au plan merdiatique « l’Union européenne, lance une négociation pour commander 1,8 milliard de doses supplémentaires de vaccins Covid-19, dits de « 2e génération », efficaces contre les futurs variants du coronavirus, pour livraison à partir de cette année. »et aussi  » Selon une source de la Commission européenne, ce nouveau contrat, signé avec un fabricant unique, prévoira une « obligation de livraison » avec un calendrier mensuel et non plus trimestriel pour les acheminements.
    Ces vaccins, dont les livraisons débuteraient dès cette année et se poursuivraient en 2022 et 2023, s’ajouteraient aux 2,6 milliards de doses déjà commandées par l’UE et qui doivent être livrées aux Vingt-Sept cette année et l’an prochain. »
    Donc si je compte bien 2.6 + 1.8 = 4.4 milliards de doses pour l’UE (rss) soit 4.4 milliards / 447 millions d’habitants = 10 doses par personne vivante !!! On est tranquille sur le schéma vaccinal à 10 doses pour garder son précieux et coûteux passe sanitaire.
    Sachant qu’une dose de vaccin ARN Messager coûte environ 24 dollars, soit 19,50 euros (si nous prenons le vaccin de Pfizer comme référence), 4,4 milliards de doses représentent environ 105,6 milliards de dollars, soit 85,8 milliards d’euros. Combien coûte vraiment un vaccin ? En se fondant sur une étude de l’Imperial College de Londres, le député de La France insoumise François Ruffin s’est insurgé sur Twitter : le prix de vente du vaccin Pfizer, écrit-il, est largement supérieur au coût de production. Produire une dose du vaccin Pfizer coûte 60 cents (0,50 euro), alors que l’Union européenne paie 24 dollars (19,50 euros).
    Voyons maintenant la confiance à accorder aux marchands de santé. D’après ses calculs, basés sur les résultats publiés par ces entreprises, le trio réalisera des bénéfices avant impôts de 34 milliards de dollars cette année, soit plus de mille dollars par seconde, 65.000 dollars par minute ou 93,5 millions de dollars par jour. Pfizer, BioNTech et Moderna se distinguent ainsi d’AstraZeneca et Johnson & Johnson qui vendent pour l’instant leurs vaccins à prix coûtant.
    Depuis l’an 2000, Pfizer a été accusé 74 fois de violations pénales et civiles et a payé au total 4 milliards de dollars d’amendes. Les principales infractions sont la commercialisation de produits non approuvés, la corruption, les fausses déclarations, les violations de la sécurité, etc.
    Un dernier regard sur les nouvelles stars de la santé abonnés aux JT et grassement rémunérés par big-pharma La Pr Karine Lacombe de Paris – Saint Antoine. 212.209 €, dont 28.412 € de Gilead. Le Pr Gilbert Deray de Paris. 160.649€. Une belle somme pour un néphrologue qui très présent sur les plateaux télés nous informe sur la Covid.
    La confiance ne se décrète pas elle se mérite.
    Bonne journée

  3. J.J. dit :

    Lors de la nomination du personnage comme secrétaire général adjoint à l »Élysée, des mauvaises langues ont prétendu que l’on avait fait entrer le renard dans le poulailler.

    Finances , gros sous d’un côté, sciences, recherche médicale de l’autre, ne font pas bon ménage. C’est moralement déplorable et incompatible.
    Le refus de lever les brevets en est une illustration et un scandale mondial.
    « Jonas E. Salk qui a mis au point le vaccin contre la polio ne l’a jamais breveté afin d’en permettre une plus large diffusion. Lorsque la télévision lui demanda qui détenait le brevet, il répondit :
    « Eh bien, le peuple je dirais. Il n’y a pas de brevet. Pourrait-on breveter le soleil ?

  4. facon jf dit :

    La corruption remonte-t-elle jusqu’au sommet de L’EU (rss) ? Le doute commence à courir en Europe, notamment au sujet de la présidente de la commission Van der Leyen, les liens privilégiés de son époux avec Pfizer sont évoqués. Le dernier rebondissement concerne les SMS échangés entre la présidente et M. Bourla PDG de Pfizer. Le site en langue Allemande netzpolitik explique ses démêlés avec la commission et la réponse de la médiatrice européenne Emily O’Reilly, que netzpolitik.org avait sollicitée. Plus précisément, il s’agit de messages que la présidente de la Commission européenne aurait échangés directement avec le PDG de Pfizer, Albert Bourla, afin de conclure un accord sur les vaccins. La médiatrice O’Reilly a écrit dans sa réponse à une plainte de l’ONG de transparence ( FragdenStaat.de) qu’il était clair que les applications de messagerie et les SMS sont utilisés pour la communication professionnelle, y compris pour des questions importantes. « Cependant, à moins que le contenu de ces messages ne soit conservé et stocké par l’institution, le public n’y aura jamais accès. » Voila comment fonctionne l’UE(rss) circulez y a rien à voir! Ursula Van der Leyen une présidente au-dessus de tous soupçons ?? Pas vraiment notamment elle est soupçonnée un temps, en 2015, de plagiat de son doctorat. Un sujet très sensible en Allemagne qui a causé la chute de plusieurs responsables politiques. De fait, la présidente de la Commission européenne vient de quitter en Allemagne son poste de ministre de la défense qu’elle occupe depuis 2013. Et en effet, une série de scandales ont éclaboussé la Bundeswehr et son ministère ces dernières années : matériel obsolète, sous-investissements, consultants surpayés… Au point qu’Ursula von der Leyen est perçue dans son pays, selon le baromètre du Spiegel paru en mai dernier, comme l’une des ministres allemandes les plus impopulaires.

    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_les-casseroles-d-ursula-von-der-leyen?id=10272777
    en allemand :
    https://netzpolitik.org/2021/informationsfreiheit-von-der-leyen-verweigert-auskunft-ueber-angebliche-sms-zu-milliardendeal-mit-pfizer/

    Bon dimanche

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