Le plaisir de vous permettre d’estomper la distanciation sociale

Lorsque début septembre 2005 je me suis lancé dans l’écriture quotidienne d’une chronique sur le blog que j’avais intitulé alors « L’AUTRE QUOTIDIEN » j’étais un peu dans la situation du naufragé lançant une bouteille à la mer. Impossible de savoir si quelque part elle parviendrait sur le rivage d’une personne intéressée par une version légèrement différente du quotidien pratiqué, entendu ou relaté. La réussite éventuelle d’une telle initiative passerait en effet par la capacité de convaincre de l’utilité d’ouvrir en permanence des « fenêtres » diront les uns, des « respirations » rétorqueront les autres pour des citoyens la plupart du temps inconnus.

L’intérêt de l’écrit c’est qu’il demeure. Il échappe même à l’impitoyable effet destructeur du temps si on a la volonté de le protéger et peut ainsi servir de référence lorsque l’on revient en arrière. Parmi les 4 800 « élucubrations » que j’ai pu délivrer rares sont celles qui résisteront à l’épreuve des critiques. Comme les prédictions de Nostradamus qui n’ont d’intérêt que quand on tente de faire coller les événements passés avec leur contenu, l’auteur que je suis est heureux de constater que quelques récits ou analyses peuvent être considérés à posteriori comme « intéressants ». C’est une vraie satisfaction.

En passant de L’AUTRE QUOTIDIEN » à « Roue libre » j’ai conservé la même option mais en ajoutant la possibilité de me laisser aller à l’humeur du jour plus qu’à l’actualité. Depuis le 1° juillet dernier j’ai tenté de me débarrasser de la gangue des appartenances politiques pour ne pas écrire politiciennes. Une décision générant le refus de citer un seul nom ou de commenter une seule prise de position locale ou nationale relative à ce milieu que j’ai trop fréquenté. j’ai perdu bien des « amis ».  Impossible pour autant d’être insensible aux évolutions de ce secteur de la vie sociale mais ce ne sera que sur la base de « valeurs » et de «  principes » et aussi rarement que possible.

Ces évolutions ont eu pour effet de contrarier les algorithmes qui règlent la notoriété des supports comme les blogs. Ils n’aiment que les textes provocateurs ou aguicheurs utilisant des termes « vendeurs » pour un lectorat passionné par la polémique. Aucune référence complotiste. Aucun lien avec des supports sulfureux. Simplement des références aussi travaillées que possible et des mots inspirés par une volonté pédagogique permanente. Il ne s’agit vraiment plus de prétendre délivrer une vérité mais d’inciter l’autre à la rechercher pour construire la sienne. Une gageure quotidienne vieille de plus de 16 ans. 

Chaque jour vous êtes une poignée de fidèles à oser réagir. Des dizaines de milliers de « commentaires » ont été publiés et seulement une centaine a été éliminée en raison de son caractère diffamatoire ou raciste. Comme ce serait le cas au « Bistrot » la très large majorité des « avis » publiés émane de personnes que je connaissais ou que j’ai appris à connaître. La magie du blog c’est qu’il a aboli les distances en me permettant de tisser des liens avec des lecteurs que je n’aurai jamais rencontrer. Mon regret restait que depuis le début des parutions l’inter-action entre les lectrices et lecteurs ne soit pas plus présente. Je le vivais parfois comme un échec. C’est oublié.

Christian, mon « frère d’armes puis de plume » ; Laure ma « companera » (1) des années « un Rocard sinon rien » ; Jean-Jacques « l’homme qui refuse les charentaises confortables des certitudes » ; à Jean-François « le meunier provençal qui trie les grains de vérité de l’ivraie de la facilité » un quatuor s’est créé rendant mon « autre quotidien » heureux. En effet je jubile en lisant leurs échanges cultivés, humoristiques et ciselés. Rien ne les prédestinait à échanger ou à partager et ce n’est que grâce à « Roue libre » qu’ils ont pu se découvrir et s’apprécier. Du lundi au samedi (2) leurs échanges m’apportent des lueurs de plaisir récompensant mon souci quotidien de produire ce qui leur sert de prétexte à leur conversation distanciée. Merci à eux et aux autres plus épisodiques mais tellement rassurants car ils existent. 

J’aimerais tant que si vous lisez ces lignes vous acceptiez vous aussi de temps en temps de participer à ce qui se veut avant tout un appel à commenter. Rejoignez le carré magique. Vous avez votre place sur le terrain des idées. Mettez-vous en roue libre.J’aimerai tant que si vous lisez ces lignes vous acceptiez vous aussi de temps en temps de participer à ce qui se veut avant tout un appel à commenter. Rejoignez le carré magique. Vous avez votre place sur le terrain des idées. Mettez-vous en roue libre. Dans cette période où se retrouver physiquement constitue un authentique tour de passe-passe, j’avoue avoir envie de faire vivre ce partage. Peu importe les raisons pourvu que l’on ait l’ivresse des rencontres. Je vous promets un rosé social si vous acceptez de relever ce qui peut être un défi : constituer un réseau social. 

  1. Tu ne me critiqueras pas car je ne sais pas faite le tilde

  2. Erreur Laure : tu as une chronique 6 matins sur 7 et je n’ai jamais 48 heures de repos… ou de farniente car je n’écris pas pour Roule Libre uniquement le samedi soir

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24 réponses à Le plaisir de vous permettre d’estomper la distanciation sociale

  1. J.J. dit :

    Tu ne me critiqueras pas car je ne sais pas faire le tilde
    ñ = alt 164
    Ñ = alt 165

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ a mi amiguito J.J.
      ¡ En español se dice la tilde !

      • Ce plaisir de nous rappeler de temps à autre les masculin et féminin de la langue espagnole… Cela dit, Laure, la référence à un certain passé militant rocardien me ravit, tu dois t’en douter. À ce propos (et je demande à Jean-Marie d’excuser cet instant de conversation ou plutôt cet aparté), tu as peut-être remarqué que sur « mon » fesse-bouc est venue se manifester Hélène Lapeyrère ?
        Jean-Marie, j’ai tenu un blog de 2006 à 2014 ou 15 sur la plate-forme du Nouvel-Obs. Textes et souvent photos. J’ai été pris à partie de jour en jour par un internaute au point qu’un groupe d’intervenants amis et moi, nous avons été virés, nos comptes fermés. Cela malgré des lettres recommandées à la direction de l’Obs et à la rédaction, demandant seulement que les commentaires de cette personne (un troll considéré comme pervers narcissique par quelques observateurs de nos échanges) soient systématiquement supprimés, puis, lassitude faisant, que le compte de cette personne soit supprimé. Le contraire arriva…

  2. JEANNEAU dit :

    Bonjour,
    Je suis un ancien camarade de lycée de Christian qui m’épatait déjà car il retenait tous les articles de l’Equipe et de France Foot-ball… Je l’ai toujours suivi de loin car, émigré au Pays Basque, j’ai la nostalgie de notre beau coin de France qu’est le Libournais.
    C’est en cherchant une référence sur Christian dans les archives de Sud-Ouest que je suis tombé sur « Roue Libre » et j’avoue que maintenant, c’est un plaisir quotidien que de vous lire…
    Mais pour les échanges, c’est autre chose: il faut avoir de la culture et des idées sans oublier l’essentiel, l’à-propos, ce que je n’ai pas souvent. Mais j’adore m’enrichir à la lecture des autres! Bonne journée à vous tous.

    • christian grené dit :

      Si tu es Jeanneau que j’ai bien connu au tout début du Lycée d’état mixte de Libourne (devenu depuis Max-Linder), et auquel j’ai consacré une page entière dans Sud-Ouest à l’occasion de son 50e anniversaire, c’est un sacré plaisir pour moi de te retrouver. Anne Montanguon, ça te parle?

      • Laure Garralaga Lataste dit :

        @ à Christian et à JEANNEAU
        Attention les amis pas de dénonciations sur « Roue Libre » qui, contre toute apparence est très suivie…! Et encore moins celle de divulguer des noms qui pourraient parler à bien d’autres copains !

  3. Cathy Michiels dit :

    Je lis souvent Roue libre. Je le lis car j’aime le style d’écriture et la façon de penser de Jean Marie. J’aime bien avoir son opinion et les sujets qu’il aborde sont intéressants et parfois même apaisants lorsqu’il parle de la nature au retour de ses ballades.

  4. christian grené dit :

    Jean- Marie, tu dis « frère d’armes puis de plume ». Et aussi, et, et, et… frère de ballons en tous genres.

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à christian
      Pourquoi cette discrimination garçons/filles ? Bon ! Je reconnais que c’est Jean-Marie qui a commencé… Un conseil les filles : laissons les garçons jouer au ballon entre eux… !

  5. Laure Garralaga Lataste dit :

    Mon très cher ami Jean-Marie je confirme : je n’ai pas eu le bonheur de lire le « Roue Libre » de samedi. Que s’est-il passé ! ! ! ! ! J’ai même pensé que tu avais la Covid car on dit que ce virus s’attaque surtout au cerveau… à moins que ce soit internet qui l’ait attrapé ! Si tu peux corriger cette erreur, je te lirai avec le même plaisir habituel !

  6. Jeanneau Gilles dit :

    On doit être un sacré nombre à avoir fréquenté le Lycée d’Etat mixte de Libourne… sûrement un des premiers lycées mixtes d’ailleurs…
    Le problème c’est que beaucoup d’entre nous (ceux de la génération de Christian et de moi-même) ne se sont pas tous mis à Internet!
    La preuve, c’est que je cherche souvent d’anciens copains sur les sites et que je ne trouve rien; dommage car on pourrait bien rigoler!
    Enfin, si certains se reconnaissent dans ce que j’écris, je leur transmets mes chaleureuses amitiés

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à Gilles… Bienvenu au club !
      Car à compter de cette heure… je garderai ce prénom dont voici un aperçu…
      « Gilles est honnête et attentif aux autres, il ne veut en aucun cas leur causer du tort. Il n’aime pas se mettre en avant au risque d’être parfois trop discret. Il est, de prime abord, très attaché à l’ordre et aux règles préétablies, il n’apprécie pas que quelque chose dénote ou sorte du cadre. »

      • Gilles JEANNEAU dit :

        Merci Laure,
        Sans fausse modestie, ce portrait me ressemble, je crois.
        C’est un plaisir sans cesse renouvelé que de lire des messages plein d’intelligence, de sagesse et d’humour.
        A +

  7. facon jf dit :

    Bonjour,
    merci pour cet espace de réflexion et pour moi de commentaires ( que je squatte beaucoup trop !). Je voudrais, si vous le permettez, vous remercier pour tous ces bons moments passés à vous lire et pour tous les moments d’échange avec les abonnés de votre billet. S’exprimer par écrit c’ est pouvoir suivre et exposer sa réflexion sans être interrompu. Le plaisir sans cesse renouvelé de trouver des contradicteurs polis et cultivés apportant leur point de vue et leurs idées avec un esprit ouvert.
    Par votre action résolue à ne pas laisser s’éteindre vos valeurs, vous contribuez pleinement à l’Éducation Populaire prolongement logique d’une vie politique passée.
    Je souhaite aussi bienvenue à tous vos lecteurs silencieux dans vos colonnes de commentaires.
    Pour rire un peu une question aussi sotte que grenue aux spécialistes du foot bien présents dans votre billet. Pourquoi quand un joueur de foot marque un but il saute de joie, il crie et il fait tout un cinéma alors que c’est son métier ? Je n’ai jamais vu un boulanger se rouler par terre après avoir vendu une baguette…
    Bonne journée

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à façon jfma proposition de réponse… Le footballeur saute de joie parce qu’à chaque but il touchera un « petit pactole »… (merci d’excuser ce contre pléonasme)

  8. Jean-Pierre Boué dit :

    Juste après avoir parcouru mon quotidien agenais du matin, j’allume mon ordinateur et je viens aux nouvelles. C’est pour moi un plaisir de lire Roue Libre, que j’apprécie chaque jour un peu plus , loin des tristes échos d’un monde d’étroitesse d’esprit, de haine et de mépris de l’Autre !

  9. christian grené dit :

    Dis moi, Jean-Marie, tu as posé ton carré d’as sur le tapis, mais je te connais trop pour savoir que tu as gardée dans ta manche la dame de coeur: notre chère Bernie!

  10. Laure Garralaga Lataste dit :

    @ à Christian

    Tu te prends pour Joséphine…! « J’ai 2 amours… B. et L. ? »

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