Le nouveau bourre-pif des « tontons » testeurs

Georges Clémenceau, le Tigre devenu le Père la Victoire, aurait effectué une alliance dans une formule choc que tout anarchiste pourrait reprendre, celle « du sabre et du goupillon ». Jean Ferrat a écrit une chanson incisive autour de cette collusion historique entre l’armée et la religion dont il narre les effets historiques : « Comme cul et chemise comme larrons en foire, j’ai vu se constituer tant d’associations, mais il n’en reste qu’une au travers de l’histoire qui ait su nous donner toute satisfaction : le sabre et le goupillon (…) ». Désormais la « guerre » ayant changé de visage il faudrait une adaptation moderne de cette complicité ayant survécu durant des siècles.

Depuis quelques semaines une synthèse des pratiques sociales pourrait être celle de « la narine et l’écouvillon » dont des millions de personnes sont les consentantes victimes. Une hécatombe qui dure puisque on estime à 168,21 millions le nombre de de tests de dépistage de toutes sortes réalisés sur l’ensemble de l’année 2021 ! Si le virus vous a eu durant quelques jours dans le nez vous savez que le fameux PCR le plus efficace et le plus fiable n’occupe qu’une partie réduite de cette statistique.

Plus de 6,8 millions de tests, PCR et antigéniques, ont ainsi été réalisés la semaine de Noël, un « nouveau record, essentiellement » dû aux 16-65 ans et on a atteint de même, entre Noël et Nouvel An, du 27 décembre au 2 janvier derniers le nombre des tests a atteint près de 8,3 millions de prélèvements. Un nouveau niveau quotidien a même été battu le 31 décembre dernier, avec 1,88 million de tests validés en une seule journée. L’écouvillon a été le grand vainqueur du réveillon…et la narine la principale victime.

Le « bourre-pif » dont Vincent Moscato fut l’un des éminents spécialistes était certainement moins délicat que celui pratiqué par la main fine mais point toujours douce d’une préparatrice en pharmacie ou une infirmière mais l’effet de surprise le rendait peut-être moins désagréable. D’autant que pour participer à un « test-match » contre le virus il est imposé de mettre une narine dans le vent pour encaisser à « vos naseaux défendant », la pénétration de l’écouvillon. Une intrusion qui selon les pratiques recommandées, s’accompagnent d’une récidive encore plus difficile car attendue.

Selon le modèle le pinceau récupérateur se glisse avec une facilité plus ou moins grande dans vos fosses nasales dont vous ne soupçonniez pas qu’elles fussent aussi insondables. Le manche paraît être un pilier rigide ou une brindille flexible selon le modèle utilisé mais la « brosse » gratteuse s’affiche toujours comme monstrueuse. Elle irrite, gratte, énerve, excite, irrite et provoque un tortillement du « gars de la narine » similaire à celui d’un asticot au bout d’un hameçon. Rien de bien douloureux mais une envie pressante que cesse au plus vite un  « supplice » certes raffiné mais insupportable. Le pire c’est que dès que cette séquence s’achève, le protocole exige que comme la droite n’a pas libéré suffisamment de matière, il faille accepter que l’on prélève ce que vous avez mis à gauche.

Difficile de ne pas avoir dans le nez celle ou celui qui avec plus ou moins de dextérité a manié l’écouvillon. Une larme vous monte à l’œil mais bien évidemment vous affirmez avec une sérénité de façade que « dans le fond ce n’est pas si pénible que ça » en espérant que l’on ne vous y reprendra plus. Si l’échantillon baptisé nasopharyngé (PCR) file vers le labo il vous faudra patienter plusieurs heures avant de connaître le verdict. Une inquiétude supplémentaire. C’est dit-on le nec plus ultra des détecteurs de ce faux cul de « Haut Micron » qui pratique la guerre des trachées. Par contre pour les modèles de second rang comme « l’antigénique » ou « l’autotest » il ne vous faudra que quelques minutes pour pouvoir voir plus loin sur votre avenir que le bout de votre nez.

La situation la plus terrible c’est quand les décisions énoncées pour que l’école dure conduit à emmener ses enfants vers ce moment douloureux. Nul ne saurait rester insensible à ces moments où la gamine ou le gamin voit arriver face à lui le « bourreau » masqué, engoncé dans des protections avec son « pinceau » intrusif. Pleurs, gémissements, refus violents ou parfois un mutisme aussi douloureux car intériorisé mettent les adultes dans l’embarras. Les « guerres » marquent souvent de manière profonde les esprits enfantins. Il se souviendront de ces instants où la quête d’un virus invisible les a plongés dans l’angoisse de la suspicion et de la culpabilité. « C’est pour ton bien mon petit » qu’ils disaient! 

L’avenir de l’alliance entre « la narine et l’écouvillon » paraît brillant ou plus exactement sonnant et trébuchant pour les professionnels qui acceptent de mettre la main à la pâte. Parfois ils utilisent des gants blancs pour s’attaquer à votre nez fin ou votre nez creux mais ce signe de considération n’empêche pas de tout considérer comme négatif. Les millions si ce ne sont les milliards valsent vers des comptes de plus en plus positifs. La prise de tests devient obsédante.

 

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9 réponses à Le nouveau bourre-pif des « tontons » testeurs

  1. J.J. dit :

    …le sabre et le goupillon (…) ». Désormais la « guerre » ayant changé de visage il faudrait une adaptation moderne de cette complicité ayant survécu durant des siècles.
    Cet anachronisme se révèle cependant encore bien trop vivace !

    Ce qui n’empêche pas l’expansion du redoutable, florissant et dispendieux envahisseur Gratnarine (étonnant que l’on accuse pas le Kremlin ).
    J’ai vraiment de la peine à voir ces pauvres enfants soumis à ce qui est quand même une sorte de supplice. Peu sûr qu’ils en gardent un bon souvenir.

    • Christian C. dit :

      « J’ai vraiment de la peine à voir ces pauvres enfants soumis à ce qui est quand même une sorte de supplice. Peu sûr qu’ils en gardent un bon souvenir. »

      Avec l’espoir que ces pauvres enfants ne se poudrent pas le nez et n’inhalent pas quelques substances pour oublier ce monde de sabres et de goupillons dans lequel nous les avons fait naître…

      • Laure Garralaga Lataste dit :

        @ à Christian

        Comme tu le suggères, ne sommes nous pas aujourd’hui soumis… « aux sabres, aux goupillons »… et aux anti science médicale !

  2. facon jf dit :

    Bonjour,
    depuis le début de ce quinquennat je constate la montée de la peur dans notre société, une peur présente dans les corps et les esprits, une peur distillée par les merdias -parce que la peur ça fait vendre-, une peur de descendre dans la rue pour manifester – parce que nasser, gazer, matraquer et estropier c’est un peuple qui se tient sage-, une peur de la relégation sociale – parce que détruire le code du travail et réduire les filets sociaux ce sont des travailleurs prêts à tout pour sauvegarder leur emploi-, une peur sanitaire – parce que obtenir le précieux sésame est un moyen de fracturer la nation entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas-, une peur économique – parce que truander les chiffres de l’inflation permet de cacher la paupérisation générale-, une peur religieuse – parce que fractionner les consciences c’est éparpiller la fraternité ciment essentiel des sociétés laïques-, j’arrête ici rassurez-vous.
    Je voudrais souligner la violence de cette crise sur les enfants, tester de force, vacciner de force, masquer de force, empêcher les contacts essentiels au développement de force, infliger des heures d’internet pour distanciation de force.
    Une violence telle que le « machin de mon Général »( ONU ) s’est fendu d’un communiqué intitulé -Violence envers les enfants : la crise cachée de la pandémie de COVID-19.
    Plus souterrains, les impacts du confinements et de la crise sanitaire dans le développement social et cognitif des enfants n’en sont pas moins réels. Les jeunes écoliers ont vécu malgré eux dans un monde d’adultes pendant plusieurs mois, sans interactions avec leurs pairs. De la même façon, la suspension des éventuelles activités extrascolaires met un frein à leur besoin de socialisation. Les bébés et les enfants en âge d’aller à la maternelle risquent d’accuser un retard de langage et d’avoir plus de difficultés à interpréter les mimiques faciales des adultes, du fait du masque.
    Marie-Rose Moro, pédopsychiatre, psychanalyste, et praticien hospitalier en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’université Paris-Descartes pointe quant à elle le cas particulier des adolescents. La crise sanitaire a affecté plus spécifiquement les 10-19 ans : « On voit énormément de pathologies secondaires : une augmentation des tentatives de suicides, une augmentation des angoisses sous toutes ses formes. »
    Je lisais ce matin le témoignage d’une mère de famille sur ses journées précédentes avec ses enfants cas contact, Kafka est de retour!
    J’ai pris connaissance des dernières déclarations du premier sinistre Jean Cluster, les illustrations de Christophe dans le « sapeur Camembert » n’aurait pas mieux fait pour décrire le sergent Biture. Les enseignants et les parents obligés d’endosser l’uniforme du pauvre sapeur camembert écoutant les nouvelles consignes prodiguées doctement.
    les pauvres directeurs d’école et parents contraints à creuser des trous pour y mettre la terre des autres trous de l’administration; le sergent Bitur alias « cluster », leur reproche de ne pas avoir fait le deuxième trou assez grand pour qu’on puisse y mettre leurs terres avec celle des autres. Du très grand comique, dont on avait eu un aperçu lors de la prestation de « cluster » devant Bourdin au sujet du passe sanitaire – vaccinal- dans les TGV.
    Résultat les parents seront chargés de la sale besogne nasale, ou à défaut de faire de fausses déclarations au vu et au su de tous… Et omicron court toujours!
    Tout ce qui est excessif est insignifiant !
    L’humour ( involontaire!!) n’excuse pas la violence faite aux enfants, ressaisissons nous, osons exprimer notre raz le bol de toutes ces violences ou alors résignons nous à devenir des esclaves -modernes- de nos peurs téléguidées depuis le sommet.
    bonne journée
    https://violenceagainstchildren.un.org/fr/news/violence-envers-les-enfants-la-crise-cach%C3%A9e-de-la-pand%C3%A9mie-de-covid-19

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à facon jf
      Personnellement, j’ai appris de force le français et l’histoire de France… En revanche j’ai toujours refusé d’apprendre l’anglais…! Allez savoir pourquoi ? !

  3. facon jf dit :

    Petite info que l’on trouve sur CovidTracker site intéressant pour suivre la Covid et son évolution chaque jour.
    ⚠️ 03 janvier 2022
    L’agence Santé publique France suspend temporairement la publication des indicateurs épidémiologiques à l’échelle départementale et infra-départementale en raison d’écarts constatés avec les données locales.
    Les graphiques et indicateurs au niveau départemental ne sont donc pas à jour sur CovidTracker, les dernières données datant du 24/12.
    Les graphiques au niveau national ne sont pas impactés, ils sont à jour.

    Donc L’agence Santé publique France casse le thermomètre départemental, dans quel but ???

  4. Laure Garralaga Lataste dit :

    Je ne figure pas dans ces 168,21 millions de tests de dépistages… En revanche, je figure sur le tableau des vaccinées 1, 2, 3 fois… et plus s’il le faut ! Parce que je et vous, c’est à dire nous… le valons bien !

  5. Laure Garralaga Lataste dit :

    Les « guerres » marquent souvent de manière profonde les esprits enfantins… Tu ne saurais si bien dire cher Jean-Marie ! Des traumatismes que certains ont expié en les écrivant !

  6. christian grené dit :

    Je prends juste connaissance du texte de mon pote JMD, ayant mis à profit cette journée ensoleillée pour un petit voyage sur la Dune, au Pyla. Au programme: sable et roupillon. Le texte? Sujet difficile mais bel exercice de style.

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