Un débat piégé dans le désert des idées

Vraiment si les débats (sic) télévisés permettant aux électrices et aux électeurs de se décider à se rendre aux urnes pour le rendez-vous des présidentielles restent au niveau de celui entre Mélenchon et « Z » sur C8 je ne donne pas longtemps de survie à la démocratie représentative. Rien.. rien à part un numéro de cirque. Les blagues méprisantes de l’un et l’outrance volontaire de l’autre illustrent vraiment la nullité de ce type de confrontation. Un spectacle affligeant que seuls les inconditionnels décérébrés auront trouvé satisfaisant. Inutile de rêver la tendance actuelle est à ce type de dialogue infiniment plus nul que les brèves de comptoir ayant le mérite d’être spontanées.

Honnêtement il serait présomptueux pour la majorité des candidat(e)s putatifs de prétendre que leurs troupes idolâtres n’apprécieraient pas un telle émission. Le niveau de la réflexion politique au sens noble du terme est tellement minable que dans le fond ça arrange tout le monde. Le doute n’habite plus les esprits et le saccage des valeurs républicaines constitue un atout pour se distinguer dans une période où tout fait que simplisme rime vraiment avec populisme. Le piège était grossier, énorme, dangereux : Mélenchon a servi  la soupe à « Z » en acceptant que celui qui devait dégueuler ses idées pré-digérées vienne face à lui pour un souper empoisonné. Il lui a donné la réplique et s’est calamiteusement transformé en faire-valoir.

Mélenchon a été contrant de débattre pendant plus d’une heure en début d’émission (2 millions de personnes devant l’écran) sur les thèmes de Z : l’immigration, l’islam or c’était le jour où il y avait eu la manifestation sur le pouvoir d’achat. Symboliquement il a été roulé dans la farine. Il avait déjà perdu ! Lorsque il a pu aborder l’avenir du système de retraites ou l’écologie en deuxième partie d’émission il n’y avait plus de la moitié de l’audience. C’était indubitablement arrangé. Un traquenard médiatique de « H » qu’il a accepté par fanfaronnade. 

Et même le 1er juin 1994 sur France 2, dans le cadre de la campagne des élections européennes lorsque Paul Amar, alors présentateur du JT de 20 heures, avait ouvert l’émission en sortant d’un sac plastique des gants de boxe et des casques pour les offrir au duo Le Pen-Tapie appelé à débattre on était dans un registre de meilleure qualité car il n’y avait pas de machination. Tapie n’avait pas apprécié en lançant « la politique, c’est sérieux ». M. Le Pen, lui, n’a pas semblé embarrassé et avait souri. N’empêche que cette initiative avait alors choqué l’ensemble du monde politique et audiovisuel, y compris… le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Elle avait coûté sa place au journaliste. Attendons donc la réaction de cette docte assemblée sur ce qui aura été une arnaque de première catégorie.

Au fait avez-vous entendu une seule idée originale dans les discours de ces prétendants au trône monarcho-républicain ? Ils ont tiré les leçons de l’édition précédente avec les propositions novatrices de Benoît Hamon sur lesquelles ont tiré à boulets bleus, blancs, roses ses adversaires et ses camarades. Le revenu universel d’existence caricaturé, dénigré, dévalorisé avec des arguments du même niveau que ceux de Z sur les migrants lui a coûté cher. Le droit de vote aux étrangers extra-communautaires pour les élections locales avait été brandi comme un épouvantail. Le rôle de l’économie sociale et solidaire en période de crise n’avait pas eu plus de chances. Un taux d’imposition européen des grandes sociétés ? Absurde mais repris en grande pompe sur les Gafa mais avec une assise moins large. La liste innovante, forte, concrète encore longue avait un temps d’avance et ça ne pardonne pas !

Si l’on résume les positions actuelles des uns et des autres très synthétiquement le choix est vite fait. Le Président sortant et candidat masqué « a tout fait de bien pour les soutiens qui avaient été les siens » et « il souhaite continuer ! ». « Je ne suis plus celle que vous croyez que j’ai été » affirme la Marine nationaliste, « je vous propose le changement dans la continuité mais sans vous le dire». La Madone des sleepings pour électorat âgé pratique le « French cancan avec un grand écart permanent sous tenue bleue, blanche et rouge » et « rêve de tout faire à l’identique de son adversaire en poste ». Le « Z » sait bien qu’il « n’a toujours existé que « sur le dos des autres » et il est bien décidé à continuer en clamant que « la vérité sort de la bouche des fachos ».

Mélenchon s’enfonce dans l’« aigreur de celui qui estime ne pas être reconnu à sa juste valeur » (1) et joue au « matamore donneur de leçons  qui prend parfois de sévères baffes» comme ces profs qui adoraient les estrades d’où il dominait la classe. « Ripoliner en vert tout ce qui existe même si c’est déjà fait » constitue le leitmotiv de Jadot avec une tendance « à jouer au plus bio ». Le retour de Taubira se résume au rôle « d’une fière manieuse de mots ayant causé déjà pas mal de maux ». Elle n’est que de passage. Il reste Roussel qui assume « la ligne droite de ses idées » et qui dans le fond a le privilège de « faire du neuf avec des idées n’appartenant peut-être plus au passé ». Eux n’auront pas la chance de Z… ils auront 20 minutes sans puncg-ball ! 

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11 réponses à Un débat piégé dans le désert des idées

  1. Gilbert SOULET dit :

    Bonjour à tous et Merci Jean-Marie
    Ton billet est revigorant car il met chacun à sa place !
    Amicalement,
    Gilbert de Pertuis

    • FRANCESCHI dit :

      Salut Gilbert et bien d’accord avec toi, cela ne t’étonnera point !
      Beau billet en effet mais dommage qu’il soit éphémère : il y aurait tant de leçons à en tirer. A commencer par la responsabilité individuelle et celles des journalistes en particulier. Mais ils ont, comme tous les ouvriers, été obligés de vendre leur âme au diable. Mon premier Directeur d’Établissement (que tu connais) qui m’a appris le métier à coups de pieds au cul (virtuels, virtuels) m’avait dit « Jeune, n’oublie jamais que l’homme ne travaille que parce qu’il n’a pas trouvé comment se nourrir autrement. »
      Ca m’a toujours suivi pour faire attention à comment transmettre les ordres de ma hiérarchie.

  2. Laure Garralaga Lataste dit :

    Cette « Roue Libre » débute bien quand, en fin de première ligne on peut y lire…  » à se rendre aux runes  » ! Si certains et certaines d’entre vous ont rétabli le mot juste, personnellement je m’interroge… quel est ce mot juste : urnes ou ruines… de la démocratie ! ?

  3. Laure Garralaga Lataste dit :

    Ayant suivi le premier pugilat entre Z et M, je me suis abstenue (est-ce un début pour la suite… ?) d’en infliger un second (oui oui, c’est bien son orthographe !) à mes neurones !

  4. Philippe Conchou dit :

    Par le hasard de la zapette, j’ai atterri devant le (soi-disant) débat entre Mrs Z et M, dont j’ignorais qu’il eût lieu.
    Intéressant le langage corporel: Mr Z à moitié couché sur le bureau comme s’il voulait se cacher sous la table, Mr M a-demi tourné vers l’arrière comme s’il voulait s’enfuir.
    Bravaches mais peureux les deux zigotos? En tout cas pas en accord avec l’image qu’ils veulent se donner.

  5. christian grené dit :

    Infligé et affligeant. La honte de la TV qui ne grandit pas la politique. La curiosité m’a poussé à regarder ce théâtre de Guignols.
    Un Gnafron à la Démocratie.

  6. facon jf dit :

    Bonjour,
    pour commencer je dois confesser que je ne regarde jamais les émissions d’Hanouna.
    Cékissuila qui se fait appeler baba ? Cyril Valéry Isaac Hanouna naît le 23 septembre 1974, dans le 15e arrondissement de Paris, de parents d’origine juive tunisienne, arrivés en France de Tunis en 1969. Son second prénom Valéry, lui a été donné en référence à Valéry Giscard d’Estaing. Son père, Ange Hanouna, après des études de médecine, ouvre un cabinet de médecine générale aux Lilas (Seine-Saint-Denis). Sa mère Esther Sitruk est gérante d’une boutique de vêtements de luxe à Vincennes.
    En décembre 1985, Cyril, alors âgé de 11 ans, ainsi que tous les membres de sa famille, sont naturalisés français .
    Après avoir redoublé sa première, Cyril Hanouna parvient à obtenir un bac scientifique avec spécialité biologie dans le but d’étudier la médecine comme son père. L’animateur déclare plus tard avoir triché dans toutes les matières. Il obtient ensuite un DEUG en éco-gestion et s’inscrit à l’INTEC, école d’expertise comptable qui dépend du Conservatoire national des arts et métiers, mais il ne se présente à aucun examen et ne renouvelle pas son inscription. En parallèle, il exerce différents métiers, employé de banque, VRP en tissus ou encore animateur dans un centre de loisirs juif. Il se dit d’ailleurs, par son éducation, respectueux des traditions et coutumes juives, se qualifiant lui-même de juif traditionaliste. source wikipédia
    Comprendre le dialecte baba ( surnom officiel de l’animateur star, ce terme affectueux signifie « papa » en arabe. Pour la petite histoire, la maman de Cyril Hanouna l’appelait ainsi lorsqu’il était enfant et le surnom est resté pour ses fans inconditionnels.)
    Darka: si vous avez passé une soirée particulièrement plaisante, ce terme est tout à fait à propos. « Quelle darka » se traduit par « quelle bonne ambiance », de même qu’une personne « darka » est quelqu’un de fort sympathique.
    Rassrah: ce vieux terme judéo-arabe, très usité par les Tunisiens, est synonyme d’angoisse ou de panique. « Être en rassrah » ou « se mettre la rassrah » signifie ressentir une grande anxiété avant un événement particulier.
    La tanasse: néologisme inventé par Cyril Hanouna lui-même, ce mot est un dérivé de « tannée », qui signifie une défaite humiliante. La tanasse définit une activité déplaisante, rébarbative, que l’on préférerait ne pas faire.
    Fanzouzes: nouveau néologisme qui concerne les aficionados fidèles de TPMP!. Le mot provient d’une interview hasardeuse avec la chanteuse Beth Ditto, en 2012, dans l’émission Virgin Radio Fans sur D17.
    Kiffer, dérivé du mot kif, est un verbe familier français qui initialement désignait l’action de fumer du haschich ou cannabis, mais aussi le plaisir qui y est associé. Le sens a évolué et dans son acception actuelle, kiffer signifie simplement prendre beaucoup de plaisir, aimer, être fou de quelque chose ou de quelqu’un.
    J’ajoute ahchouma, en arabe, la honte.
    Vous voila armés de l’indispensable viatique pour voyager dans la sphère baba.
    Dans la novlangue hanounesque, fanzouse occupe une place centrale. Le lien entre Hanouna et ses fanzouzes est puissant et fusionnel : Lui leur doit tout. Il le sait. Le leur montre. Ils sont son Premier Cercle, une communauté, une famille, de laquelle il serait le parrain. Le chef incontesté. Un peu le gourou.
    Eux ? Ils sont comme une armée de l’ombre prête à se mettre en branle pour défendre son chef au besoin. Un peu ses chiens de garde. Violents, ils sont souvent utilisés comme arme de dissuasion ou de contre-attaque.
    Hanouna, pour eux, a lancé les sondages de fin de sujet : chaque soir, le public vote. Et le lendemain, le public a raison, disait en 90 Étienne Mougeotte, responsable des programmes de TF1. Tout démocrate, écrit l’auteur, frissonne à ces mots et à leur résonance, et l’on se demande, si l’on prenait les décisions en fonction des sondages, en quelle année la peine de mort en France aurait été abolie…
    Bon repos de fin de semaine.

    pour aller plus loin le livre écrit par Stéphane Encel. « Ce n’est pas que d’la télé ! Ce que dit le système Hanouna de la France ». Editions David Reinharc. Octobre 2021
    Stéphane Encel est docteur en histoire des religions (Paris IV), et poursuit ses recherches sur la période du Second Temple. Il a publié Les Hébreux, en 2009, chez Armand Colin, et enseigne notamment à l’ESG Management School la Culture générale ainsi que les inter-culturalités religieuses.

  7. Christine Darmian dit :

    Parfois je me dis que le silence est le plus sûr moyen de reprendre des forces. Un jour quelqu’un m’a dit qu’il fallait atteindre le fond pour remonter à la surface il ne savait pas que le fond est plein de vase et que la remontée sera celle des nageurs des profondeurs et que seuls ceux qui ont du souffle y arriveront … un jour
    Comme il est difficile d’avoir à observer cette pantalonnade qui ne me fait plus rire depuis longtemps ! Comme il est difficile d’avoir encore la force de rester debout pour ceux qui si souvent vous crachent au cœur. J’ai appris tant de fois que ceux qui nous enterraient ne savaient pas que nous étions des graines … mais la germination est longue à venir … je m’en retourne essayer de donner de la lumière au quotidien !

  8. Bernie dit :

    Apprenons à la société à vivre autrement. Les enfants pauvres scolarisés dans les écoles des villages doivent pouvoir participer au développement durable. Ils doivent être éligibles aux récupération de repas du soir. Apprenons aux enfants riches de ne pas jeter à la poubelle les restes. Toute une éducation à mettre en forme pour être redistribuée

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