Eau, énergies, déchets : la coupure du monde réel et de la politique

La campagne des présidentielles démarre doucement et de manière chaotique. Elle ne tourne essentiellement autour d’un thème totalement subalterne pour les générations futures. L’immigration éclipsera comme l’avait fait l’insécurité lors de l’élection de 2007 les réalités qui vont peser sur une société plongée dans le bouillon d’inculture citoyenne. Dès l’été venu on se retrouvera face à trois sujets qui pèseront fortement sur le quotidien sans que personne ne se soit concrètement prononcé sur leur évolution : l’eau, l’énergie et les déchets ! A la fois sur le fond où les réponses politiques sont d’une discrétion absolue que sur la forme où les conséquences sur le pouvoir de vivre des plus modestes seront catastrophiques ces sujets démontrent la coupure entre la poltique et le monde réel. Au-delà des problèmes financiers que posent ces trois secteurs essentiels du quotidien il serait essentiel que les orientations sur leur gestion soient abordées.

La ressource en eau potable, considérée comme inépuisable par la grande majorité des consommateurs, mérite un débat national. Certes l’approvisionnement est très inégalitaire sur le territoire national mais il n’ira nulle part en s’améliorant. Bien commun de l’humanité cette ressource essentielle dont la gestion est très souvent confiée au monde du profit, ne suscite pas l’intérêt qu’elle mériterait. En 1975, la consommation d’eau des Français était de 106 litres par jour. En 2018, les données consolidées donnent une consommation moyenne d’eau annuelle en France de 51,08 m3 d’eau par personne, soit 139,94 litres d’eau par jour. Pour la Gironde on atteint seulement 49,7 m³ annuels soit 136 litres quotidiennement.

La tendance serait plutôt à l’économie en quantité mais ça n’a aucune influence réelle sur le coût. Bien entendu ce dernier est lié au volume utilisé mais aussi au prix du m3 qui était il y a trois ans de 4,14€ / m3, soit 2,07€ pour l’eau potable quel qu’en soit l’usage et 2,07€ pour l’assainissement collectif. L’avenir nécessitera de gros investissements pour le renouvellement des réseaux perclus de fuites et pour épurer ce qui est de plus en plus pollué. Une nationalisation effective de la ressource à protéger constituerait une proposition essentielle et la facturation est totalement à revoir car elle ne prend pas en compte les usages superflus (piscine, lavage automobiles, irrigation, arrosage…) et plus encore la gratuité de l’eau indispensable à la vie (7 % de la consommation).

Actuellement toutes les sources d’énergie posent problème. Aucune ne recueille un large assentiment. Il est totalement idéaliste de penser que les conflits qui menacent la planète sont déconnectés de l’approvisionnement ou du contrôle des gisements actuels ou futurs des produits pétroliers ou des matières premières essentielles comme l’uranium. La « guerre » sera totale dans ce domaine au fil des ans. En attendant c’est celle des prix qui fait rage. En 2019 au plus bas de la consommation et surtout des tarifs des pays producteurs en France les ménages, les entreprises et les administrations ont dépensé 168 milliards d’€ en pour satisfaire leurs besoins en énergie. En 2022 ce sera colossal ! 

Un ménage a été dépuillé en moyenne 1 602 € pour l’énergie dans son logement, dont un peu moins d’un tiers de taxes, et 1 542 € en carburants, dont 59 % de taxes. Le mouvement des gilets jaunes conséquence des erreurs commises en matière d’aménagement du territoire ayant déconnecté l’implantation des emplois des possibilités de logement, n’a pas fini de mobiliser sur le coput du trajet domicile-travail. Les prix à la consommation du gaz, des carburants et dans une moindre mesure de l’électricité ont fortement augmenté entre décembre 2020 et octobre 2021, de l’ordre de 41 %, 21 % et 3 % respectivement. La hausse des prix depuis le début de l’année a conduit en octobre 2021 à un surcroît des dépenses mensuelles d’énergie d’un peu plus de 40 € en moyenne par ménage, dont 20 € pour les carburants. C’est en augmentation constante.

L’augmentation de la taxe sur les activités polluantes, celle du gazole pour les collectes, les tarifs fixés pour le traitement dans les installations des grands groupes, la fluctuation plus ou moins organisée des tarifs de reprises des produits des collectes sélectives, vont causer un séisme sur les factures. Il ne faut effectuer absolument aucune une démarche pour profiter de ce service (1) ce qui ne favorise pas la prise de conscience de son importance. Pour avoir suivi au plan départemental et national ce dossier, je sais que le pire est devant nous car les lobbies des producteurs et des distributeurs freinent sans cesse pour éviter d’assumer (par exemple dans les secteur des emballages) leur responsabilité.

Ils laissent, là comme ailleurs, les élus locaux faire face aux nécessaires mesures de traitement de ce sujet. Vingt ans après la première loi sur la gestion des déchets ménagers de juillet 1992, la dépense dans ce secteur n’a cessé d’augmenter. Elle est passée de 5 milliards d’€ en 2000 à 8 aujourd’hui, soit une croissance annuelle de 6% et bien évidemment elle se répercute sur les factures. En 2023 le cumul des tarifs de l’eau, de l’énergie et de déchets créera une situation explosive surtout si l’endettement des foyers continue à croître ! La lutte contre le réchauffement climatique lié à ces secteurs du quotidien pourtant indispensable risque bel et bien d’être combattue… Et la campagne présidentielle va vous éclairer sur ces sujets qui mettent largement plus notre avenir en péril que… l’immigartion. 

(1) il faut s’abonner aux services de l’électricté, de l’eau, du téléphone, de la télé… mais pas pour être débarrassé de ses déchets.

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6 réponses à Eau, énergies, déchets : la coupure du monde réel et de la politique

    • facon jf dit :

      @JJ La notation nutriscore provient d’un algorithme se basant sur les travaux de l’équipe du Pr Serge Hercberg ainsi que sur l’expertise de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) et du Haut Conseil de la Santé Publique (HSCP).

      Le problème se situe à deux endroits :

      – L’algorithme n’est pas adapté pour l’intégralité des produits, il peut favoriser des produits de piètre qualité ou au contraire défavoriser des bons produits.
      – La notation a une influence sur la consommation. Les lobbys font tout pour “rentrer” dans le moule et avoir une plus ou moins bonne notation malgré des produits médiocres ! (Exemple sur un autre marché : on réduit la cylindrée des voitures pour atteindre les normes antipollution).
      le cabinet d’études Nielsen a relevé, après analyse des ventes de 92.000 produits porteurs du logo, que le chiffre d’affaires des produits A et B – avec les meilleures valeurs nutritionnelles – progresse respectivement de (2018) 1,1 et 0,8 % quand, au total, celui des produits classés C et D baisse. Les moins bien notés, classés E (souvent des entrées de gamme), résistent, sans doute sous la contrainte d’un faible pouvoir d’achat des ménages.
      Les additifs qui composent les aliments ultras transformés que servent des enseignes comme McDonald’s ou KFC ne sont pas non plus considérés par le nutri-score. Les frites chez McDonald’s sont évaluées B, mais elles ne contiennent pas moins de 19 ingrédients. Ce n’est donc pas seulement de la pomme de terre  ! Quand vous mangez des frites, il y a peu de chances que vous ayez envie de retrouver du diméthylpolysiloxane (ou agent anti-mousse) pour les agrémenter.
      Le Coca-Cola zéro est quant à lui noté B, alors qu’il contient de l’aspartame. Ce substitut remplace le sucre dans de nombreuses boissons, mais est controversé pour plusieurs raisons : il est soupçonné d’entraîner une augmentation du stress oxydatif et de provoquer une neurodégénérescence.
      Ne vaudrait-il pas mieux suivre d’autres systèmes de notation, comme l’indice Siga, qui mesure le degré de transformation des aliments  ? Car si les protéines, les fibres et les glucides sont des facteurs importants dans un plat, l’absorption de vitamines et de minéraux l’est tout autant.
      https://siga.care/indice-siga/
      amicalement JF

  1. christian grené dit :

    Cher Jean-Marie, et si on commençait d’abord par éliminer les déchets qui encombrent les palais Bourbon et du Luxembourg, sans parler de l’Elysée?

  2. facon jf dit :

    Bonjour,
    nous vivons en France dans un village Potemkine où les belles façades des ultra-riches cachent les isbas des moujiks: Notre pays est ruiné par 40 ans de désindustrialisation.
    3 000 milliards d’€ de dettes, 90 milliards de déficit commercial, 9,3 millions de pauvres, une inflation galopante, l’énergie hors de prix, l’hôpital est à l’agonie, la sécurité sociale affiche un déficit de 34 milliards, ajoutons la paupérisation des retraites, 30 % des ayants droits aux aides sociales qui ne les touchent pas,et la régression de la classe moyenne…
    Un pays fracturé entre vaxx et non vaxx, des candidats qui prêchent pour l’exclusion en fonction de la religion. En fait la recherche du bouc émissaire pour porter la responsabilité de toutes les fautes passées!
    Tout est prétexte à charger la mule ainsi les fonds vautours lorgnent l’eau en salivant d’avance. Sur une planète de plus en plus peuplée et victime de dérèglements climatiques, l’eau, dont 70 % des réserves sont exploitées par l’homme, se raréfie. Les Nations unies estiment que la demande va augmenter de 50 % d’ici à 2030, et que 40 % de la population mondiale souffrira de pénuries. Aux États-Unis, de grandes banques ont ciblé l’eau comme source de profits majeurs. Un responsable de Citigroup annonce clairement la fin de l’eau gratuite. « Ce n’est pas parce que l’eau est la vie qu’elle ne doit pas avoir un prix. Comment convaincre les gens de réduire leur consommation si vous leur donnez l’eau gratuitement ! » . La belle excuse!
    Aujourd’hui, le pays le plus avancé en matière de monnayage de l’eau est l’Australie, et l’Océanie est le continent le plus chaud de la planète. L’eau y est devenue rare, donc chère. Son commerce fait la fortune de certains et la ruine de fermiers qui n’ont plus les moyens de l’acheter.
    Financiariser l’eau voila un bel engagement de campagne pour Macresse et Pécron des profits pour leurs « parrains » et un ruissellement vers leurs poches. Le ruissellement c’est bien le moins que puisse faire l’eau.
    le principe Coluchien s’applique sur l’eau, l’énergie ou les déchets à savoir « moins tu peux payer plus tu payes ».
    Bonne journée

  3. facon jf dit :

    Vingt ans de management économique de l’hôpital nous ont conduit dans le mur.
    Pour tout comprendre à la crise de l’hôpital c’est ici en vidéo. 40 mn essentielles pour comprendre la crise sanitaire et les démissions en chaîne du personnel malgré le Ségur.

    https://www.youtube.com/watch?v=2tWVGLDbA2U

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