Nous continuerons à survivre à crédit

Nul ne sait vraiment si la pandémie en cours s’achèvera dans les mois, les années à venir et ce n’est pas être pessimiste que penser qu’elle reviendra sous d’autres formes dans l’avenir. Un expert de l’université d’Oxford avoue que personne le sait véritablement et que nous devons nous préparer à vivre avec des menaces de plus en plus présentes et diversifiées. « On sait que c’est un long processus qui s’étire » et qui est composé de plusieurs fins différentes qui ne se produisent pas nécessairement toutes au même moment, a-t-elle dit. Ça comprend une «fin médicale», quand la maladie perd du terrain; une «fin politique», quand les mesures gouvernementales s’estompent; et une «fin sociale», quand la population passe à autre chose.

Dans ce contexte d’incertitude renforcée par le conflit européen, il est vraiment très délicat d’apprécier les promesses en cours. Des dizaines de paramètres sont en constante évolution et seules des tendances (et encore) peuvent émerger alors que de partout pleuvent des annonces se voulant précises comme gages du sérieux de celle ou celui qui les émet. Les estimations en milliards pullulent et personne se songe à tirer les leçons de l’imprévisibilité actuelle du monde. Les crises ne sont même pas éteintes que les assurances de nouvelles récoltes s’affichent pour quelques jours. Durant des heures elles ont fleuri avec une forte tendance à embaumer l’air des plus prospères. Pour les autres ce sera des efforts et des contraintes. 

Les séquelles financières de la période de la Covid 19 ne s’effaceront pas de sitôt mais on fait comme si…. Les plans les plus subtils d’effacement de la dette n’ont aucun sens puisque l’on a vu combien tout basculait en quelques jours. Le château de cartes des équilibres mondiaux n’a probablement jamais été aussi fragile. Alors la méthode Coué devient celle de la communication électorale. Si l’on en croît tous les programmes désormais connus il n’y aura plus d’événements perturbateurs dans le quinquennat nouveau. Il est donc possible de dérouler des catalogues plus ou moins alléchants pour électrices et électeurs ayant pour seul espoir d’échapper aux mesures négatives réservées aux autres et de profiter des plus positives.

Depuis hier le peuple qui a la possibilité de voter sait qu’il apprécie mal le résultat du mandat qui s’achève. Tous les voyants sont au vert. Le pouvoir d’achat a progressé. Le niveau d’emploi (dans quelles conditions et avec quelle rémunération) n’a jamais été aussi élevé. Les efforts dans la lutte contre le réchauffement climatique ont apporté une amélioration record de 12 %. La dette a été contenue. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Faute de débat réel le bilan passera comme un bulletin dans l’urne. Le principe voulant qu’un moment électoral repose d’abord sur l’appréciation du respect des engagements pris est totalement occulté. Circulez y’a rien à voir puisque tout a été réussi ! C’est la forme la plus élaborée du mépris car il s’agit d’escamoter des moments éventuellement difficiles.

Il n’y aura par exemple aucun problème avec la dette. Selon le principe de Talleyrand voulant que « quand je me regarde je m’inquiète, quand je me compare, je me rassure » elle n’inquiète pas outre mesure. On l’amortira sur 50 ans avec l’espoir (est-il séreux ?) que le cours du monde ne perturbera pas cette vision durant cette période. Comment en être certain ? Comment oser envisager que les conflits autour de l’énergie, de l’alimentation, de l’environnement, du nationalisme exacerbé ne généreront pas de périodes avec les mêmes mesures financières ? Combien de crises en cinquante ans ? Pour tout le monde ou presque, la dette n’existe pas et on renvoie aux calendes grecques son effacement.

Heureux soient les technocrates de Bercy car ils peuvent se permettre d’avoir des pratiques contraires à toutes les règles applicables aux collectivités territoriales. Jusqu’à quand cette fuite en avant reposant sur des taux d’intérêt faibles, l’ignorance d’un défaut de paiement global, l’augmentation constante du produits des taxes à la consommation, la constance des banques centrales à rattraper les écarts de gestion des pays se poursuivra-t-elle ? Désormais il a été décidé que l’optimisme serait de rigueur avec des promesses allant jusqu’en 2027 pour le retour à la normale. Rien n’a changé. Nous vivrons à crédit. Et ça ne pose aucun problème. 

En résumé alors que des doutes existent sur son impact sur la survie de l’humanité, la surconsommation dans absolument tous les domaines est sous-jacente partout car les ressources reposent sur des taxations juteuses en période d’inflation. On rasera gratis. Une contradiction totale pour le monde de demain… 

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5 réponses à Nous continuerons à survivre à crédit

  1. J.J. dit :

    « incertitude renforcée par le conflit européen, » brillamment organisé et orchestré par les étasuniens, qui, comme d’habitude sèment le désordre et la désolation, « le bruit et la fureur », ce qui pour eux n’a aucune importance puisque ça ne se passe jamais sur leur sol.
    Évidemment ils vont dire qu’il y a eu le 11 Septembre et tirer partie de cette tragédie pour prétendre au statut de martyre. Bonne occasion d’ailleurs d’aller faire et perdre une guerre de 20 ans(encore une ) et d’abandonner à son triste sort le peuple afghan à la misère e au fanatisme (sans parler des autres interventions tout aussi brutales et calamiteuses dans d’autres parties du monde).
    Alors je supporte mal de voire ce vieux bigot, radoteur, hypocrite et pousse au crime de Biden, dont le pays sera peu atteint par les conséquences du désordre en Europe, verser des larmes de crocodile sur le sort des ukrainiens.

  2. François dit :

    Bonjour !
    ALERTE ! Tout à fait hors sujet mais actualité oblige !
    Nos employés communaux (donc certainement les vôtres aussi ) suivent des stages pour l’entretien des …cimetières !
    En effet, confrontés aux techniques nouvelles de désherbage malheureusement totalement inefficaces (brûlage), on leur conseille de retirer les gravillons, engazonner et tondre !
    Donc, Mesdames et Messieurs, lors des prochaines cérémonies (90 % des cas), par respect pour vos souliers vernis, n’oubliez pas vos « Le Chameau » ! Chez nous, c’est argile pure et non sable de Lacanau !
    Si les vieux conseils municipaux n’avaient pas Internet et l’écologie, ils avaient la sagesse et l’expérience pour éviter les quolibets de leurs électeurs.
    Merci aux écolos de démontrer à nouveau que la bêtise a un caractère exponentiel !
    Cordialement.

  3. facon jf dit :

    Bonjour,
    le grand timonier chef de guerre est débordé et il ne peut faire son bilan de fin de mandat, je vais donc l’aider un peu voici le volet social rien que pour vous.
    Je vous fais le comparatif début / fin de mandat sur l’emploi de fin 2016 à fin 2021.
    Nombre de chômeurs par catégories ( A,B,C,D,E)
    Décembre 2016
    catégorie A= 3 529 610 catégorie B = 727 550 catégorie C =1 289 540 catégorie D = 354 900 catégorie E= 418 250
    Total des chômeurs fin 2016 = 6 319 840
    Décembre 2021
    catégorie A = 3 133 620 catégorie B = 707 040 catégorie C = 1 534 530 catégorie D = 376 620 catégorie E= 360 080
    Total des chômeurs fin 2021= 6 111 880

    écart 2016 / 2021 entre les catégories ( A,B,C,D,E) le signe moins indique une baisse et le signe + une augmentation
    catégories A= – 395990
    catégorie B= – 20510
    catégorie C= + 244990
    catégorie D= + 21720
    catégorie E= – 58170
    Total= – 207960
    Le chômage a donc baissé de 3,29 % durant le mandat macron,
    source https://statistiques.pole-emploi.org/stmt/defm?fh=1&lf=0&ss=1

    Voyons maintenant le nombre de « bénéficiaires » des minimas sociaux entre fin 2016 et fin 2020 ( les chiffres 2021 ne sont pas encore disponibles sur le site de l’Insee)
    bénéficiaires du RSA fin 2016 = 1 893 100
    bénéficiaires du RSA fin 2020 = 2 058 100
    écart entre 2020 -2016= + 165 000
    Bénéficiaires Allocation aux adultes handicapés (AAH)
    AAH fin 2016= 1 129 100
    AAH fin 2020= 1 237 800
    écart entre 2020-2016= +108 700
    progression du nombre total des bénéficiaires entre 2016 et 2020 RSA+ AAH = +273 700
    total des bénéficiaires des minimas sociaux = + 262 300
    L’écart entre le nombre total des bénéficiaires des minimas sociaux et le total RSA+AAH est dût à une rupture de séries le nombre de catégories de prestations a été modifié en 2018, 2 prestations ont été ajoutées ,( Allocation des travailleurs indépendants (ATI)+ Aide à la réinsertion familiale et sociale (ARFS) et Aide à la vie familiale et sociale (AVFS).
    le facteur le plus marquant est l’évolution Allocation de solidarité spécifique (ASS) en baisse depuis 2015 puis fortement impacté par la crise Covid de 2020.

    On constate donc le glissement au cours du mandat Macron des chômeurs catégories A et B vers les catégories C et D puis vers les minimas sociaux avec les fins de droit. les 207 960 chômeurs en fin de droit sont venus grossir de 262 300 les bénéficiaires des minimas sociaux.
    Et tout cela malgré le  » quoi qu’il en coûte « , le nombre global des travailleurs privés d’emploi s’est encore accru
    On peut discuter de tout sauf des chiffres !!
    Bonne journée

  4. facon jf dit :

    Pour télécharger les chiffres Insee des minimas sociaux c’est ici
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/2411049#tableau-figure1
    appuyer sur le bouton ocre télécharger en haut du tableau 2019/2020 et vous aurez accès aux statistiques depuis 1999. vous pourrez voir que le nombre de bénéficiaires du RMI ancêtre du RSA est passé de 1 145 000 à 2 058 100, preuve de la dégradation du marché du travail dans notre pays.

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