Les violences empoisonnent désormais la démocratie

La violence sous toutes ses formes envahit le quotidien de la vie sociale et politique. Des dirigeants de tous niveaux emportés dans la course aux extrémismes dans tous les domaines , abandonnent toute retenue démontrant une incapacité inquiétante à maîtriser leurs réactions. Les dérapages se succèdent incitant leurs partisans idolâtres à des comportements sans limites. Alors que de manière incessante, se succèdent les images angoissantes de la guerre et son cortège de désastres humains et matériels, des paroles ou des actes sont tout aussi désastreux. Le monde (et notre pays n’y échappe pas) devient ainsi un volcan agité par des spasmes plus ou moins incontrôlables.

Lorsque par exemple le chef de l’une des plus grandes puissances, élu après que son adversaire ait appelé à envahir le lieu du pouvoir législatif et à contester le résultat des élections, s’oublie en appelant ouvertement à destituer son homologue d’une nation adverse, il ne fait qu’avouer ce à quoi s’emploie tous les jours les services secrets. Joë Biden en déclarant que Poutine ne pouvait « pas rester au pouvoir » après son invasion de l’Ukraine a enclenché un processus que les Américains ont tellement eu l’habitude de mettre en œuvre ailleurs qu’en Russie que leur président croit que c’est toujours son droit régalien.

Dans des circonstances bien différentes moralement et politiquement la CIA directement ou indirectement, a changé au cours de l’histoire les dirigeants élus dans divers pays par des coups d’État ou des assassinats plus ou moins camouflés. Les références ne manquent pas ! La surenchère actuelle de la violence verbale ne conduira qu’à des situations toujours plus dangereuses. Affolant ce rôle de souffleur sur les braises d’un incendie en cours tenu par l’occupant de la Maison Blanche mais le simple reflet de pratiques ayant émaillé les décennies antérieures, dans des dizaines de situations similaires.

Dans la campagne présidentielle française lors d’une réunion de masse nationaliste, xénophobe et rappelant tellement de mauvais souvenirs historiques, des slogans ont été hurlés donnant sa vraie tonalité aux idées portées par celui qui a joué pourtant avec l’Histoire dès le début de son discours. Pendant de longues secondes, certains supporters de « Z » ont en effet scandé « Macron assassin! » lors de son meeting place du Trocadéro à Paris sans que le candidat n’intervienne. Bien évidemment protégés car noyés dans la foule les instigateurs de cet acte légalement répréhensible n’ont pas été entendus par leur mentor atteint de surdité sélective. C’est grave et dangereux mais ce sera vite oublié et ça a permis que l’on parle de son meeting qui été le seul diffusé par les chaines perroquets à qui le candidat fournissait gratuitement les images. Les autres réunions nécessitant le déploiement de moyens techniques ont été occultées.

Les événements récents en Corse accentuent cette sensation que la contestation non-violente n’a guère de chance d’aboutir. Après une heure, de défilé au cri de « Etat français assassin », la manifestation à Bastia en soutien à Yvan Colonna  a tourné à « l’émeute ». Le bilan final fait état de 67 personnes blessées dont 44 membres des forces de l’ordre. Un affrontement ayant entraîné l’ouverture de négociations politiques qui n’auraient peut-être jamais débuté sans cet après-midi de désordres. Là encore il s’agit d’une valorisation de la violence qui laissera des traces !

Ajoutons que pour s’opposer aux « fermes géantes » des hurluberlus se disant verts ont ouvert les wagons d’un convoi exportant du blé. Dans le contexte actuel il faut considérer qu’un tel fait constitue un acte démontrant encore une fois que l’escalade dans l’utilisation de pratiques moralement condamnables est incessante. Les agriculteurs ont condamné ces actes quand eux, lors de leurs revendications cassent ou agressent… Dans les Deux-Sèvres des milliers d’opposants aux «méga-bassines», ces réserves d’eau géantes dédiées à l’irrigation agricole, se sont rassemblés pour la seconde fois. Pour leur répondre environ 200 agriculteurs se sont réunis à quelques kilomètres plus loin, à l’appel de la Coordination rurale, pour un «rassemblement de défense» près d’une retenue dégradée lors d’une précédente manifestation en novembre. Engrenage devenu traditionnel sur le principe d’action-réaction.

Tout le monde justifie « sa » violence ou la dément si elle devient embarrassante. On le constate avec la réaction de la Maison Blanche qui a rétro pédalé avant que Poutine adresse une invitation à Trump de « déposer » Biden ! « Z » a condamné les slogans qu’il n’a pas entendus. En Corse personne n’a condamné les débordements constatés. Et il en va ainsi dans de nombreuses autres situations.

La phase ultime qu’est la guerre n’est que la résultante de cette montée constante et incontrôlable de la violence sur la planète. Les exploitations financières, les atteintes délibérées à l’environnement, la racisme en progression, l’exploitation des plus faibles, l’oppression par des pouvoirs en tous genres, la concurrence instituée en principe de référence et l’insécurité sociale génèrent des réactions pouvant dégénérer.

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7 réponses à Les violences empoisonnent désormais la démocratie

  1. Gilles dit :

    J’ai presque envie d’écrire: sujet déjà traité, hélas!
    Le retour au mensonge et à la barbarie (c’est la source de la violence) sont en marche, comme je l’ai déjà écrit ici…
    C’est à se demander si les pesticides qui , plusieurs études l’ont prouvé, atteignent les cerveaux des abeilles et donc de tous les insectes et sûrement de quasiment tous les animaux, n’atteignent pas aussi les neurones des humains que nous sommes…
    et provoquent ces bouffées délirantes de violence.
    Mais je dis ça, je dis rien…
    Allez, bonne journée quand même.

  2. Laure Garralaga Lataste dit :

    À c titre… « Les violences empoisonnent désormais la démocratie », je lui préfèrerais… « Les violences empoisonnent ENCORE ET TOUJOURS la démocratie ! » Car n’oublions pas la 1er et la deuxième guerre mondiale auxquelles il faut ajouter les grandes ségrégations et les grands génocides du XXe siècle, deux faces encore visibles de l’iceberg des injustices racistes qui ont sévi et sévissent encore de par le monde.

  3. facon jf dit :

    Bonjour,
    « La haine entraîne la haine, la violence engendre la violence, la guerre nourrit la guerre. »
    La violence est dans toutes les déclarations des candidates et candidats à la magistrature suprême. Hidalgo  » Ce que j’ai entendu tout à l’heure du programme d’Emmanuel Macron est d’une violence sociale inouïe », a lancé la candidate socialiste, lors d’un débat sur France 2. « Des gens sont esquintés au travail, des gens sont maltraités, meurent de la pauvreté, meurent du chômage. La société est ultra-violente, la politique de Macron est ultra-violente », ajoute le candidat NPA Poutou. Je ne prends que ces 2 exemples pour éviter les redites.
    La répression a été féroce contre les GJ plus de 4000 blessés, dont 300 graves (blessures à la tête, fractures, défigurations, comas…), dont 26 éborgnés grâce au fameux « Lanceur de Balles de Défense », classé comme arme de guerre en catégorie A2 par les instances internationales (CIP). Notons que cette arme n’est utilisée en Europe, que par un seul gouvernement : celui du « pays des Droits de l’Homme » . Idem pour les lanceurs de grenades et leurs munitions, ainsi que les fameuses GLI-F4, OF F1 et autres grenades de « désencerclement » utilisées de façon offensive et complètement hors de contrôle. Résultat ? 5 mains arrachées…ayant reçu pour la plupart des GLI F4 en tir en cloche, ce qui est « formellement interdit » mais parfaitement toléré et impuni par le ministère.Mais aussi deux morts, Zineb Redouane, dont la contre autopsie par les autorités algériennes a révélé qu’elle avait été victime d’au moins deux tirs (un au visage, et un sur la poitrine), et que ces deux tirs, complètement injustifiés vis-à-vis d’une dame de 70 ans qui fermait ses volets et n’avait rien fait, ont « directement provoqué la mort ». Et de Steve Maya Caniço, jeune fêtard de 24 ans dont le corps a été retrouvé 38 jours après sa disparition sur un quai de Nantes, suite à une charge de la police le soir de la fête de la musique.
    Certes Macron n’a pas appuyé en personne sur la gâchette du « lance-patates » ayant touché Zined Redouane, certes il n’a pas dirigé la charge de Nantes, pas plus qu’il n’a signé le décret du 29/03/2020 autorisant l’utilisation du Rivotril chez des patients atteints ou susceptibles d’être atteints par le SARS-CoV-2, pour la prise en charge de la dyspnée et la prise en charge palliative de la détresse respiratoire.
    Donc crier à l’assassin est totalement injuste !
    Rien ne justifie la violence ni en acte ni en paroles et pourtant un petit rappel s’impose. Ceux qui ont tout et ceux qui ne sont rien, le kwassa-kwassa qui amène surtout du Comorien, les illettrés, les fainéants, les cyniques, les alcooliques, les fouteurs de bordel, ceux qui ne peuvent pas se payer un costard et qui n’ont qu’à aller travailler, ceux qui ne travaillent pas et qui n’ont qu’à traverser la rue, les jojo gilets jaunes et autres plongés dans le coma parce qu’ils manquent de sagesse n’ont qu’à bien se tenir. Il « ne cédera rien ». D’ailleurs, si les gens sont toujours en colère, c’est parce qu’il ne va pas assez vite, pas assez loin, pas assez fort : il le comprend, il faut accélérer, les gens sont impatients. Promis, il va nous en donner plus !
    Cramponnez-vous ça va secouer VIOLENT dans le second quinquennat de Monsieur Macron, les assistés vont passer par-dessus bord.
    Bonne journée

  4. Bernie dit :

    J’ai cru comprendre que l’ouverture à l’export des petits vins girondins se feraient avec la Russie. Produire du raisin pour faire de la vodka, c’est possible et réalisable.

  5. Bernie dit :

    J’ai regardé le débat bardeĺla/attal sur la retraite a 65 ans. Bardella a été mieux que Attal mais je n’ai rien appris de nouveau.
    De mon temps un simulateur de calcul était utilisé et maintenant il n’y a plus rien. Pourquoi ce débat sur les retraites. C’était sur TF1.

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