L’amorce d’une modification durable des modes de consommation

Pendant que s’effaçaient de mon automobile au lavage automatique les stigmates du sable émigré venu du désert saharien j’ai pu effectuer un tour de la situation économique réelle sur la zone d’activités commerciales et de services. Une discussion à bâtons rompus avec divers acteurs offre l’opportunité d’un instantanée bien différent de ce que l’on distille sur les ondes et les écrans. Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle des temps extrêmement difficile se profile. Le système libéral basant absolument tous ses espoirs de redressement post-crises sur la consommation il ya tout lieu de s’inquiéter pour la rentrée 2022.

Le premier constat est commun à toutes les personnes rencontrées : le pouvoir d’achat pour les classes moyennes et en dessous pose de sérieux problèmes. Les effets du prix du carburant indispensable en Créonnais pour les inactifs isolés et plus encore pour les contraints au trajet domicile-travail quotidien se font sentir. Les moyennes ou grandes surfaces des enseignes traditionnelles connaissent toutes un solide baisse de leurs chiffres d’affaires. Sur une petite bourgade des rives de la Dordogne la chute avoisine les 15 % ce qui est plus que significatif. Les gérants heureux sont ceux qui maintiennent le niveau. Le montant du panier se réduit et le superflu, sur lesquels, les magasins réalisent la plus grande marge reste en rayon. On va à l’essentiel. Les bénéficiaires de cette quête du moins cher existent : les deux rivaux que sont Lidl et Aldi !

Le secteur du bio ressent fortement cette tendance. La fréquentation des magasins ou des rayons spécialisés diminue car les prix supérieurs découragent les acheteuses habituelles malgré leur possibilités financières supérieures à la moyenne. Alors que le marché des produits possédant une certification probante progressait il stagne depuis quelques semaines et quelques enseignes pourraient connaître des difficultés dans les prochaines mois si cette tendance s’accentuait. Là encore les achats vont à l’essentiel.

A quelques mètres du lavage qui pulvérise ses records de fréquentation, la station service a vu le niveau des « pleins » se réduire au plus juste. Le nombre de véhicules a baissé. « ils attendent la fin de la semaine pour venir et ils ajustent au minimum la quantité qu’ils prennent. Par contre il va y avoir la ruée dès vendredi matin m’explique mon interlocuteur occupé à réparer les lances de lavage qui ont rendu l’âme depuis que le nuage a souillé les bagnoles ! « Il y a beaucoup de montants autour de 30 à 40 euros ajoute-t-il et rares sont ceux qui désormais remplissent le réservoir à fond !

Le coût de l’utilisation de l’automobile plombe les budgets ». Au garage le gérant répond aux questions d’un propriétaire de SUV venu chercher un devis pour ses pneus au moins cher. « dépêchez vous à vous décider lui explique son interlocuteur professionnel car les tarifs vont flamber. » Après avoir comparé avec la pilule annoncée dans un garage de la marque de sa voiture il écoute le conseil. Les demandes de ce type se succèdent pendant que j’attends mon tour. Il est certain que la nouvelle donne sur le contrôle technique va poser bien des soucis aux propriétaires de véhicules anciens.

« L’année 2021 en dents de scie avec les consignes sanitaires a été mauvaise » explique le gérant de la salle de gym. « La fréquentation n’est jamais revenue au niveau de 2019 et elle ne reviendra pas de sitôt. Quand vous devez parcourir 10 kilomètres aller et autant au retour, deux fois par semaine et que devez ajouter l’abonnement c’est certain que ce n’est plus prioritaire » Il en va de même pour tout le secteur des loisirs.

Il en est tout autrement des surfaces de bricolage et de vente de matériaux où si les tarifs sur les matières premières génèrent des augmentations déjà substantielles ils n’empêchent pas les travaux de rénovation de se multiplier. Durant toute la pandémie la volonté des propriétaire effectuant eux-mêmes des améliorations commencées en période de confinement et qu’il faut terminer. On effectue aussi des achats de précaution ou de confort. Le repli sur la maison se développe dans tous les domaines. Par contre les vacances s’annoncent extrêmement mobiles puisque tous les services d’accueil pour la confection des passeports affichent complet jusque fin juin et qu’un créneau devient aussi précieux qu’un billet d’avion qui ne serait pas plus cher.

Les mutations qui s’annoncent toucheront en profondeur et durablement les certitudes libérales ayant basé les ressources de l’État sur les taxes en tous genres appliquées aux actes de consommation. Un calcul que l’inflation désormais très sensible et les conséquences de la guerre Russo-ukrainienne va rapidement rendre illusoire.

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2 réponses à L’amorce d’une modification durable des modes de consommation

  1. facon jf dit :

    Bonjour,
    premier touché par une crise durable sur l’énergie le secteur automobile entre avec fracas dans la zone de turbulences.
    Mais tout cela n’est encore pas grand chose, dans le climat électoral du plus écolo que moi tu meurs, nous voyons arriver les ZFE (zones à faible émission) qui vont bouleverser le quotidien des ruraux travaillant en ville. Selon Europe 1, « la mise en place des zones à faible émission est un sujet hautement inflammable. Plus d’un tiers des automobilistes n’auront pas les moyens de passer à un véhicule propre selon un récent sondage réalisée par l’Institut CSA. Le Grand Paris franchira le pas en premier : en 2023, les vignettes Crit’Air 3, 4, 5 ne pourront plus circuler sous peine d’une contravention. Et en 2024, seuls les véhicules Crit’Air 1 seront autorisés. De plus en plus d’édiles d’Île-de-France alertent sur le risque de révolte sociale qui pourrait en découler. En fait des dizaines de milliers de véhicules ne pourront plus franchir les accès aux ZFE, dispositif sournois que j’ai expérimenté à Palerme l’année passée, ainsi si vous franchissez la limite (même involontairement ) vous êtes automatiquement verbalisé par informatique et ça piiiique!
    La solution préconisée par le président candidat c’est un service public du leasing de voitures électriques. En voila une idée quelle est bonne !! Le délire escrologique passe la vitesse supérieure. Dés demain si vous êtes trop pauvre pour acquérir un véhicule du bon « crit’air » et que le système ne vous permet pas de vous en passer ( pas de transport de substitution disponible à vos contraintes) vous pourrez aliéner votre liberté de circuler à un coûteux abonnement avec son contrat « léonin ». (La clause léonine est par définition, celle qui déséquilibre considérablement la situation dans laquelle se trouve les parties à un contrat. Cette disposition contractuelle est en effet critiquable en ce sens qu’elle avantage ou désavantage fortement l’un des cocontractants. )
    La voiture électrique en leasing OK, pourquoi pas, en théorie, tout va bien. Mais enfin, soyons un instant sérieux. Si assez rapidement, tous les foyers de France s’équipent de voitures électriques (en moyenne 2 par foyer). Comment vont-ils les recharger. Il faut une charge selon le véhicule entre 24 et 32 kwh !!!!
    Nos politicards ont-ils un budget suffisant à engager pour changer tous les transformateurs de France, tout les réseaux électriques dont le diamètre des fils est de loin très insuffisant !!. Combien de temps pour réaliser ces travaux? Qui va payer ?
    Et la consommation d’électricité qui deviendra donc très importante. Comment allons-nous la produire ? avec des panneaux photovoltaïques ? mais il faudra au moins recouvrir toute la France et encore, l’hiver avec le chauffage électrique en plus, ça ne sera jamais suffisant. Avec des éoliennes ? mais, il en faudra partout et lorsque le vent ne soufflera pas, que ferons-nous ?
    Comment allons-nous faire en immeuble. Comment allons-nous recharger ? Avec un câble qui passera par chaque fenêtre ? Et sur la route, il faudra des milliers de bornes, partout. Car lorsqu’on prend de l’essence ou du gazole, on mets 3 minutes pour faire un plein. Pour recharger à la borne une voiture électrique, c’est à minima 30 minutes.
    Je ne vous dis pas les files d’attentes …!
    Non, c’est de l’inconscience pure. L’écologie OK, bien entendu, mais il ne faut pas mettre, comme on dit chez nous, la charrue avant les bœufs. Il faut que tout cela soit étudié, sereinement et dans le temps, par de vrais techniciens, chercheurs et ingénieurs, et non par des tocards de politiciens qui nous font que des effets de manches pour que des moutons de français adhèrent à leurs folies du moment.
    Et techniquement la pollution sera-t-elle vaincue par la voiture miracle? Le problème des particules fines restera bien présent l’usure des pneus et des freins produisent infiniment plus de particules fines que les moteurs. Les voitures électriques ont elles des pneus et des freins ? Il me semble bien que oui!
    Enfin, qui va produire toutes ces voitures électriques ou même crit’air 1 ? Seul 20% ou 30% du parc automobile peut être renouvelé dans les délais imposés en temps normal : c’est mécanique, physique. Les constructeurs produisent un nombre fini de véhicules par an et pas plus.
    J’ai bien peur que nous foncions à tombeau ouvert vers un abîme de complexité.
    bonne journée

  2. Philippe Conchou dit :

    « pouvoir d’achat » le mot à la mode en ces temps d’élection.
    Certes les temps sont durs pour certains mais ils l’étaient déjà avant.
    Peut-être pourrait-on expliquer à nos concitoyens qu’il faut apprendre à consommer un peu moins bêtement.
    Ne peut-on se passer de Nutella (8 les 250g, produit le plus vendu en tonnage), de Coca-Cola (1000E le mètre-cube de flotte), de Chips (20à 40€ le kg de patates) etc…
    Les ruineuses stations de ski plus que pleines pendant les vacances…
    Pour la sacro-sainte voiture baisser encore la vitesse; petit test ce week-end sur autoroute à vitesse stabilisée:
    130 km/h: 8 l/100km
    120 km/h: 7 litres
    110 km/h: 6 litres
    Ca en fait des économies sur un Bx/Paris environ 20E d’économie pour 40 minutes de trajet en plus, il faut choisir…

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