Le scrutin qui se résume à l’affrontement « attaque-défense »

Dimanche soir le second tour pourra se résumer à la fameuse séquence des entraînements de foot ou des matchs des cours de récréation avec deux « blocs » opposés pratiquant le duel « « attaque – défense ». Selon les sondeurs ce sera le second qui devrait être majoritaire. Cet affrontement se traduira dans les urnes par l’un des écarts au score les plus faibles dans une confrontation entre un candidat de l’arc politique  « républicain » et celle ou celui de l’extrême-droite. Normal quand on se penche sur la situation sociale actuelle. Les études sur les électorats des prétendants à l’Elysée démontreront la véracité de cette analyse n’ayant je l’avoue rien de très scientifique mais qui résulte de constats quotidiens.

Le responsable d’une chaîne de la grande distribution qui s’exprime dans Ouest-France résume parfaitement le phénomène qui s’installe dans le quotidien. Il est partagé par les acteurs économiques du même secteur sur Créon. Pour lui « le panier du consommateur est toujours le reflet de notre société. Il y a actuellement une vraie tension liée au pouvoir d’achat qui est la résultante du prix de l’énergie et de la facture de chauffage. Je vois la France coupée en deux. La moitié des Français sont à l’aise. Ils peuvent faire le choix du bio et commencent à consommer différemment. Mais 40 % sont à l’euro près à la fin du mois selon une étude récente d’Elabe. Ils vont à l’essentiel. Ils délaissent le superflu. Le textile neuf est moins prioritaire. A contrario, il peut y avoir des vêtements d’occasion. C’est quelque chose qui est en fort développement au sein de l’enseigne. Parmi les autres signes, on achète un peu moins de viande et de poisson. » Cette analyse lucide et concrète atteste justement de la séparation qui s’opère au fil des jours et qui ne va cesser de s’amplifier dans les prochaines semaines.

En fait en mettant leur bulletin dans l’urne un peu plus de la moitié des votants qui souhaiteront s’exprimer, se placeront dans le camp des « défenseurs ». Ils voudront d’une certaine manière reconduire le Président sortant pas nécessairement par adhésion à son programme mais pour essayer de « préserver » leur statut social, leur droit à consommer et à se sentir un tant soit peu privilégiés. Ils ont pleinement conscience, à tort ou à raison, qu’ils appartiennent encore pour de multiples raisons, à la catégorie de ceux qui ont la possibilité de choisir leur mode de vie dont ils sont satisfaits. Ces électrices et ces électeurs passeront dans l’isoloir pour le « défendre » en choisissant celui qui semble représenter la stabilité.

Le bloc des « défenseurs » comprend toutes celles et tous ceux vouent au « sortant » une admiration sans bornes. Tous ses actes, ses paroles, ses attitudes sont considérés comme remarquables et impossibles à critiquer. C’est lui qui les a protégés des crises, qui a un bilan satisfaisant, qui a mené la « guerre » contre la Covid et qui a la stature nécessaire pour assurer les lendemains les moins inquiétants. A leurs côtés on retrouvera un pourcentage élevé de personnes peu enthousiastes à l’idée de se retrouver dans cette « équipe à vocation défensive » mais qui par raison, souhaitent faire barrage aux « attaquants » réputés capables de bouleverser les équilibres démocratiques et moraux en cours. Eux défendent une vision de la République, en citoyne(ne)s responsables  et veulent rester fidèles aux  valeurs essentielles au-delà de la personne qui figure sur leur bulletin de vote. Ce camp l’emportera c’est certain mais il éclatera lors de la prochaine troisième mi-temps.

On sait bien que dans les jeux des cours de récréation tout le monde voulait appartenir à la troupe des « attaquants », car ils s’illustraient en semant une zizanie victorieuse dans les rangs adverses. Ce constat n’a pas changé. Se considérant comme maltraités, oubliés certains des électrices et électeurs souhaitent renverser la « forteresse » qui s’oppose à eux. Ils attaquent maillot jaune, rouge et parfois vert sur le dos,  tous azimuts et croient mordicus qu’ils parviendront à leur but : exister par une forme de révolte électorale une maélioration de leur statut ou leur sort. Ils ne reconnaissent pas les règles fondamentales du jeu démocratique. Le « hors-jeu » idéologique ne les freine pas et ils refusent de se plier à un pouvoir qu’ils jugent arbitraire. Ils manifestent leur mauvaise humeur ou leur déception par ce qu’ils considèrent comme une action légitime. Un carton ‘(gilet) jaune ne les effraie pas. Un rouge (insoumis) ne les dérange pas. 

Le bloc des attaquants se renforce de manière hétéroclite au fil des matchs. On ne connaîtra vraiment ses contours que dimanche soir. Si une stratégie a été mise ne œuvre pour récupérer le plus grand nombre possible de ces « attaquants » de tous les principes républicains elle a toujours échoué jusqu’à présent sur le « mur » adverse voulant à la fois préserver les valeurs essentielles de notre vie commune et sa propre vision de son avenir. Le rassemblement national a multiplié les axes d’attaque avec moins d’ardeur mais plus de calme pour déstabiliser l’ordre établi affolant quelque peu le « défense » adverse.  Tout ça se déroule sous les regard indifférent ou critique des « spectateurs » que sont les abstentionnistes.

Il n’est pas certain qu’au coup de sifflet final dimanche à 20 h l’affrontement « attaque-défense » se termine tellement les rancœurs demeureront vivaces et les différences criantes. Une nouvelle lutte des classes émerge et conduira aux pires excès.

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3 réponses à Le scrutin qui se résume à l’affrontement « attaque-défense »

  1. facon jf dit :

    Bonjour,
    la série sans fin  » qui a assassiné la démocratie » nous a livré un nouvel épisode très attendu depuis le pilote de 2002 et son grand retour en 2017. Hélas ce dernier épisode connaît une érosion de l’audimat environ 1 million de téléspectateurs ne l’a pas suivi, grosse désillusion pour les sponsors ayant investi un budget colossal.
    Un projet encore secret prévoit de rebaptiser la série « La grande quinzaine antifasciste à nouveau dans votre ville ! ». Une grande campagne promotionnelle sera organisée regroupant les petits marquis, les profiteurs, les obligés, les corrompus, les « artistes » subventionnés, les sportifs ingrats, les faux intellectuels, ceux qui veulent aller à la soupe, ceux qui veulent la garder, les comiques officiels, les journalistes sans morale, les fonctionnaires dévoyés, tous ceux qui portent leur « antifascisme » à la boutonnière, comme un signe extérieur de richesse.
    Perso, je trouve ce battage merdiatique contre-productif, la souris devient de plus en plus petite et le chat de plus en plus gros. Abonné au « canard enchaîné » depuis nombre d’années je constate effaré son engagement du coté du plus fort, désertant le front de la critique humoristique il se rallie sans pudeur à la grande bourgeoisie kapitaliste. Tout fout le camp!
    Pourtant le fondé de pouvoir du Capital néolibéral et de la bureaucratie bruxelloise dirigée par l’Allemagne pose un problème incontournable à notre pays. Insulter la moitié du peuple français, qui nous disent les sondages s’apprête à faire le choix de Marine Le Pen. Les premiers de corvée, ceux qui travaillent dur, produisent, ceux qui se lèvent tôt, ceux qui sont au chômage, ceux dont le porte-monnaie est vide le 15 du mois, ceux qui voient disparaître les services publics, ceux qui s’inquiètent pour leur pays parce qu’ils l’aiment, et s’angoissent pour l’avenir de leurs enfants, eh bien tout ceux-là, ce sont des fascistes voire des nazis, nous disent les belles âmes.
    Comment faire pour renouer les liens sociaux après les coups de haches portés par la classe dirigeante dans le contrat social ?
    Jusqu’aux organisations politiques et syndicales « de gauche » qui ont tout raté et n’ont rien empêché, appelant aujourd’hui à voter pour un système liberticide autoritaire dont elles savent très bien qu’il va poursuivre sans frein le démantèlement de notre État social, et la transformation de la France en république bananière. Où sera leur crédibilité pour empêcher la casse sociale annoncée ?
    Voila le véritable enjeu de ce deuxième tour, une équation impossible à résoudre par les urnes dans ce choix mortifère résumé dans la formule « peste ou choléra ? ».
    Espérer dans le troisième tour relève de l’aveuglement ou du pire cynisme. Pendant les mandats présidentiels Hollande et Macron, aucune grève, aucune mobilisation, aucune activité parlementaire n’a permis de s’opposer à l’agenda néolibéral.
    Alors quoi faire ? En 2002 j’ai voté Chirac par esprit républicain, vite récompensé par le vainqueur qui a déclaré à l’époque  » avec 80% y a plus de raison de se gêner! ». Puis en 2017 je me suis abstenu ce qui a conduit notre pays à la destruction du droit du travail, à la destruction du système de santé, à l’affaiblissement drastique des institutions avec la disparition de la séparation des pouvoirs, à la violence contre les mouvements sociaux et en particulier cette répression jamais vue depuis la guerre d’Algérie du mouvement des gilets jaunes, à s’accommoder des multiples lois liberticides, à la mise en place d’un système ultra autoritaire où la liberté d’expression et de manifestation sont tous les jours malmenée, à accepter les privatisations réservées aux copains, à la poursuite du dépeçage de l’outil industriel français, à la corruption géante du sommet de l’appareil d’État…
    Alors cette fois vais-je franchir le Rubicon et rejoindre les parias, les fachos, les assistés, les gens qui ne sont riens ?
    Notre pays a besoin de l’électrochoc qui fera redémarrer le cœur démocratique en état de fibrillation depuis trop longtemps… Aurons nous le courage de remettre tout en cause ou bien laisserons nous notre pays mourir de nos petits intérêts personnels?
    Grande question à laquelle je n’ai pas encore définitivement répondu pour mon vote prochain.

    Bonne journée

  2. christian grené dit :

    Chapeau FJF! Je ne t’avais pas lu depuis longtemps, et là je retrouve tout ce que j’aurais aimé écrire si j’avais retrouvé fa forme. Je ne vais quand même aller jusqu’à déclarer ma flemme.
    Bonsoir à tous.

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