2023 : ne vous attendez pas à être épargnés !

Alors que toute l’attention se concentre sur l’immédiateté des problèmes qui envahissent le quotidien, plus personne n’ose envisager un avenir à court ou moyen terme. Quand la guerre nucléaire avec les conséquences que l’on n’ose même pas évoquer devient un sujet de débat sur les plateaux des télés, il devient difficile de se projeter sur une vie normale. Alors face à ce contexte anxiogène, les bas de laine institutionnels se remplissent. Plus l’inquiétude imprègne les esprits et plus le cumul de l’épargne grandit un peu comme si, encore une fois, l’argent pouvait être le garant de la lutte contre le danger.

Après une augmentation des dépôts de plus de 27 % lors du premier confinement le flot vers les livrets A connaissait au troisième trimestre de 2021 une hausse de 20,4 %… La France ne cesse de se distinguer puisque quand le volume des réserves de précaution progresse il est ne baisse constante dans les autres grand pays. Il faut remonter aux années d’après la seconde guerre mondiale pour trouver pareil phénomène qui traduit le mieux cette inquiétude du lendemain. Au cours de 2020 et 2021 ce sont 175 milliards supplémentaires qui ont filé vers les banques ou la caisse des dépôts et consignations ! Une somme astronomique.

Jusqu’à présent Bercy ne s’est pas trop intéressé à ce pactole. Les élections étaient là il ne s’agit pas de mécontenter les petits épargnants qui ne supporteraient pas une remise en cause de leur droit à se protéger. Pourtant le patrimoine total atteint 13 400 milliards dont pour els classes aisées plus de six mille milliards d’actifs financiers (46 %) dont 2 100 en assurance vie. Pour le moment le Ministère des finances manie la badine (diminution très légère des avantages fiscaux et pas de taxation en dessous de 152 000 €) et la carotte (favoriser le départ vers le milieu économique). L’Etat contraint par contre les structures d’accueil de ces fonds à financer la dette publique. Un échange de service bien utile politiquement.

Le principal danger de cette situation résiderait dans une nouvelle crise financière mondiale ou une montée de la crainte d’un effondrement de la monnaie. Si dans notre pays, par affolement ou peur du lendemain, les épargnants cherchaient à retirer leurs fonds dans des délais très courts, la catastrophe serait immédiate. Une hypothèse n’ayant rien d’impossible. La preuve ? Dans une loi de 2016 il a été prévu que le Haut Conseil de stabilité financière a la possibilité de contrôler les contrats d’assurance-vie français pour « restreindre temporairement la libre disposition de tout ou partie des actifs», « limiter temporairement, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat » ou « retarder ou limiter temporairement, pour tout ou partie du portefeuille, la faculté d’arbitrages ou le versement d’avances sur contrat ». En cas d’application de cet article, dont les banques et les assurances ne parlent pas bien évidemment les épargnants perdraient l’accès à leurs fonds et les contrats d’assurance-vie seraient « gelés. »

En attendant ce scénario catastrophe et si le gouvernement qui sort des urnes prend à bras le corps le véritable problème que reste l’endettement et le déficit budgétaire une autre décision approche. Bien évidemment on en parlera pas un seul instant durant la nouvelle campagne qui s’ouvre : la taxation de l’épargne ! Les ordinateurs de Bercy travaille sur cette énième taxation qui permettrait encore une fois de compenser les baisses absurdes d’impôts directs équitables et bien réparties selon les revenus ! Bien évidemment ce serait en 2023 année sans élection comme pour tous les coups tordus qui se profilent.

Un travail en cours partirait d’un taux de 0,5 % sur les assurances vie de plus de 30 000 € pour récupérer environ une dizaine de milliards de manière indolore. Les transactions financières réputées trop fluides échapperaient encore une fois à cette ponction. L’Italie l’avait fait en 1992 au plus fort de son endettement (0,6 % sur les dépôts bancaires) et avait récolté 15 milliards d’euros d’aujourd’hui.

Le vrai problème c’est qu’une part de cette épargne française est la résultant des sommes accordées dans l’opération « quoi qu’il en coûte ! Les prêts ont parfois été demandés et… placés en attendant un remboursement contraint. Les aides basées sur les chiffre d’affaires de 2019ont parfois « enrichi » les structures qui en ont bénéficié dans des secteurs dont l’activité était moins lucrative juste avant la pandémie. Les paris sont ouverts et j’entends déjà le discours : « nous baisserons les impôts… ». Avec l’inflation les taxes sont de bien meilleurs alliées.

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5 réponses à 2023 : ne vous attendez pas à être épargnés !

  1. J.J. dit :

     » Si dans notre pays, par affolement ou peur du lendemain, les épargnants cherchaient à retirer leurs fonds dans des délais très courts, la catastrophe serait immédiate. »

    Une version actualisée de l’Affaire de la rue Quinquempoix. Éternel recommencement de l’histoire.

    C’est vrai que ce n’est pas prudent de placer son agent en masse à la caisse d’Épargne. Le fumet que ce pactole de gagne petit dégage exacerbe la concupiscence des renards que l’on a fait entrer dans le poulailler.

  2. christian grené dit :

    D’acc’ ou pas? Question de Marie Bas de Laine: « Que pensez-vous de l’épargne? »
    Réponse de Pierre: « Dans notre société de consommation et d’épargne, un homme qui a de l’argent est considéré. Un homme qui n’en a pas est, lui aussi, considéré… mais comme un pauvre type ».
    Question suivante, de Blanche à Francis, mais je la garde en réserve.

  3. facon jf dit :

    Bonjour,
    la situation économique fléchi en UE ( rss), l’Allemagne le bon élève est secoué par plusieurs scandales. Wirecard soupçonné de fraudes comptables pour un montant de près de 2 milliards d’euros et aussi la banque en ligne N26 qui ferme les comptes de ses clients qui perdent ainsi leurs économies. Selon l’agence Reuters « 4 dirigeants de la banque en ligne allemande N26 font l’objet d’une enquête par le parquet pour des soupçons de comptes clients frauduleux. Les criminels sont soupçonnés d’avoir ouvert de nombreux comptes pour exploiter de fausses boutiques en ligne ou blanchir de l’argent, par exemple, et les clients se sont plaints que les comptes signalés n’étaient pas bloqués en temps opportun. Un porte-parole de N26 a déclaré que la banque n’avait aucune information sur les enquêtes en cours. »
    Le groupe immobilier Adler a publié, samedi, ses résultats financiers 2021, desquels il ressort que le groupe, l’un des plus importants du secteur en Allemagne, a accusé une perte de 1,24 milliard d’euros l’an dernier… Enfin, selon ses propres affirmations. La Bourse craint que la réalité soit bien pire encore, puisque l’auditeur d’Adler, KPMG, a refusé de certifier les comptes.
    En Italie comme en France la mode est aux primes ponctuelles pour compenser l’inflation. Mario Draghi vient d’octroyer 14 milliards d’euros, qui s’ajoutent aux 15,5 milliards déjà prévus, on arrive donc à un total de près de 30 milliards d’euros, soit deux points de pourcentage du PIB.
    « L’objectif est de défendre le pouvoir d’achat des familles, des plus faibles et la capacité de production des entreprises », a fait valoir M. Draghi.
    Plus tôt dans la journée, le gouvernement avait annoncé prolonger jusqu’au 8 juillet une réduction d’environ 30 centimes des taxes par litre de carburant en vigueur depuis un mois. »
    Partout en Europe les gouvernements compensent pour le moment une partie des hausses de prix liées à l’inflation déclenchées par le Covid et renforcées par la guerre en Ukraine.
    Cela revient à subventionner les prix sous forme d’aide et donc in fine il finira par y avoir de plus en plus de déficit budgétaire, et donc de dettes, et donc de création de monnaie.
    Combien de temps les États pourront-ils seulement mener une telle politique ?
    La montée de l’inflation entraînera irrémédiablement la hausse des taux sur la dette, ce qui plongera le budget dans le rouge écarlate.
    Tout va bien, le  » Mozart de l’économie » a vu son bail renouvelé.
    Bonne journée

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