L’embellie des profits imbibés du sang de la guerre

Impossible de ne pas être, dans le contexte d’un système mondial, du profit traité de commentateur manichéen dès que l’on s’attaque aux privilèges exorbitants dont bénéficient les actionnaires. Inévitablement surgit le spectre de la fuite des capitaux (comme si ce n’était pas le cas chaque jour) pouvant entraîner une crise grave pour les salariés, les productions et donc la sacro-sainte croissance. Un aveu permanent de la volatilité des sommes gigantesques qui voyagent sur la planète en une fraction de seconde et déshumanisent sans vergogne, au nom de la rentabilité, la vie quotidienne de millions de personnes. Jamais le monde de la finance n’a été aussi puissant quand la pauvreté augmente partout, que la famine devient réalité et que les efforts contre les mutations climatiques patinent.

Le bilan dressé par les observateurs de ces réalités prend une signification particulière dans le contexte actuel où le débat en France porte que des augmentations de quelques euros ou dizaines d’euros de la capacité des foyers français à faire face à une inflation galopante des prix. Leur constat est implacable mais ne fera sûrement pas la une des médias préoccupé par une énième affaire touchant l’élite politique : la guerre en Ukraine pèse sur l’économie mondiale et le pouvoir d’achat, mais pas sur les dividendes. Les montants versés aux actionnaires ont en effet atteint un record mondial au premier trimestre, grâce à la vigueur des secteurs pétrolier et minier ainsi qu’au rebond post-Covid ou l’utilisation des fonds du quoi qu’il en coûte .

Selon un rapport spécialisé hier, les versements aux investisseurs ont augmenté de 11% sur les trois premiers mois de l’année pour atteindre 302,5 milliards de dollars, un record pour cette période qui n’est pas la plus « profitable » de l’année. En dépit du contexte d’inflation et de la guerre en Ukraine, 94% des multinationales ont augmenté leurs dividendes ou les ont maintenus. C’est aux États-Unis que leur proportion a été la plus forte (+ 99%). En outre, toutes les régions ont enregistré une croissance à deux chiffres, même si une « faiblesse notable a été constatée dans certaines parties de l’Asie où les confinements continuent de peser sur l’économie ».

Lisez, écoutez, regardez et vous constaterez que le débat porte sur le niveau de progression des retraites (indexation en août sur l’inflation) ou sur le niveau du salaire minimum. Les deux mesures font l’objet de vices critiques. Pour les pensions la mesure satisfaisant les bénéficiaires actuels avant les législatives, s’accompagnera d’une réforme pour celles et ceux qui travaillent encore… En oubliant de leur dire que les prélèvements obligatoires sur le montant de leur supplément sera vite rongé par les prélèvements de la TVA sur des étiquettes dont le montant progresse et par leurs prélèvements obligatoires dont on sait qu’ils resteront stables. On reprendra en partie de la main droite ce que l’on prétend donné de la gauche !

Il en va tout autrement des dividendes puisque tous les secteurs ont enregistré des augmentations mais les industries pétrolière (+33% de dividendes) et minière (+29,7%) se distinguent car les entreprises de ces secteurs ont profité de la guerre, qui a permis d’augmenter les prix de vente de leurs productions. Sur base de ces chiffres, le cabinet spécialisé rehausse encore ses prévisions pour 2022 à 1540 milliards de dollars, soit une augmentation de 4,6% » par rapport à 2021, qui était déjà une année record ! Qu’on le veuille ou non cette situation exceptionnelle mériterait des mesures exceptionnelles. En avez-vous entendu parler ? Elles ne sont même pas envisagées ! Il serait pourtant pour le moins pertinent de construire des politiques publiques permettant de récupérer une partie de ces profits exceptionnels.

Ce n’est pas une nouveauté puisque selon les auteurs du document de référence (1) « les versements ont plus que doublé » depuis 2009, année de la création de l’étude qui mesure l’évolution des dividendes versés par les 1200 plus grosses capitalisations boursières. Si l’on considère que les versement de dividendes sont les conséquences d’une activité normale, selon les tenants du capital, il est inadmissible qu’une croissance des profits liés à la seule variation des prix ne soit pas restituée aux personnes de la production ou à la population en général. Bien entendu dans les mesures dite de préservation du « pouvoir d’achat » il n’y en aura aucune liée à ce « goinfrage » de milliards confirmant que le malheur des peuples continue de manière directe ou indirecte à faire la fortune de celles et ceux qui prétendent souhaiter leur bonheur.
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Impossible de ne pas être, dans le contexte d’un système mondial, du profit traité de commentateur manichéen dès que l’on s’attaque aux privilèges exorbitants dont bénéficient les actionnaires. Inévitablement surgit le spectre de la fuite des capitaux (comme si ce n’était pas le cas chaque jour) pouvant entraîner une crise grave pour les salariés, les productions et donc la sacro-sainte croissance. Un aveu permanent de la volatilité des sommes gigantesques qui voyagent sur la planète en une fraction de seconde et déshumanisent sans vergogne, au nom de la rentabilité, la vie quotidienne de millions de personnes. Jamais le monde de la finance n’a été aussi puissant quand la pauvreté augmente partout, que la famine devient réalité et que les efforts contre les mutations climatiques patinent.

Le bilan dressé par les observateurs de ces réalités prend une signification particulière dans le contexte actuel où le débat en France porte que des augmentations de quelques euros ou dizaines d’euros de la capacité des foyers français à faire face à une inflation galopante des prix. Leur contat est implacable mais ne fera sûrement pas la une des médias préoccupé par une énième affaire touchant l’élite politique : la guerre en Ukraine pèse sur l’économie mondiale et le pouvoir d’achat, mais pas sur les dividendes. Les montants versés aux actionnaires ont en effet atteint un record mondial au premier trimestre, grâce à la vigueur des secteurs pétrolier et minier ainsi qu’au rebond post-Covid ou l’utilisation qui a été faite du quoi qu’il en coûte.

Selon un rapport spécialisé hier, les versements aux investisseurs ont augmenté de 11% sur les trois premiers mois de l’année pour atteindre 302,5 milliards de dollars, un record pour cette période qui n’est pas la plus « profitable » de l’année. En dépit du contexte d’inflation et de la guerre en Ukraine, 94% des multinationales ont augmenté leurs dividendes ou les ont maintenus. C’est aux États-Unis que leur proportion a été la plus forte (+ 99%). En outre, toutes les régions ont enregistré une croissance à deux chiffres, même si une « faiblesse notable a été constatée dans certaines parties de l’Asie (…) où les confinements continuent de peser sur l’économie ».

Lisez, écoutez, regardez et vous constaterez que le débat porte sur le niveau de progression des retraites (indexation en août sur l’inflation) ou sur le niveau du salaire minimum. Les deux mesures font l’objet de vices critiques. Pour les pensions la mesure satisfaisant les bénéficiaires actuels avant les législatives, s’accompagnera d’une réforme pour celles et ceux qui travaillent encore… En oubliant de leur dire que les prélèvements obligatoires sur le montant de leur supplément sera vite rongé par les prélèvements de la TVA sur des étiquettes dont le montant progresse et par leurs prélèvements obligatoires dont on sait qu’ils resteront stables. On reprendra en partie de la main droite ce que l’on prétend donné de la gauche !

Il en va tout autrement des dividendes puisque tous les secteurs ont enregistré des augmentations mais les industries pétrolière (+33% de dividendes) et minière (+29,7%) se distinguent car les entreprises de ces secteurs ont profité de la guerre, qui a permis d’augmenter les prix de vente de leurs productions. Sur base de ces chiffres, le cabinet spécialisé rehausse encore ses prévisions pour 2022 à 1540 milliards de dollars, soit une augmentation de 4,6% » par rapport à 2021, qui était déjà une année record ! Qu’on le veuille ou non cette situation exceptionnelle mériterait des mesures exceptionnelles. En avez-vous entendu parler ? Elles ne sont même pas envisagées ! Il serait pourtant pour le moins pertinent de construire des politiques publiques permettant de récupérer une partie de ces profits exceptionnels.

Ce n’est pas une nouveauté puisque selon les auteurs du document de référence (1) « les versements ont plus que doublé » depuis 2009, année de la création de l’étude qui mesure l’évolution des dividendes versés par les 1200 plus grosses capitalisations boursières. Si l’on considère que les versement de dividendes sont les conséquences d’une activité normale, selon les tenants du capital, il est inadmissible qu’une croissance des profits liés à la seule variation des prix ne soit pas restituée aux personnes de la production ou à la population en général. Bien entendu dans les mesures dite de préservation du « pouvoir d’achat » il n’y en aura aucune liée à ce « goinfrage » de milliards confirmant que le malheur des peuples continue de manière directe ou indirecte à faire la fortune de celles et ceux qui prétendent souhaiter leur bonheur. Mais c’est manichéen ! 


(1) rapport du groupe de gestion d’actifs Janus Henderson

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8 réponses à L’embellie des profits imbibés du sang de la guerre

  1. Philippe Labansat dit :

    Si un actionnaire veut récupérer sa mise pour déplacer ses « investissements », il faut qu’il trouve quelqu’un qui lui rachète ses actions.
    La « fuite des capitaux » est un stupidité ressassée, y compris par des « économistes ».
    En l’occurrence, il pourrait bien s’agir seulement de faire peur et d’embobiner les gens…

  2. Bernie dit :

    @ Bonjour Philippe,
    Que pensez du placement d’argent dans le système du fond vert mis en place par un système coréen ?.
    Très bonne journée et au plaisir de te lire

  3. Gilles dit :

    En tout cas, c’est à croire que tous les politiques au pouvoir sont actionnaires et profitent du système…
    Cela explique pourquoi ils n’en parlent pas …
    De toute façon, ce monde se déshumanise subrepticement mais progressivement et de manière inéluctable…
    Bonne journée quand même
    Un désenchanté

  4. Laure Garralaga Lataste dit :

    « Reprendre de la main droite ce que la main gauche a donné…  » expression souvent entendue à la maison. Est-ce pour cette raison que j’ai toujours été attirée par cette gauche généreuse ? Et pourquoi, étant droitière, ai-je toujours rejeté cette main droite qui m’est fort utile ! Tel est mon paradoxe…

  5. Bernie dit :

    Bonjour tout le monde,
    La rentabilité ainsi escomptée de provient pas de la gauche et de la droite. Les dividendes sont un escompte de comptabilité des grands groupes qui se sont constitués pour le magot.

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