Un jubilé royal pour tenter de réunir le Royaume

Avez-vous entendu parler du jubilé de sa vieillissante majesté anglaise ? Je le suppose car la France avec sa monarchie républicaine style V° République a toujours une certaine nostalgie pour les fastes d’une royauté. Dans le fond nos livres d’Histoire rappelaient combien notre payas avait eu ses heures de gloire avec quelques rois dépensant sans compter l’argent volé au peuple. Oubliés les malheurs causés par leurs folies ostentatoires ! L’Angleterre semble, si l’on en croît les dizaines d’heures consacrées aux manifestations payées par les contribuables britanniques, totalement acquis au culte élisabéthain.

Compte-tenu de son grand âge les autorités organisatrices ont décidé de devancer un peu la date d’anniversaire de son entrée en fonction. Le Jubilé de platine de la reine Elizabeth II est célébré du 2 au 5 juin 2022 et marquait en effet, pour la souveraine du Royaume-Uni, 70 ans de règne. Si c’est le 6 février 1952 que la monarque a accédé au trône après la mort de son père le roi George VI, ce n’’est que le 2 juin 1953 qu’elle a été couronnée à l’abbaye de Westminster de Londres. Un vaste programme a donc été bâti avec l’espoir que sa « gracieuse majesté » pourrait encore y participer. Ses apparitions de plus en plus rares provoquent en effet une sorte d’hystérie collective similaire à celle des vedettes du show-biz. Est-ce bien différent ?

La royauté c’est déjà un business colossal. Elisabteh II est en effet à la tête d’une fortune dont a du mal à évaluer les contours. Selon les informations du Sunday Times, l’ensemble elle aurait été estimée à 365 millions de livres, soit 432 446 525 euros. Cependant ce nombre inclut des biens qui n’appartiennent pas à la reine elle-même mais à la Couronne britannique. Sa fortune privée est à distinguer des biens de la Couronne et comprend, notamment, une collection de timbres estimée à 120 millions d’euros – commencée par son grand-père le roi George V, ses bijoux, une collection de vin et une collection d’œuvre d’art. Elle bénéficie rappelons le d’une prise en charge sur le budget de l’État de ses « frais » grâce à une dotation annuelle de plus de 85 millions d’€ calculés sur la base de 25 % de ses revenus déclarés.

Son argent personnel comprend également ce qu’elle a hérité après la mort de son mari le Prince Philip, à savoir environ 12 millions d’euros, ainsi que ce que son père le roi George VI lui a légué, et des actions dans quelques grandes sociétés. La reine Elizabeth est également propriétaire du château de Balmoral et du domaine de Sandringham, respectivement estimés à 133 millions d’euros et 62 millions d’euros, ainsi que de plusieurs terrains importants.

Les dépenses du jubilé directes ou indirectes ont été prises en charge par le gouvernement plutôt mal en point mais soucieux de se refaire une santé avec le lustre donné à cet événement. Comme dans tout événement de ce type, les retombées doivent couvrir les frais. Les organismes spécialisés évaluent à 500 millions d’€ les achats effectués par les Britanniques eux-mêmes sous forme de souvenirs, articles commémoratifs et cadeaux divers. Le problème réside dans l’octroi de deux jours de congés consécutifs ayant offert un week-end exceptionnel à tous les salariés.

Contrairement à ce que laisserait accroire de nombreux reportages les Britanniques sont partagés sur ce jubilé. Tant en Écosse qu’en Irlande il serait vraiment malhonnête de prétendre que la tendance actuelle serait au ralliement massif à la couronne britannique. Les résultats des élections prouvent le contraire. Des opposants politiques de longue date lui ont rendu hommage, comme Michelle O’Neill, vice-présidente du parti républicain irlandais Sinn Fein, qui l’a remerciée un peu plus tôt dans une lettre pour son rôle dans le processus de paix en Irlande du Nord, ou la Première ministre indépendantiste Nicola Sturgeon, qui a appelé les Ecossais à célébrer « les valeurs d’intégrité, de sagesse, de justice et de compassion de la souveraine ». Ce ne sont que des déclarations circonstancielles car son Royaume est désuni !

« Je suis républicain et résolument hostile au principe même de la famille royale explique Jérémy, un Anglais installé en Gironde depuis quelques décennies. Nous n’avons plus besoin de ces gens qui vivent au crochet de l’État. Je n’ai aucun respect pour eux ! Il n’ y a aucune chance que je célèbre d’une manière ou d’une autre ce jubilé. Je pense sincèrement que c’est la cas de plus de la moitié des Britanniques ! » Lui n’a pas digéré le Brexit et il a largué les amarres avec son pays de naissance. Médiatiquement la Reine joue toujours un rôle essentiel. Que se passera-t-il quand « God don’t save the Queen ?» Il n’est pas certain que toute la famille jubile

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4 réponses à Un jubilé royal pour tenter de réunir le Royaume

  1. J.J. dit :

    Bien que très « Sans Culottes », j’avoue que j’ai un peu de sympathie pour le personnage, surtout en souvenir de l’attitude de la famille royale britannique pendant la guerre toujours auprès de la population. Et je garde aussi en mémoire l’image de la très jeune future reine en uniforme, entretenant son véhicule de service.
    Cette image a dû inconsciemment frapper l’imaginaire des citoyens britanniques.
    https://photoshistoriques.info/wp-content/uploads/2020/04/a4f7c027b8af9c4ee7d7042400cf4670.jpg

  2. Philippe Conchou dit :

    Versailles a coûté 80.000.000 de livres soit environ 2 milliards de nos euros.
    Il ne se refusait rien le roi dit soleil…
    Tout ça pour parquer la noblesse et l’avoir à sa botte.

  3. Laure Garralaga Lataste dit :

    Il semble que les filles et garçons de France aient oublié que leurs arrières, arrières, arrières… grands-parents ont coupé la tête à Louis XVI ! Étant une Française de race purement espagnole, je ne me sens nullement responsable de cette décapitation… !
    Cela étant dit… je suis, j’ose l’avouer, « une sans culotte » qui chante la Carmagnole… ! Ah ça ira, ça ira, ça ira… Les aristocrates à la lanterne…
    Ah ça ira, ça ira, ça ira… Les aristocrates on les pendra…

    • J. J. dit :

      « Il semble que les filles et garçons de France aient oublié que leurs arrières, arrières, arrières… grands-parents ont coupé la tête à Louis XVI ! »

      Que nenni, je ne l’ai pas oublié, mais je constate également que la colère est mauvaise conseillère. Parfois les innocents paient pour les coupables.
      Louis XVI ne fut pas le pire des rois, au contraire, et il aurait eu droit, sans des circonstances malheureuses et l’intolérance des souverains étrangers, à l’estime et la reconnaissance des citoyens, ne serait-ce que parce que, fidèle à son ancêtre Henri IV, il avait rétabli les protestants dans leurs droits.

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