La consommation ne sauvera plus le système

Ce serait totalement mensonger que prétendre que les quelques mois qui arrivent se dérouleront sans crise majeure au sein d’une société ressemblant chaque jour à une cocotte minute sans soupape de sécurité. Les votes majeurs se sont en effet déroulés il y a peu de temps. Que reste-t-il pour espérer ? Rien. « Chaque jour ou presque me confiait un responsable d’une moyenne surface de vente, j’augmente les prix dans les rayons. Nous savons déjà que pour des raisons non liées au conflit ukrainien dans le secteur agroalimentaire le réchauffement climatique ne permettra plus de revenir à des productions moins chères. » Ce constat est général et s’amplifie dans tous les secteurs. 

Le choix ultra-libéral de bâtir toute une stratégie politique sur la consommation conduira à une impasse avec ce que cette situation comporte comme risque d’explosion sociale. Même Bercy temple de la taxe miracle devant apporter les fonds indispensables pour colmater les brèches, s’affole cherche des solutions de déminage. Même si demain sous la pression des réalités la taxe sur les superprofits était lise en œuvre elle n’aurait aucun impact sur le quotidien des gens qui souffrent. La récupération de quelques milliards offrirait en effet une recette supplémentaire à l’État mais n’aurait aucune retombée sur les étiquettes dans les rayons. Un étau se resserre.

Toutes les collectes des taxes payées sans barguigner par les consommateurs ont augmenté au cours des dernières mois. Les recettes globales ont progressé de plus de 27 milliards mais ont vite été englouties par le bouclier sur la hausse de l’énergie. Comme la hausse des taux d’intérêts s’accentue les remboursements de l’énorme dette de la France coûte par ailleurs de plus en plus cher. Le mécanisme qui a permis à Lemaire de parader consistant à récupérer des emprunts de crise à taux très faibles voire négatifs pour effectuer des « coups gagnants » sur des prêts anciens appartient au passé.

Les emprunts contractés par l’État auprès d’investisseurs sous forme d’obligations ont une échéance de remboursement de huit ans soit une échéance relativement proche. Un cercle de réflexion libéral peu suspect d’être hostile au gouvernement avance donc le chiffre de 100 milliards d’euros de charges de la dette à régler en 2027, contre 35 milliards aujourd’hui.  Une hausse d’un seul point du taux d’intérêt des obligations françaises, signifie 40 milliards d’euros de dépenses supplémentaires dans 10 ans  soit l’équivalent du budget annuel de la Défense. La charge de la dette croît aussi à cause d’un effet de son volume qui continue de s’envoler. Car plus l’État contracte d’emprunts, plus il a d’intérêts à rembourser et moins il dispose d’argent pour respecter els engagements pris.

Bref le gouvernement va se retrouver dans une seringue et va chercher absolument tous les moyens pour doper les taxes « invisibles » sur les achats ou les consommations du quotidien. Elles progressent déjà simplement car elles reposent toutes sur le même principe : un prix de base auquel on applique un pourcentage… Des impôts directs ont été supprimés et c’est un mensonge de prétendre que les collectivités ou les organismes qui en bénéficiaient recevront un juste compensation durable ! Si en raison de difficultés financières croissantes des ménages la consommation s’effondre ou même se met à stagner en volume (et certains ne pourront pas faire autrement) 2023 sera l’année de tous les dangers pour les ressources de l’Etat. Or on sait que les fêtes de fin d’année sont propices aux achats et donc le choc interviendra au printemps car cette période masquera provisoirement les dégâts. Mai 2023 est à cocher sur le calendrier.

Les prêts immobiliers en raison du mécanisme du fameux taux usuraires dépassés par le cumul de ceux du capital et des assurances sont bloqués et ne reprendront que sur la pointe de stylos des banquiers. Comme les limites des remboursements sont calculés sur le montant des salaires (hors primes) de ceux qui ont un contrat à durée indéterminé un second obstacle se profile. Quand à ceux qui sont engagés dans une construction ils subissent l’inflation sur les matériaux. Les défauts de paiements augmentent tant pour les factures de travaux que pour les loyers.

Une machine à aggraver une fracture sociale déjà considérable accentue son rythme déjà très soutenu depuis des années. Elle broie les espoirs, plonge des millions de foyers dans l’incertitude voire l’angoisse du lendemain, accentue la haine sociétale à l’égard de l’autre réputé plus heureux, plus aidé et surtout elle aggrave la défiance envers le système politique. Il le paiera cash! Certains pensent que cette situation conduira très rapidement à une dissolution d’une Assemblée qui dès sa rentrée va aborder la Loi des Finances 2023 sur le mode guérilla. L’ambiance risque d’être électrique…

 

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9 réponses à La consommation ne sauvera plus le système

  1. Gilles Jeanneau dit :

    Ce qui me sidère le plus, Jean-Marie, c’est que tous les gouvernements savent ce que tu décris si bien… et malgré cela, ils aggravent toujours la situation, avançant pour de bon l’échéance catastrophique qui nous attend…
    Bonne journée quand même et Carpe diem pour ceux qui le peuvent encore!

  2. J.J. dit :

    « Toutes les collectes des taxes payées sans barguigner par les consommateurs ont augmenté au cours des dernières mois. »
    Et malgré cela il y a des nantis qui prétendent encore qu’ils sont les seuls à payer ds impôts, alors que proportionnellement à leur revenus, ils en payent bien moins que
    certains déshérités.

  3. Philippe Labansat dit :

    Oui, nous sommes au bout d’un système, mais personne ne veut bifurquer et encore moins freiner. Le supertanker court sur son erre, à quelques brassées de la côte. Le choc est maintenant inévitable.
    Malgré mon âge mûr, je pense que je serai témoin et victime, comme les autres, du grand effondrement…

  4. Philippe Labansat dit :

    J’ajouterais que l’effondrement est le choix sorti des urnes, en 2022, en France…

  5. facon jf dit :

    Bonsoir,
    si j’en juge aux commentaires il semble y avoir consensus sur une année 2023 pire que les crus 2020, 2021 et 2022. Après l »épidémie moooondiale, après la crise découlant de l’épidémie, après la guerre sur le continent, voici venir le cortège de la crise de 1929 avec les pénuries et sa copine la famine, la crise monétaire et sa copine la crise immobilière, le déferlement des réfugiés de la faim et son copain le fascisme du sauvez-moi de tous ces étrangers qui viennent manger notre pain.
    Pour égaler les 10 plaies d’ Égypte il nous faut encore :
    -Les eaux du Nil transformées en sang. L’eau se transforme alors en sang. Les poissons meurent et une odeur de pourriture envahit les rives du fleuve. Merci Moïse mais nous avons l’industrie chimique qui l’a déjà fait.
    -L’invasion des grenouilles le réchauffement climatique pourrait bien nous les amener qui sait !
    – Les moustiques ( voir la chronique d’hier) et les poux Moïse pas la peine de frapper le sol avec ton bâton nous en avons assez.
    – Les mouches et les taons (la vermine) pour le moment nous sommes sur la bonne voie (en encourageant le stockage des ordures ménagères pour réduire les coûts ( chronique passée) ) nous continuons les progrès.
    -La destruction des troupeaux ( adieu canards poules et poulets décimés par la grippe aviaire, adieu cochons sacrifiés par la grippe porcine…).
    -Les furoncles mais oui nous avons ça aussi avec la variole du singe.
    -L’orage de grêle oui oui nous avons eu aussi.
    -Les sauterelles encore un petit effort sur le réchauffement climatique et elles arrivent.
    -Les ténèbres les efforts des gouvernements successifs pour torpiller le réseau électrique vont être couronnés de succès cet hiver (avec un peu de malchance).
    -La mort des premiers nés, espérons que nous n’irons pas aussi loin dans le mauvais remake de ce péplum. ( encore que Big-pharma pourrait faire un petit effort…)
    Chaque jour qui passe nous rapproche du précipice, nous sommes maintenant au bord et nos politiques nous pressent pour faire un grand pas en avant.
    Bon! c’est pas tout de débiter billevesées. amusettes, balivernes, fariboles et autres niaiseries; Maintenant il faut que je finisse mes valises pour partir en vacances exploser mon quota CO2 ( pas au bord du Nil non! non!) .

    Bonne soirée

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