Le fric et la notoriété autorisent tous les écarts

Lorsque l’on effectue de manière aussi objective que possible le bilan du fonctionnement du Paris Saint-Germain depuis la reprise de la compétition il est assez difficile de trouver des raisons de soutenir cette équipe  et ses joueurs. Pas un match et même pas un jour sans que d’une manière ou une autre des signes inquiétants de déchéance morale apparaissent dans l’actualité. Ce club respire le mépris et exhale cette odeur très en vogue du pouvoir de l’argent pervertissant les attitudes et les réactions.

Les pétrodollars venus du Qatar de manière continue et en contradiction avec toutes les déclarations de l’UEFA sur le fair-play financier, donne aux joueurs déjà peu solides mentalement une sorte de toute-puissance désastreuse. L’argent qui coule à flots permet de gaver des « vedettes » brillantes sur un terrain mais totalement inconscientes de leurs obligations morales dans le quotidien. La marge entre les deux devient de plus en plus faible.

L’illustration parfaite de cet état d’esprit a été fournie lors du dernier match par le capitaine d’une équipe tenue en respect par des Brestois vaillants et surtout sans véritablement soumission au culte des joueurs réputés supérieurs. Le pire exemple a été donné à des millions de jeunes et de moins jeunes par Presnel Kimpembé. Le mal est fait. Et dans le fond la disparition de la reine d’Angleterre a été bénéfique aux troupes de l’émir qatari !

Auteur d’un geste violent, incontrôlé et révélateur de cette morgue de ceux qui se pensent supérieur l’international français aurait mérité une sanction exemplaire et juste. La justice n’existant que lorsque vous êtes en position de faiblesse, l’arbitre renonce au second carton jaune qui l’aurait forcé à voir rouge. Une indulgence qui mériterait un examen par les instances du football pour complicité avec un esprit malfaisant. Irvin Cardona, la victime ne se roule pas au sol pour réaliser une « neymariade » mais tout bonnement parce qu’il vient de prendre un tacle pour le moins « appuyé ».

S’estimant probablement « intouchable » Kimpembé déploie cette arrogance des personnes s’estimant au-dessus de la loi commune. L’arbitre souhaite disperser avec calme et pédagogie un rassemblement pouvant dégénérer, pensant naïvement que son indulgence coupable lui vaudrait l’estime des « vedettes » parisiennes. Il esquisse un geste léger pour séparer Kimpembé qui la ramène et un Brestois en incitant tout le monde à retrouver le jeu. Comment un simple arbitre peut-il prétendre faire la leçon à un millionnaire, international, capitaine du PSG ?

« Wesh (sic), touche-moi pas frère (sic) ! Pourquoi tu me touches ? Touche-moi pas ! (sic) », s’énerve le joueur qui aurait eu intérêt à la fermer. Il commet même ce qui est considéré comme l’une des fautes les plus graves des règles du football : d’un mouvement brusque il touche et repousse le bras de M. Pignard. . « Pourquoi s’exciter ? » dédramatise l’homme chargé d’appliquer la loi du jeu. Blessé, le joueur du PSG est appelé par son entraîneur sur la touche. Sur n’importe quel terrain il aurait illico pris un carton rouge. Au fait expliquez moi à quoi sert le système de la VAR ?

Encore une fois la force du mauvais exemple l’emportera. Les bouderies de M’Bappé qui a réussi à mettre une clause dans son contrat lui réservant le droit de tenter et de manquer les tirs au but ou le mépris de Neymar refusant de serre après le matche de la Juventus la main tendue du directeur sportif servent cette tendance à transformer une supériorité technique incontestable sur le terrain en conneries de droit divin. Les réponses de Galtier et le fou rire de M’Bappé ont ajouté à ce sentiment général de supériorité conféré par la notoriété médiatique et le fric.

Impossible d’éprouver la même impression quand on a le privilège de regarder jouer le Real, le Bayern, Manchester United ou même le Barça. Un Benzema, un Lewandosky, un Sané, un de Bruyne, même un Messi ne défraient pas avec autant d’assiduité la chronique des nantis-méprisants. Dans le fond les Parisiens ne font qu’imiter les Qataris qui n’ont aucun respect pour les droits humains élémentaires mais qui savent que personne n’osera les remettre en cause. Que ne ferait-on pas pour du gaz ou du pétrole par les temps qui courent ?

Il n’y a pas pires ennemis que le renoncement et l’indifférence. Tous deux se répandent partout et toute le temps comme une tâche d’huile glissante. Et ils n’avancent pas à la vitesse d’un char à voile. Ce soir à Marseille le spectacle sera-t-il autour du stade, dans les tribunes ou sur le terrain ?

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7 réponses à Le fric et la notoriété autorisent tous les écarts

  1. christian grené dit :

    Pour tout ça, cher Jean-Marie, je n’apporte aucun autre commentaire qui deviendrait… superfétatoire. J’emploie ce mot en mettant la main devant la bouche pour que nul ne croit à une insulte. L’esprit de Coubertin foot l’camp.

  2. J.J. dit :

    Il n’y a pas qu’au royaume de Danemark qu’il y a quelque chose de pourri.

    Hors sujet, à l’intention de Laure : https://www.histoire-genealogie.com/gazette.html
    le sixième sujet, en déroulant jusqu’à : Trésor d’histoire.

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à J.J.
      Pas si hors sujet que cela puisque… si nous observons ce qui se passe en Ukraine et que l’on revient en Espagne en janvier 1939, le 21 de ce même mois de janvier… mon père, ma mère, ma grand-mère maternelle et mon jeune oncle passent la frontière où ils sont séparés (mes parents d’un côté/ ma grand-mère et mon oncle de l’autre) pour ne se retrouver qu’en 1951 ! Mes parents arrivent à Bordeaux le 05 février et jeviens au monde le 07 ! Les traumatismes qui ont précédé ma naissance sont encore présents en moi… ! Et cette guerre d’Ukraine les a remis en avant… ! Les traumatismes profonds ne vous quittent jamais.

  3. Philippe Labansat dit :

    Aujourd’hui le foot est un condensé des bassesses, des vulgarités et des obscénités, des violences et des inégalités de notre société finissante, le tout bien entretenu par pas mal de fric public, hélas, et pas mal de fric malodorant.
    Ses « vedettes » réunissent la plupart des tares précitées en plus de la bêtise, l’inculture et la suffisance.
    Les média nous ont saoulé pendant des jours avec les « rodéos urbains » soit des gamins qui font des roues arrières sur leur scooter. Que n’a-t-on entendu sur le non respect des autres, de l’autorité, sur la sévérité exemplaire qui devait s’abattre sur les coupables.
    Par contre, que des footballeurs contestent l’arbitre, voire le bousculent impunément, là, aucune réaction ou même commentaire.
    Pourtant il n’y a pas pire mauvais exemple pour des populations et jeunesse sous perfusion footballistique !
    Je n’écoute ni ne regarde jamais le foot, je boycotte tout ce qui s’en rapproche…

  4. Laure Garralaga Lataste dit :

    @ à Philippe
    Si je partage ce commentaire, c’est pour mettre dans le même panier et donc punir avec la même sévérité : bassesses, vulgarité, obscénités du foot et violences, inégalités de notre société.

  5. MARTINE PONTOIZEAU-PUYO dit :

    Je déteste le foot. trop de fric, pas assez d’éducation, de la morgue.
    avant les équipes étaient composées de joueurs locaux comme du temps bien éloigné de M. Alain Giresse. autre temps autre mœurs, mais au moins eux avaient du respect pour les adversaires et les arbitres.
    j’espère que les chaines de télé ne se battront pas pour nous empoisonner avec les matchs du Qatar. avec un souhait : que toutes les clims des différents stades tombent en panne en même temps.

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