Pas de mise en bière des victoires et des défaites

Les droits de l’homme sont bafoués au Qatar à un point inimaginable. Et c’est de toute évidence. On savait que des milliers d’ouvriers migrants avaient laissé leur vie dans la construction des infrastructures qui ne sont pas sorties du désert en quelques mois. Il était insupportable que le sort des personnes LGBT soient restreints ou bafoués. Que dire des restrictions plus ou moins discrètes imposées aux femmes ! L’espionnage des opposants à la tenue de la Coupe du Monde dans ce pays conjuguant le modernisme dispendieux et le coté réactionnaire d’un autre époque. Bref l’indignation gagne du terrain faute de gagner le terrain.

L’émirat a en effet multiplié avec plus ou moins de finesse les restrictions aux libertés fondamentales des amateurs de ballon rond venant sur son territoire générant dans un sursaut tardif mais salutaire des réactions courroucées d’une part des sociétés occidentales. Nombreuses et nombreux sont les protestataires vis à vis de ces contraintes découvertes un peu tardivement. Le Qatar lâche ses pétrodollars de manière caricaturale a parfaitement analysé cette opinion internationale qui adore les apparences de la bonne conscience mais ne va jamais au-delà.sa quille de rouge! 

Mais la situation vient brutalement de s’aggraver. La colère monte car l’hypocrite tolérance affichée par le régime qatari vient tout à coup d’exploser à quelques heures du coup d’envoi. Les Droits de supporters sont foulés à la babouche. A une trahison de dernière minute s’ajoute un coup terrible à la liberté individuelle. Un scandale. Un drame. Une décision susceptible de retourner tous les visiteurs contre le régime en place. Avec l’accord de la FIFA les organisateurs viennent d’interdire la vente de bière autour des stades ! Le coup est rude… C’est comme priver un club-house de rugby ou de pétanque de Ricard,  de golf écossais de whisky, une réunions d’Anglaises de thé ou une palombière de rouge ! 

Amnesty international a été alerté. La commissaire de l’ONU en charge des Droits de l’Homme a reçu un déluge de protestations. Comment peut-on imaginer que les Anglais, les Gallois, les Allemands, les Danois, les Belges, les Néerlandais et nos braves Français ne puissent pas se « pinter » avant dans un pays où la fraîcheur artificielle ne sera que dans les stades. Tous avaient mis sur drapeau sur les esclaves modernes morts à la tache. Ils n’avaient rien à cirer des droits des femmes ou des homosexuels mais qu’on les prive de faire leurs affaires à demis constitue une brèche dans les Droits du supporter et des fans.

Pourtant cette terrible injonction avait été âprement discutée. Si les autres sujets n’avaient pas donné lieu à des affrontements entre la Fifa et les Qataris, celui de la consommation d’alcool avait été parfaitement négociée. Il est vrai que parmi les sponsors de la Coupe du Monde figure la marque Budweiser qui souhaitait se faire mousser ! Sans que ce soit confirmé officiellement les spectateurs munis d’un ticket seraient autorisé à acheter de l’alcool autour des enceintes sportives. Il avait été admis cependant qu’il serait interdit d’en consommer pendant les matchs, à l’intérieur des stades climatisés.

la Fifa, qui explique dans un communiqué qu’il a in extremis a décidé de « supprimer les points de vente de bière des périmètres des stades » et de « concentrer la vente de boissons alcoolisées » dans les fan-zones et les établissements autorisés, « à la suite de discussions entre les autorités du pays hôte et la Fifa ». Aucune explication n’a toutefois été donnée. Budweiser a estimé que les restrictions sur la vente d’alcool à proximité des stades annoncées vendredi par les organisateurs au Qatar étaient « en dehors de (son) contrôle ». Selon le principe bien connu ; le malheur du braseur procure un grand bonheur à un autre annonceur. Le Coca va couler à flots !

À deux jours de l’ouverture de la Coupe du monde l’effet boycott bien ancré en France va s’accentuer surtout dans les régions où la bière a une dimension festive. Interrogés par BVA pour RTL et Orange, 55 % des Français se disaient déjà mécontents qu’elle se passe au Qatar (+3 points par rapport à septembre), 42 % des Français et 23 % des amateurs de foot assurent qu’ils ne regarderont aucun match de la compétition. Ils pourront désormais manifester leur hostilité en se sifflant un pack devant leur télé avec la bonne conscience de défier le Qatar ! L’excuse a tout son sens.

Cette Coupe ne sera pas champagne. Ça s’est acquis. Des stades vides ou peuplés de figurants. Des équipes qui arrivent sur les rotules. Des scandales qui rodent partout et sur tout. Et désormais l’impossibilité de noyer le chagrin d’une défaite ou de mettre en bière une victoire. Je suis impatient de voir débuter la première compétition artificielle, exclusivement tournée vers la télé, imprégnée de considérations religieuses et sociétales, déshumanisée et reflet d’un monde rongé par la loi du profit. Bref un synthèse du foot actuel.

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15 réponses à Pas de mise en bière des victoires et des défaites

  1. christian grené dit :

    Cher Jean-Marie, préparons-nous pour les obsèques. On vient de mettre en bière le football. Je me suis laissé dire que les Qataris ont Ah! Ah! Ah! rosé ça. Bon week-end!

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ mon ami christian…
      Mes amis « christian et Christian » sont en verve aujourd’hui… !
      Continuez… On ne lâche rien… !

  2. Christian Baqué dit :

    Belle plume acérée ! J’étais depuis longtemps dégoûté par le foot business où le fric coule à flot, de plus en plus pourri, et je ne parle pas des joueurs tricheurs sur un terrain, invectivant l’arbitre… Bref, un modèle pour l’avenir de la jeunesse ! Cette fois le Qatar, c’est le pompon. Mais comme dit Macron « faut pas politiser le sport ». Sic !
    En craignant que petit à petit la finance gangrène aussi le rugby? Enfin, pour l’instant, pas de rugby dans les Emirats ni en Arabie Saoudite. Tiens pourquoi pas une coupe du monde de rugby féminin là-bas ?

    • Laure Garralaga Lataste dit :

      @ à, mon ami Christian… celui de longue date…
      Avec ton ultime/toute dernière… proposition, je fais un constat : tu n’as pas perdu ton sens de l’humour… Me voilà rassurée !

  3. J.J. dit :

    Voilà une nouvelle qui ne m’a pas étonné et m’a même bien amusé. À trompeur , trompeur et demi ! Évidemment ont fait le constat : pas de match sans bibine. Ça sera difficile à vivre.
    L’occasion de rappeler ce noble personnage russe cher aux pasticheurs( Reboux et Muller, À la manière de..) : Ivan Labibine Ossousof.
    Tous ces brasseurs(sic) de fric pseudo amateurs de sports sont aussi fréquentables que des serpents à sonnette, chacun jouant sa petite musique à prétextes nationalistes ou religieux. L’internationale de l’hypocrisie, dont les jésuites n’ont pas le monopole.

  4. Laure Garralaga Lataste dit :

    Comment ceux qui ont attribué ce spectacle mondial au Katar ont-ils pu croire que ce pays avait changé…? !
    Comme disait Sophie Daumier…
    « Vivement que ça finisse ce slow parce que j’suis au bord de l’esclandre… »

  5. facon jf dit :

    Bonjour,
    « Ah ! Le foot, le foot, le foot, le foot, il n’y a plus que ça… Le foot, le foot, le foot, le foot… La France est foutue. » Guy Bedos.
    Le foot et le fric une grande histoire d’amour ! L’État du Qatar a dépensé 220 milliards de dollars pour construire des infrastructures de classe mondiale, notamment de nouvelles routes, des transports publics, des hôtels et des installations sportives. Les matchs se dérouleront dans huit stades de haute technologie, assurant un confort maximal aux spectateurs. Le Qatar s’attend à ce que la Coupe du Monde apporte 20 milliards de dollars à son économie à court terme, et les bénéfices liés aux infrastructures devraient durer des décennies. Qu’importe un retour sur investissement aussi faible qu’ hasardeux, l’enjeu est ailleurs . « À mon avis, la réussite de la Coupe du Monde démontrera que l’industrie sportive du Qatar est une classe à part, estime la cheikha Al-Anoud bint Mana Al Hajri, directrice générale adjointe et directrice des affaires du Centre financier du Qatar. C’est une occasion unique de se placer sur la carte sportive internationale ou sur la carte commerciale et économique internationale. La Coupe du Monde n’est qu’un petit reflet d’un effort massif. Et je suis personnellement convaincue que ce qu’ils verront, c’est un pays qui se transforme rapidement en une capitale mondiale du développement durable. Les entreprises qui veulent changer le monde reconnaîtront que c’est l’endroit où elles seront le mieux à même de le faire. »
    L’industrie sportive voila le mot clef. La FIFA a gagné 5,4 milliards de dollars de revenus grâce à la Coupe du Monde 2018. C’est un bond de 16 % par rapport à ses revenus de l’édition 2014. Mais en tant qu’organisation à but non lucratif, la FIFA réinvestit la plupart de ses gains dans le développement du football. En 2018, 4,3 milliards de dollars ont été directement investis dans des programmes de football.
    La FIFA a généré plus de 3 milliards de dollars de revenus provenant des droits TV lors de la précédente Coupe du Monde. La popularité du football dans le monde entier a alimenté une concurrence féroce entre les diffuseurs mondiaux. FOX a remporté une guerre d’enchères avec son rival ESPN, en concluant un accord de 400 millions de dollars avec la FIFA pour les droits TV jusqu’à la Coupe du Monde de cette année.
    Toutes les dépenses en publicité et marketing autour de la Coupe du Monde vont atteindre un record cette année. Les experts affirment que Qatar 2022 a le potentiel pour offrir des expériences uniques aux marques.
    Le bilan humain est tout aussi insensé. 6 500 travailleurs étrangers auraient péri sur les chantiers, selon une enquête du Guardian.
    Ont peut toujours leur offrir une bière à la pompe funèbre.
    bon repos de fin de semaine

  6. MERCI de cette KRO -Nique
    Je n’aime pas cette coupe du monde, je n’aime pas cette négation de nos valeurs que je croyais bien plus ancrée en chacun de nous, je n’aime pas les centaines de morts et les milliers d’exploités qu’il a fallu pour les stades flamboyants, je n’aime pas cet étalage d’argent, je n’aime pas la confiscation par les plus riches d’une coupe du monde ou nos enfants sont exclus des stades, je n’aime pas ce « non-courage » je ne comprend pas que cette coupe du monde, se déroule là… un pays qui n’a fait qu’alimenter en argent les clubs de foot.

  7. MARTINE PONTOIZEAU-PUYO dit :

    beurk beurk beurk
    ça pu le foot, pire que l’eau de toilette de BEDOS
    Beurk beurk beurk

  8. facon jf dit :

    Des nouvelles de Platini ?

    Quelques jours avant l’attribution du Mondial 2022 au Qatar,  un rendez-vous a été organisé à l’Élysée par le président Nicolas Sarkozy avec Michel Platini (vice-président de la FIFA) et Tamim Al-Thani (Émir du Qatar et prince héritier au  moment des faits). La justice soupçonne que lors de ce déjeuner, révélé par So Foot et France Football en 2013, un pacte a été conclu.
    Michel Platini est en effet suspecté d’avoir accepté, en qualité de Président de l’UEFA de voter en faveur de l’attribution du Mondial au Qatar en échange de plusieurs opérations menées par l’émirat : le rachat du PSG, l’achat des droits télé de la compétition et l’entrée au capital du groupe Lagardère.

    La procédure judiciaire : En juin 2019, Michel Platini est placé en garde à vue, mais également Sophie Dion, ex-conseillère sportive de Nicolas Sarkozy et actuelle responsable de la chaire sur « l’éthique et la sécurité dans le sport » à la Sorbonne.

    L’ancien secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, est quant à lui auditionné sous le statut de « suspect libre ».

    Une instruction judiciaire a été ouverte en décembre 2019 pour corruption active, corruption passive, blanchiment et recel.

    En novembre 2019, lors d’une émission sur RTL, le président Emmanuel Macron a manifesté son admiration pour Michel Platini.

    Le 19 février 2021, Anticor s’est constituée partie civile.

    Fondement juridique de l’association : corruption active, corruption passive.

    Pourquoi ANTICOR a-t-elle décidé d’agir dans cette affaire ? Le milieu du sport, parce qu’il brasse des enjeux financiers et politiques colossaux, est très exposé aux risques de corruption. Les risques de dérives, tant individuelles que collectives, sont avérés.

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