Ce soir à minuit les chemins de campagne qu’ils soient étroits et sinueux ou larges et bien éclairés seront interdits à la circulation des idées. Enfin des idées c’est un bien grand mot pour la manière dont on été présentés les raisons de voter. En effet il faut se faire une raison : la politique n’est plus ce qu’elle était, rongée par l’indifférence, le doute, les égoïsmes et surtout gangrenée par un populisme repris en boucle médiatiquement. Plus que jamais elle tourne autour de l’irréalité avec la complicité de celles et ceux qui ont intérêt à propager sans vergogne les pires prises de position pour justement la vacuité de leurs propositions. Le combat est inégal entre une volonté de s’adresser à des citoyennes et des citoyens et celle de ne voir que des consommatrices et des consommateurs d’idées toutes faites.

D’abord, quoi que l’on vous dise, ces départementales ont été marquées par l’existence d’un mur de l’indifférence, le même que celui de 2,50 m d haut que l’on construit pour se barricader chez soin replié sur ses certitudes. Environ un tiers des électrices et des électeurs ont fait ce choix de se fermer à toute vie sociale collective, des se replier sur leurs certitudes et sur le dédain manifeste vis à vis de la cité au sens noble du terme.

Les choix urbanistiques en sont la cause essentielles et sur un canton comme celui de Créon l’étalement urbain facile a transformé l’indifférence verticale des quartiers des années 60-70 en indifférence horizontale de lotissements dont la devise républicaine devient « maison, gazon, télévision ». Il existe désormais un isolement social volontaire contre lequel bute tous les discours de proximité puisque qu’ils ne traversent jamais les « murs » virtuels ou réels bâtis avec le monde extérieur. La « citoyenneté » ne constitue pas un modèle acceptable car elle est éloignée des critères les plus répandus de la nouvelle réussite sociale évaluée aux apparences du compte en banque. La philosophie même de la politique leur est indifférente et s’il accepte parfois de donner un brin de leur temps à la vie publique c’est éphémère compte tenu du manque de rentabilité de ce type d’engagement. Demain cette France là basculera dans l’extrémisme avec le sentiment que le collectif (impôts, obligations légales, solidarité) constitue une atteinte grave à sa réussite.

Il faut ensuite rajouter une autre catégorie, celle des gens enfermés dans leur détresse personnelle causée par un aléas de la vie sociale (séparation familiale, perte d’emploi, difficultés financières, problèmes de santé…) qui retournent vers « l’autre » leurs ressentiments profonds. Ils sont totalement insensibles aux discours d’intérêt général car repliés sur leur vécu et cherchent un bouc-émissaire à leurs situations dégradées. Le Front national en a fait son terrain de chasse favori comme c’est celui de certaines sectes ou religions parallèles. On exploite la détresse avec la même méthode dans les deux cas. On assiste vraiment à un phénomène « bleu Marine » quasi-religieux que Marx aurait rangé dans « l’opium du peuple » ! La raison n’a plus sa place dans cette « catégorie » sociale car on « croit « dans les évangiles nauséeux du FN avec une forme de vénération à la grande prêtresse assez habile pour ne pas enfreindre les codes de la bonne conduite sociale. Là encore la culture républicaine citoyenne a beaucoup de mal à accrocher puisqu’il n’y a pas de place à l’objectivité ou au rationnel. Il faut savoir écouter et surtout ne jamais stigmatiser sous peine d’accentuer la dépendance et le refus de voir la vérité. Il faudra beaucoup de temps pour faire revenir sur leurs choix ces femmes et ces hommes entrés dans la secte Lepéniste. Croire que le phénomène va s’estomper c’est véritablement se tromper lourdement.

L’autre insensibilité à la citoyenneté repose sur la défiance profonde qui s’est installé à l’égard de la démocratie représentative. Les mots reviennent sans cesse : « trahisons », « promesses non tenues », « affaires », « combines », « mépris », « éloignement »… et ils constituent autan de balles contre malheureusement tous les élus ! Ce sont de véritables rafales de Klachnikov tirées vers celles et ceux avançant ne toute confiance vers ces « tueurs d’élite ». Le combat est inégal puisque c’est opposer sa sincérité, sa bonne foi, ses actes à l’armée de la généralisation outrancière. On fusille pour l’exemple ou en envoie au goulag par principe ! La purge touchera les innocents aux mains pleines de bonnes intentions mais épargnera les marchands verreux des temples politiques protégés par les gilets pare-balles des textes législatifs ou juridiques qu’ils savent exploiter .

Et au milieu de tout ça il y a les amis, les vrais, les rares, les motivés qui vous tiennent la main dans les montées escarpées, qui vous donnent l’eau fraîche de la confiance lucide, qui vous nourrissent de leur dévouement et qui savent par les mots vous ramener dans le droit chemin. Et c’est toujours dans la campagne que l’on fait les plus belles rencontres. C’est sur les sentiers les plus escarpés quand la file s’allonge derrière vous que vous reconnaissez la portée de votre engagement résolu en faveur de la citoyenneté. Notre printemps en Créonnais s’achève… un autre débute !

Jean-Marie Darmian

Une réponse

  1. claire

    Vous méritez ma confiance.
    J’ai toujours voté à droite mais là, je ne peux plus voter pour eux.
    J’ai des valeurs humaines qui sont incompatibles avec les programmes de l’ump et udi (extrême centre ultra libéral).
    Je trouve que vous avez géré le département correctement en ce qui concerne les finances et vos actions satisfaisantes.
    Je connais des personnes de villes détenues par l’ump udi qui regrettent amèrement d’avoir cru aux belles promesses de ces partis.
    Bien sûr, tout n’est pas parfait M Darmian mais je vous souhaite de gagner.

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