Il existe des dangers pour l’avenir totalement méconnus du grand public alors qu’ils constituent de vrais menaces pour l’avenir de la planète. Ainsi on se focalise médiatiquement sur les espèces (faune surtout) en voie de disparition et personne n’est véritablement informé sur les espèces invasives qui à terme causeront des dégâts considérables notamment sur le continent européen. La décision de ne plus désherber va par exemple laisse la place libre à la reproduction exponentielle de plantes venues d’ailleurs. Il faudrait de grandes campagnes avec autant de financement que pour la protection des animaux en faveur de la lutte organisée contre ces les « envahisseurs ». Introduite dans un espace, la plante doit par exemple franchir un certain nombre d’obstacles pour y parvenir et rien ne laisse présager que son implantation.
C’est par exemple le cas de l’ambroisie, une plante sauvage qui normalement n’aurait pu franchir la barrière qu’est l’océan puisque ce végétal est originaire d’Amérique. Or elle risque d’envahir l’Europe à échéance 2050 provoquant de rudes allergies en tous genres. C’est une plante annuelle introduite avec des semences de trèfle vers 1863. En 150 ans, elle s’est fortement développée surtout dans la vallée du Rhône, mais aussi dans l’Allier, la vallée de la Loire et maintenant elle est arivée en Gironde en même temps dans un autre registre que le moustique tigre ou le frelon asiatique. Le pourcentage de personnes allergiques s’élève de 6 à 12% mais il pourrait augmenter pour atteindre 25% comme en Hongrie. Elle progresse partout et rien ne eut l’arrêter à part l’arrachage ou la plantation d’espèces végétales qui l’étouffent.
On trouve aussi parmi les ennemis potentiellement dangereux la Berce du Caucase qui s’élève à 3-4 mètres de haut. Introduite comme plante ornementale, c’est une plante mellifère c’est-à-dire bonne pour les abeilles. Cependant son pullulement affecte la santé humaine. Ses composés photosensibles en combinaison avec le rayonnement ultraviolet entraînent des affections de la peau.
Le Datura appelée selon les cas l’herbe du diable, l’herbe des sorciers, la trompette de la mort est une plante très toxique originaire d’Amérique qui affecte la qualité sanitaire des récoltes. C’est un vrai poison. On peut la retrouver dans les cultures semées au printemps (maïs, tournesol), dans les cultures pérennes (vignes, vergers), friches et bords de routes. Il peut arriver que le consommateur en retrouve dans des boîtes de haricots provoquant ainsi des intoxications. Via les tourteaux, il est également toxique pour les animaux. Le Datura pose de gros problèmes agronomiques : il se rapproche du tournesol. Avec sa racine pivotante, bien ancrée dans le sol, il résiste aux conditions sèches. Il peut aller de 30 cm à 2 mètres de haut. Ces trois cas ne sont pas traités à la hauteur des enjeux et aucune véritable décision n’est prise pour entamer une éradication à grande échelle. Il arrive qu’il y ait des causes engageant des responsabilités directes de corps de métier spécifiques. Ainsi l’introduction des semences de céréales, se sont développées certaines plantes (coquelicots, bleuets…). De même, des graines peuvent transiter avec des marchandises comme le Séneçon du cap qui a profité des déchets de laine de l’industrie textile au 18e et 20e siècle pour s’installer dans toute la France avec un impact notable sur la biodiversité. Il existe aussi des introductions volontaires catastrophiques mais impunies. Comme des plantes ornementales qui représentent 40% des introductions (jardins de particuliers, collectivités avec les ronds-points notamment…). Et de l’aquariophilie lorsque le contenu de l’aquarium est jeté dans le milieu naturel !
Au final, les plantes invasives coûtent environ 12 milliards d’euros par an à l’échelle de l’Union Européenne. L’arrachage de la Jussie qui est une plante aquatique très dense coûte des milliers d’euros par an en gironde et c’est encore très insuffisant. Les propriétaires qui ignorent tout des dangers encourus pour la biodiversité ne s’attaquent pas à cette expansion constante.
Tous les pays sont touchés par les espèces envahissantes, et la France n’est pas épargnée. Selon la Société Nationale de Protection de la Nature (SNPN), d’autres plantes introduites en France se sont développées au point de supplanter par endroit la flore locale : les renouées, la myriophylle du Brésil, l’élodée du Canada, la caulerpe, la balsamine de l’Himalaya, l’érable negundo, le sénéçon du Cap, l’ailante… mais aucun plan national véritable n’a été lancé.
Que dire de espèces animales encore plus dangereuses et encore plus variées comme la perche soleil, poisson-chat, silure glane, grenouilles taureau et rieuse, xénope, écrevisses américaines, capricorne asiatique, tortue de Floride, tortue apeuse, ibis sacré, érismature rousse, ragondin, rat musqué, vison d’Amérique… chaque jour le problème s’accroît sans véritable réponse globale ! l’immigration humaine est bien plus combattue que celle des plantes et des animaux.

Une réponse

  1. J.J.

    Le milieu joue énormément dans le développement de certaines plantes qui, anodines ici, se révèlent redoutable dans d’autres conditions.

    Nous ne sommes d’ailleurs pas en reste pour « offrir » aux autres pays quelques plantes qui se révèlent des pestes végétales : des canadiens ont importé, pour l’utiliser comme ornementale la salicaire, qui, comme le saule, (salix, qui nous a fourni l’acide salicylique, plus connu sous le nom d’aspirine) pousse dans les milieux humides.

    Chez nous c’est une jolie plante sauvage à fleurs roses, complètement anodine.
    Importée au canada, dans un milieu différent, elle se comporte en invasive, étouffant la végétation et comme aucun animal ne prend plaisir à la brouter, elle est devenue incontrôlable, un peu comme la jussie en France.

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