L’été c’est vraiment la saison des amours ! Enfin celle de ceux qui durent souvent jusqu’à la rentrée et ses contraintes de l’éloignement. Tous les sites spécialisés en juillet et août tournent à plein régime pour persuader les célibataires que l’âme sœur ou au moins celle ou celui qui partagerait un corps à corps est proche. La course au Pokémon repose d’ailleurs sur exactement le même principe et on voit des femmes et des hommes plus ou moins jeunes aller vers la rencontre fatale le regard fixé sur leur téléphone mobile. Le mode d’emploi est quasiment le même puisque les trouvailles les plus enviables sont les plus rares. Le besoin de rencontre augmente dans une société où paradoxalement on considère que l’individualisme triomphe. Le climat d’angoisse collective favorise ce développement du partage des difficultés qui tend à rassurer.
Les études (oui il y a des études sur ce sujet) parle de 15 % des Françaises ou des Français ayant recours à ces sites spécialisés. Elle reconnaît, en outre, que l’utilisation pourrait encore être plus répandue. L’enquête n’a pas pris en effet en compte les jeunes de 18 à 25 ans, alors qu’ils sont parmi les plus gros consommateurs des sites de rencontres. Drôle de société que celle qui a besoin d’intermédiaires techniques pour mettre en relation ces adultes naissants… certes les surprises-parties, les bals sous chapiteaux, les soirées karaoké des campings sont passés de mode mais séduire via internet n’est vraiment pas le meilleur moyen de trouver le chemin de l’amour. Il est vrai que des millions de téléspectateurs se régalent des déboires ou des audaces des séducteurs des campagnes sur M6 laissant ainsi accroire que le hasard doit être organisé pour faire son effet. En été il n’y aurait plus la place pour les coups de cœur… conduisant à la pratique de l’art de la séduction. Il faut des entremetteurs virtuels ou des entremetteuses anonymes pour que ce qui n’est absolument plus l’alchimie des cœurs ou le miracle de l’amour !
Le slow a perdu de son intérêt alors qu’il était l’arme fatale des années 60-70 avec des tubes enjôleurs ressassés par des chanteurs(euses) d’orchestres suivis par leurs fans d’une fête locale à l’autre. Mort le tour de la salle champêtre masculin pour tenter d’arracher à la copine plus âgées, à la mère cerbère ou à la grand-mère un consentement à se trémousser langoureusement sur un plancher disjoint. Le quart d’heure des dames ou l’extinction des feux qui ravivaient l’amour ne sont plus attendus avec impatience par celles et ceux qui espéraient obtenir un baiser complice ou une étreinte émoustillante. Plus rien de tout cela puisque le recrutement s’effectue sur CV anonyme et sur détails réputés sincères des goûts et des loisirs à partager. Le bal n’est plus réservé qu’aux veuves joyeuses ou aux nostalgiques de la valse viennoise. ils sont remplacés par des soirées « meetic » (ou supposées mythiques) !
L’amour dans le pré, le foin, sur la paille, sur le sable, la mousse des bois, derrière l’église ou sur la banquette inconfortable des 2 chevaux relève actuellement du fantasme rétro. En été il est vrai que les tabous ont tendance à tomber ce qui peut conduire à des exploits éphémères en des lieux extraordinaires. La libération apparente de la sexualité n’a pas nécessairement d’effets estivaux mesurables. Les premières amours naissent plus facilement en été qu’au printemps mais l’on prétend que les plus durables sont ceux de l’hiver ! En ces temps douloureux où l’insouciance est devenue une denrée rare impossible à dénicher, les nuits étoilées pour serments réputés éternels deviennent de véritables souvenirs à ranger dans les coffres aux trésors de la vie. Elles n’inspirent plus des vers aux poètes transis par leur passion. Roméo n’ayant pas disputé l’Euro il est inconnu du séducteur basique. Tristan bien qu’il ait un prénom de chanteur n’inspire plus personne. Juliette et Yseult n’attendent plus patiemment d’obtenir un accord familial pour succomber à la tentation…La notion d’aventure amoureuse peut parfois prendre toute sa dimension pour une génération qui, malgré les affirmations officielles d’une société pudibonde n’a pas les repères nécessaires pour affronter la réalité de l’amour. D’autant que la notion d’exploit sexuel remplace souvent en été celle de la sincérité. Les romans de la série Harlequin : Tout se sait car tout se dit !
En pleine promotion du film Suicide Squad dont la sortie est prévue le 3 août au cinéma, Cara Delevingne n’a pas hésité à évoquer sa sexualité lors d’une interview accordée au magazine Love. L’actrice britannique de 23 ans a expliqué s’être envoyée en l’air avoir plusieurs fois dans un avion, non sans difficulté : « J’ai fait l’amour dans des avions de nombreuses fois. Mais, je me suis toujours fait attraper ! C’est vraiment super difficile de ne pas se faire prendre », a-t-elle affirmé. Dans le fond elle ne sait vraiment rien de la beauté des amourettes qui passaient par là et qui faisaient perdre la tête le temps d’un été et je la plains sincèrement ! C’était tellement bon !
Jean-Marie Darmian