Ce matin je suis allé chercher pour aller au marché quelques euros dans l’une des 8 agences bancaires qui se sont installées sur Créon depuis une décennie. La nouvelle m’a été annoncée par la seule personne présente : « désolé mais nous ne donnons plus de fonds au guichet. Vous avez une carte il faut vous en servir… allez au Distributeur Automatique de Billets. » Sauf que ma carte je la paie et que je règle également mes frais bancaires et que bientôt ces sommes iront uniquement financer l’automatisation de l’institution bancaire qui récupère chaque fois des fond sur mes transactions de consommateur ordinaire. Le problème c’est qu’il existe désormais… 8 DAB et je me suis renseigné moins de personnel globalement au même niveau dans les lieux où ils sont installés. Certes ces « robots » me permettent samedi, dimanche, nuit et jour, d’accéder à mon compte ce que je peux également aller faire depuis mon ordinateur… Alors c’est vrai il y a les spécialistes de transports de fonds qui ravitaillent les distributeurs mais ils interviennent sur un secteur extrêmement large en prestataires de services. L’impact communal en terme de retombées est extrêmement réduit sauf que ce service extrêmement diversifié constitue une « commodité » mais qui est payante et qui ne cesse de l’être de plus en plus ! Or la participation de ce type d’installations à la solidarité nationale est quasiment inexistante !

Dans la journée il me fallait amener ma voiture à la révision de garantie. Discussion en attendant que l’ordinateur vérifie l’ensemble des équipements sou le regard avisé d’un mécanicien avec le responsable du garage. Il me vante la réussite d’une filiale de Renault en me disant que le succès vient du fait que ces véhicules complètent la gamme. Ils viennent de pays dans lesquels me dit-il « le coût de la main d’œuvre  est beaucoup plus bas que chez nous . Il a été facile de construire des usines neuves avec la robotisation et ne pas avoir de plans sociaux pour réduire le nombre d’ouvriers. Alors que chez nous… c’est impossible ». On en arrive à envisager que bientôt on pourra donc construire une automobile de manière quasiment automatisée avec une télésurveillance ! En France la résistance se traduit par la délocalisation ou par des plans sociaux payés par la puissance publique. Or à aucun moment la robotisation qui augmente ne participe aux dépenses sociales qu’elle génère au nom du fait que la compétitivité nécessite le moins d’humain possible dans l’industrie à tous les niveaux.

En fin de journée je lis que les premiers mini-bus sans chauffeur circulent à paris quand les métro le fond déjà depuis des années. Demain le taxi ne sera plus Ubérisé mais automatisé et le problème de la rémunération du chauffeurs era réglé. La start-up toulousaine Easy Mile poursuit les tests de ses véhicules autonomes EZ10 que la RATP expérimente entre les gares de Lyon et d’Austerlitz. Le EZ10 est le premier véhicule électrique sans chauffeur au monde. Dédié au transport dans les campus, centre-ville, business park ou encore aéroports, il est capable de transporter jusqu’à 12 passagers, à une vitesse maximale de 10 km/h. Ce véhicule n’a besoin d’aucun système électrique au sol car il suit une ligne virtuelle préalablement établie. Le minibus est équipé de capteurs et lasers lui permettant non seulement de suivre une trajectoire et de connaître sa position mais aussi d’être capable de s’adapter aux interactions extérieures. Déjà en circulation en Australie, au Japon, en Norvège, et aux États-Unis, deux véhicules viennent d’être lancés à Paris et font le lien entre les stations de transports en commun et la destination finale, ce projet vise, à terme, une baisse de l’utilisation des véhicules personnels… qui font vivre des milliers de personnes. Pas de cotisation sociale, pas de valeur ajoutée, pas de cotisations retraite… et il faudra expliquer quelle contribution (en dehors de celle de l’environnement) à la vie collective apportera dans une dizaine d’années cette nouvelle modalité de déplacement qui va vite s’étendre à des itinéraires plus longs.

Sur une seule journée il est possible de vérifier que l’idée d’une participation de la robotisation diversifiée à l’effort collectif de solidarité humaine. Il ne s’agit pas d’empêcher la progrès (l’intelligence artificielle va singulièrement bouleverser le monde) mais simplement de considérer qu’il existe des évolutions qui doivent être anticipées. On ne peut pas se contenter d’incantations à « l’usine nouvelle » tout en prêchant la formation professionnelle par l’apprentissage… Tôt ou tard il faudra envisager une conférence avec les partenaires sociaux sur ce sujet !

11 Réponses

  1. bernadette

    L’augmentation des frais bancaires est innovants.
    Nous sommes obliges de mettre notre argent dans ces instutions bancaires parce Que ces institutions operent a faire travailler notre argent. La loi SEPA en revele le contenu.
    La modernisation est un fiasco, l’automatisation a ete reclamee par des groupes politiques dont je ne connais pas vraiment leur identite.

    Sur ce bonne journee M. Darmian dans la froidure de l’hiver

    Répondre
  2. faconjf

    Bonjour,
    C’est avoir tort que d’avoir raison trop tôt.Marguerite Yourcenar Mémoires d’Hadrien (1951) . Ainsi va la vie, François Hollande a déclaré que les robots étaient « nécessaires » à l’économie, s’immisçant à demi-mot dans le débat sur la taxe proposée par Benoît Hamon.
    Pourtant TOUT le monde constate l’évaporation du travail et ce mal ronge l’ensemble des économies.
    Qui profite de cette avancée technologique ? La condition humaine tout d’abord qui voit disparaitre ces travaux dangereux, insalubres, répétitifs, dégradants et abêtissants.
    « Il n’y a pas de possibilité de développement s’il n’y a pas d’innovation, s’il n’y a pas d’investissements », martèle le président sortant. « Il est pour nous très important que les entreprises puissent investir avec des machines, avec des robots, avec ce que l’on appelle l’industrie du futur. » Si « les machines sont nécessaires », a-t-il cependant observé, il « faut aussi avoir des personnels pour les servir, des personnels qualifiés ». Le cadre est posé les robots sont notre avenir dessiné en creux par les fameux investisseurs … SI, si rappelez vous « mon véritable adversaire c’est… » Notre futur président commet alors un « lapsus linguae » (expression latine signifiant « erreur de langage »). En fait il voulait dire « mon allié  » va détruire notre vieux monde et le remplacer avec les subsides de l’état en un cauchemar pour les naufragés de la robotique… Le nouveau monde monstrueux que les Banksters prévoient pour nous avec d’un coté les nantis et de l’autre les crevards assistés. Entre les deux une classe moyenne paupérisée constituée des concepteurs-piloteurs de robots et de loufiats au service du bien être et de la protection des nantis. Une simple paire de ciseaux à découper les cartes de crédit suffira aux banksters pour rejeter définitivement les déviants dans la classe des crevards.
    Un beau scénario d’un horrible film de science fiction !! Pourtant les premiers symptômes sont déjà perceptibles dans ce nouveau monde de tapez 1, tapez 2… Les naufragés de la carte en plastique, aux noms aussi ronflants que onéreux, implorant en échange de quelques billets l’accès à la pompe à essence. Les exclus de l’internet cherchant désespérément une bonne âme pour les secourir dans le dédale des services « publics » ou non. Ils sont déjà présents les « inadaptés » de l’informatique rejetés du monde du travail, du monde social et bientôt de l’accès à la santé.
    Alors, toutes ces pythies qui se répandent dans la prestituée pour vouer aux gémonies les porteurs de projets de taxe sur les robots, peuvent ils nous garantir un avenir lumineux éclairé par des robots? Les taxes sur les robots règlent elles cette question de l’évaporation du travail ? La main-mise des banksters sur NOS vies sera-t-elle remise en question?
    « …Ainsi, la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle…. » Concluait un certain futur président au Bourget Texte intégral : http://tempsreel.nouvelobs.com/sources-brutes/20120122.OBS9488/l-integralite-du-discours-de-francois-hollande-au-bourget.html
    Salutations républicaines

    Répondre
    • Caillaud

      Peut-être alors faudrait-il reconsidérer l’usage de la taxe professionnelle, basée sur les actifs de l’entreprise pour compenser la baisse des impôts sur les revenus?

      Répondre
  3. Vanmeulebroucke Guy

    Bonjour cher JMD,

    Certes tu as raison sur la forme et beaucoup de citoyens le pense aussi,mais,faudrait-il pour autant retourner à la charrette à bras,à la poulie à corde,au taylorisme abrutissant etc…etc….

    Sur le fond, la Création,la relocalisation d’entreprises,le développement économique,l’amélioration des conditions de travail et surtout la création d’emplois qualifiés directs et induits par la robotisation-automatisation est non seulement un plus mais une nécessité par rapport à la féroce concurrence internationale….

    Ne rejetons pas tout ce qui peut contribuer à créer et améliorer la production et l’emploi avec c’est vrai,les avantages et inconvénients des techniques évolutives….
    Cordiales salutations.

    Montebourg soutient la robotique : pourquoi les robots ne détruisent …
    leplus.nouvelobs.com/…/804229-plan-de-montebourg-pour-la-robotique…
    22 mars 2013 – Les Français, qui figurent parmi les plus hostiles à la robotisation, ont-ils tort … Depuis les débuts de la révolution industrielle, l’automatisation a … L’Allemagne s’est équipée de six fois plus de robots que la France sur la …

    L’impact de la robotique sur l’emploi | re.sources
    resources.grouperandstad.fr/5-graphiques-pour-comprendre-limpact-de-l…
    30 juin 2015 – Le robot n’est pas l’ennemi de l’emploi », a déclaré le ministre de … comparé à ses voisins européens, notamment l’Allemagne qui en compte près de 300. … 42% des métiers présentent une probabilité d’automatisation forte, …

    Dans les usines chinoises, les robots roulent des mécaniques …
    http://www.liberation.fr/…/dans-les-usines-chinoises-les-robots-roulent-des-me...
    19 déc. 2016 – Dans les usines chinoises, les robots roulent des mécaniques … au 1/10e pour les plus grandes) que May Cheong a racheté en 2006, le sauvant de la faillite. … par le groupe chinois d’électroménager Midea sur les robots allemands Kuka. … Dans ce nouveau contexte, pour augmenter leur productivité, …

    Répondre
    • faconjf

      Je pense très sincèrement que les richissimes propriétaires des médias ne souhaitent pas que l’on critique la robotisation. Les chiens de garde habituels de leurs bons maîtres entonnent tous en cœur la rengaine du miracle de la robotique qui va créer des millions d’emplois. La réalité est différente, ainsi le cabinet américain Forrester anticipe, pour le marché de l’emploi des Etats-Unis, une disparition nette de 7% des jobs d’ici 2025 imputable à l’automatisation. D’après Forrester, l’automatisation entraînera, aux Etats-Unis, la disparition de 16% des emplois (22,7 millions) quand, de l’autre côté de la balance, la création des robots, des logiciels et la maintenance engendreront 9% de nouveaux postes (13,6 millions). Soit, au final, une perte nette d’emploi de 7% (9,1 millions) imputable aux robots d’ici 2025. François Lenglet en bon chien de garde argumente son propos en déclarant que les pays qui ont le plus de robots sont ceux qui ont le moins de chômeurs.Un petit raccourci abusif de langage car il oublie d’indiquer que l’emploi précaire au Japon est passé de 17.6% en 1987 à 33.2% en 2007 et à plus de 40% en 2015. Le schéma idéal de F. Lenglet plein de robots et plein de salariés précaires cachant tel un string le taux idillique du chômage 3.1% au Japon… Les approximations des chiens de garde ne sont pas un problème du moment que leur gamelle est pleine.

      Répondre
  4. bernadette

    C’est notre economie dopee par l’Euro qui cafouille.
    Wirpool (entreprise americaine) delocalise en Pologne.
    C’est l’Euro qui emmerde tout le monde. Sur le sujet Marine a raison, melenchon a disparu
    du front de gauche. Il n’y a plus personne pour produire a part des chaines d’assemblage.

    Répondre
  5. LAVIGNE Maria

    Comme vous, je constate chaque jour, que la machine remplace l’homme. Au super marché, je refuse de passer aux caisses automatiques espérant repousser l’échéance sans doute fatale où plus personne ne sera là pour encaisser. Pour le carburant c’est déjà le cas depuis longtemps, pour la banque n’en parlons pas, pour le service des impôts, nous prenions un ticket mais maintenant il faudra prendre rendez-vous. Alors j’aimerais que l’on m’explique où sont les nouveaux emplois ? Il y a quelques années, notre député avait fait campagne en nous expliquant que l’Europe allait créer des emplois, que le principe de subsidiarité allait permettre aux pays qui étaient moins bien lotis que nous, allaient petit à petit nous rejoindre. Que reste t’il de ces affirmations, rien, toujours plus de précarité et il nous faut nous baisser pour être à leur niveau, par contre la finance, elle, caracole. Il est vrai qu’après Barroso, nous avons eu droit à JUNKER, celui qui , organisait la fraude fiscale dans son propre pays. Un bon chrétien sans doute ! Je suis indignée !!!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.