L’élection présidentielle s’enlise lentement mais sûrement dans une fange politique ressemblant étrangement à ces marécages d’où remontent souvent de manière imprévue vers la surface des gaz viciés issus d’une putréfaction du fond. Il va devenir difficile voire impossible de débattre, de confronter, de comparer des programmes entre ceux qui n’en ont pas, celle qui ose tout sans se soucier de la moindre véracité, ceux qui en ont un mais que l’on soupçonne de ne pas être fiable. Le seul parfum nauséabond des scandales alimente une campagne qui ne peut pas exister dans un tel contexte. Dans le fond les meilleurs moments ont eu lieu durant les primaires de la droite dure et de la gauche désemparée avec seulement des différences claires sur des propositions politiques révélatrices de leur manière d’aborder les difficultés du pays. Depuis plus rien ou presque car tout est étouffé par les arguties juridiques, la communication outrancière et des faits affligeants relevant des faits divers révélateurs de la société du fric roi !

Il devient urgent pour cette dernière que s’organise un vrai retour vers cette citoyenneté encore légèrement vivante afin de lancer une autre vision de l’action politique. La chance de Benoît Hamon, dans ce marigot dangereux, c’est de posséder un réseau actif d’élus locaux pouvant illustrer sur le terrain de manière concrète les valeurs qu’il porte. Son score reposera sur le retour d’une confiance dans une partie de cette gauche qui depuis 5 ans a continué à œuvrer librement et concrètement à la concrétisation des valeurs républicaines qui sont les siennes. Cette fracture qui a été réelle entre la politique nationale reflétée par le prisme médiatique déformant et celle locale conduite quotidiennement par des gens éloignés de ces décisions est à résorber au plus vite. La victoire ne sera possible si justement les élus locaux solides, ancrés sur des territoires se décident à mouiller solidairement la chemise.

Le danger c’est que nombre d’entre eux sont contaminés par les porteurs du virus parisien et ont décidé de rentrer dans leur coquille (ils appellent ça le droit de retrait) afin de ne pas mécontenter leurs mentors. Ce système seigneurial du suzerain et des vassaux a toujours existé mais il prend semble-t-il une importance accrue dans un contexte où il faudrait au contraire oser la liberté comme ce fut le cas lors de la « bagarre » contre le traité constitutionnel européen. On sent confusément une certaine inertie à gauche entre ceux qui boudent après une défaite, ceux qui jouent la catastrophe et ceux qui préfèrent le loto présidentiel en misant leur avenir sur un candidat leur offrant une nouvelle image. Il ne reste que quelques jours pour relancer et mettre en forme l’esprit de conquête qui a plané sur les primaires. Difficile quand les « références » nationales, régionales ou départementales attendent l’arme au pied au prétexte qu’ils auraient été désavoués.

Benoît Hamon a conquis sa légitimité contre les appareils en place. C’est un atout mais ce peut-être aussi un handicap car il lui faudra en de nombreux endroits mettre en place laborieusement une organisation parallèle dans une campagne très courte. Le nombre de jeunes venus voter en sa faveur aux primaires était un gage de dynamisme potentiel. Encore faudra-t-il vite les impliquer dans la campagne. Entre les deux tours sur le bureau de vote de Créon il y avait une bonne centaine de votants qui ne sont pas revenus : les plus âgés en grande majorité légitimistes qui ont refusé leur soutien. Mais plus de 180 moins de 35 ans se sont présentés aux urnes, sortis de leur anonymat, pour se redonner espoir en une nouvelle vision de la gauche socialiste. Ils sont des dizaines de milliers en France à attendre… la suite ! C’est uniquement en les mobilisant dans les quinze jours qui viennent quel que soit le sort que la justice réserve à Ulysse Fillon ou à fifille Le Pen que la remontée sera possible vers les sommets des sondages ! Les feuilletons politico-judiciaires sont des aubaines pour eux car on ne parle plus du tout des propositions catastrophiques de l’un et de l’autre. Cette campagne sera beaucoup plus difficile que celle qui a précédé !

Exit le saccage fillonesque des services publics avec une privatisation sous-jacente outrancière de tous les secteurs de la vie solidaire et sociale ! Exit le soutien contre les avancées sociétales des forces extrémistes les plus réactionnaires du pays ! Exit le chiffrage démentiel du programme lepéniste de 144 propositions qui atteint près de 100 milliards non financés ! Exit les conséquences de diatribes d’une autre époque qui plongerait le pays dans la plus grande insécurité et un climat que personne ne souhaite revoir ! Le brouillard est tombé sur le marécage et il va falloir un sacré dynamisme pour pour éclairer la campagne environnante. Le temps presse car les tergiversations de la fin 2016 risquent de se payer lourdement !

5 Réponses

  1. Baillet Gilles

    La question des traités devrait être au cœur de la campagne. Ce n’est pas en l’esquivant et en la minimisant que les choses avanceront.
    Actuellement, je vois des appels circuler demandant « l’union avec un accord à minima » qui laisse croire que l’on va mettre de côté les questions qui fâchent et en premier lieu, la position de la France par rapport à l’Allemagne et à la façon dont est gérée l’Union. Que ferons-nous si l’Allemagne comme c’est prévisible s’oppose aux futures exigences d’un gouvernement socialiste « ressourcé « : on se couche cyniquement comme d’hab ou on soumet l’Union européenne à un choc révolutionnaire?
    C’est pour cela qu’il faut envisager dès maintenant un scénario de retrait de l’Euro avec les pays du sud de l’Europe qui n’en peuvent plus d’être obligés de monter le col de l’économie avec des braqués beaucoup trop gros. Si l’on veut mettre en application une politique généreuse et de relance, il nous faudra regagner notre souveraineté monétaire.
    Ce n’est absolument pas la même finalité du FN !!! Je réponds par avance aux remarques malveillantes….

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    • LEON

      Oui, comment envisager de « négocier » un « traité social européen », si on n’a pas d’abord mis en cause les traités qui nous étranglent ? Impossible !
      Et il y a aussi la 6e République. En parler est une chose, écrire qu’on va amender d’importance la Constitution de la 5e ne colle pas avec ce qu est dit. Les mots ont un sens qu’il ne faut pas leur ôter. Le mensonge du Bourget s’est accompagné par la suite trop systématiquement de ce jeu sur les mots maquillant la réalité de ce qui était fait. Mensonge et habillages flatteur ne feront plus recette. Chat échaudé etc…

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  2. CADEREAU Josette

    Attention à ne pas recommencer à centraliser les actions depuis le haut mais il est nécessaire de faire en sorte de nous donner des éléments concrets sur le social à fin de répondre du bien fondé de notre programme et de ses retombés pour le redressement du bien vivre pour les plus démunis. En gironde on vois bien que la fédération freine en disant qu’il nous faut attendre les décisions de Paris il me semble que notre candidat doit accélérer le lancement de la campagne si non nous n’aurons aucune chance d’être en bonne position

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    • bernadette

      Bonsoir Madame,

      Je me permets d’intervenir pour vous informer que 8 milliards d’euros ont été
      donnés aux pays de l’union
      europeenne. Il me semble
      qu’il serait bien de sortir de
      cette union qui appauvrit des
      tas de gens innocents.

      Bien cordialement

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