Mais pourquoi François Fillon a-t-il bien pu aller déjeuner avec Nicolas Sarkozy ? On se le demande…car durant les primaires c’était plutôt la soupe impopulaire à la grimace. On dit même que le gars qui pose sur les photos aux cotés de Pénélope, avait embauché un goûteur par peur d’être empoisonné par le Borgia de Neuilly. Là il ne risquait rien puisque le cuisinier est un fonctionnaire payé avec les sommes allouées par les contribuables à un ex-chef d’État en détresse pours s’occuper de ses casseroles. Une sorte de revenu universel d’existence. Il savait que les locaux étaient aussi sécurisés et vérifiés afin d’être à l’abri des oreilles indiscrètes pouvant renseigner un palmipède déchaîné. Le tête à tête a donc eu une saveur particulière comme peut l’être celui d’un lendemain de Saint Valentin où l’on se refait des promesses torrides. Imaginez un peu que le dialogue a été parsemé de mots doux et de preuves d’amour désintéressées qui ne doivent surtout pas tomber dans des oreilles non averties. Il fallait avoir vraiment un indic dans la place pour connaître le dessous de cette rencontre. Et je l’avais ! Je suis donc en mesure de vous révéler que le menu avait été soigneusement établi par leurs états-majors respectifs.

Bien évidemment il a fallu une longue négociation sur la composition du menu afin qu’aucun des deux ne reparte avec des aigreurs d’estomac. Pas question par exemple d’apéritif en commun ou d’amuse-gueules qui auraient pu prêter à interprétation. Travailler pour des cacahuètes ne correspondant pas nécessairement à leurs préférences surtout en l’accompagnant d’un « jaune » pouvant être interprété comme une suspicion de trahison, on avait renoncé au coté populaire de l’entrée en matière. Le jus de tomate aurait été trop rouge ! Les cornichons ou autres légumes à l’aigre-doux étaient envisageables mais ils auraient pu donner une mauvaise tonalité à la rencontre surtout que depuis belle lurette Nicolas considère que François est un pisse-vinaigre !

Il y avait bien la solution des bretzels qui leur aurait permis d’entrée d’évoquer leur amie commune Angela. On y a renoncé car il paraît qu’elle devient trop prudente avec ses amis un peu encombrants au moment où elle doit à son tour entrer en campagne. Pas de toasts au foie gras évidemment à cause du risque de prise en grippe aviaire réciproque! Pas de champagne car ce n’est pas leur genre puisque ni l’un ni l’autre ne veulent coincer la bulle! Alors on a simplement bu un jus d’oranges pour se préserver un mauvais moment pour la… Santé ! Pas de soupe à la grimace pour plomber l’ambiance ! On est entré de suite dans le menu.

L’entrée ne posait pas en effet aucun problème : « mousse d ‘avocats sur panier de crabes » s’imposait! Tous deux adorent ce plat qui leur évite des jugements défavorables de leurs cuisines électorales. Leurs « salades habituelles » habillaient cette préparation que les deux convives ont avalé de bon cœur. Mon informateur m’a précisé que les « œufs brouillés en cocotte », le « pâté de campagne », les « rillettes du Mans » ou un mélange avec de « la feta Pénélope » ont été dédaignées par les préparateurs de l’entrevue. Ils ont bu un demi-verre de blanc à moitié plein ou à moitié vide selon le convive, tiré des meilleurs crus des caves Nicolas ! « Il faut que tu ailles jusqu’au bout a prôné Sarkozy… car tu es le seul qui puisse m’empêcher, si tu es élu, de manger chaud ! Tu es cramé mais tu ne cèdes pas car autrement ils vont te bouffer… Tu vois bien que j’ai été copieusement assaisonné, je suis toujours dans la course. La preuve… tu viens me voir ! Par contre il faut que tu mettes un peu d’eau dans ton vin en te mettant Baroin dans ton handy-bag ».

Au moment du plat de résistance ils eurent un haut le corps en voyant débarquer un poulet ! Fut il de Bresse ils n’avaient pas envisagé de le voir installé devant eux, au moment où ils se mettaient à table ! Un mauvais signe ! Eux avaient plutôt imaginé un canard façon « laquais » auquel ils étaient habitués durant leur quinquennat commun. «  Qui a choisi ça ? » a lancé François Fillon qui y a vu une provocation de son hôte ! « Tu sais bien que les poulets je n’ai pas envie d’en voir en ce moment ! » Sauf que la réplique a fusé illico : « J’ai cru bien faire pour te préparer ! Il y a eu la poule au pot… Tu devrais lancer un slogan sur la sécurité : mettez un poulet chez vous chaque jour! Tu n’hésites pas va manger le plus possible dans l’écuelle des Le Pen quelques croquettes faciles». Pour atténuer le mauvais effet de cette option en plat de résistance le chef avait accompagné le volatile rôti d’une sauce « aux pruneaux salés et aux amendes amères ». Nicolas était certain de son coup et il a simplement gardé à vue son invité très abattu pas ce signe du destin en lui proposant de se remonter le moral avec une bouteille de rouge « château de Bellevue » envoyée de Sauveterre en Bordelais par son ami !

Inutile d’en faire un fromage s’est-on ensuite dit en commun. On est donc passé directement au dessert ! Là c’était plus facile : un « financier » pour l’ex-président et une « religieuse » pour son ex-Premier Ministre qu’il a mangé d’abord par la tête de peur que Frigide Barjot soit informé d’une entorse possible à la décence. Il a ensuite décliné un « verveine du Velay » façon Wauquiez et a fait semblant de ne pas entendre la proposition d’un « saké » offert par Chirac. On a décidé de se revoir… à treize car au moins on peut espérer découvrir Judas !

7 Réponses

  1. J.J.

    Excellent ce menu !
    Et comme titrait hier notre cher et précieux Canard : « les chefs cuisiniers n’ont même pas eu besoin d’apporter leurs casseroles ! »

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  2. Christian COULAIS

    Enfin un article de fond ! Un peu d’humour dans notre monde de brutes…
    Il ne reste plus qu’à écrire les dialogues et trouver un metteur en scène, car il y matière pour cet excellent déjeuner de cons !

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  3. LAVIGNE Maria

    Ne manquait plus que les petits pois ! Il est vrai qu’il faut attendre le printemps !
    Belle journée à tous

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  4. LEON

    C’est finement cuisiné, et on est loin de la « ..sobriété heureuse »… Ce serait digne d’une publication dans le Canard, qui est peut-être enchaîné, mais pas nécessairement à l’orange, et qui se débrouille contre vents et marées de mériter le « prix citron »…

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  5. J.J.

    Ne manquait plus que les petits pois !

    Avec de tels convives, certainement pas de petits pois, car, comme tout le monde le sait, les petits pois sont rouges !

    Avec toutes mes excuses….

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  6. J.J.

    Ne manquait plus que les petits pois !

    Avec de tels convives, certainement pas de petits pois, car, comme tout le monde le sait, les petits pois sont rouges !

    Avec toutes mes excuses….

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