Il faut bien avouer que la lecture des profils Facebook des candidats de tous bords aux législatives ressemblent à une compilation des meilleurs moments des comiques exploitant les travers du monde politique. On y trouve des perles rares de mauvaise foi évidente. Il est impossible de ne pas y dénicher des déclarations d’anthologie. On y trouve aussi du désarroi car il y a le feu dans quelques « maisons » jusque-là réputées imprenables. Il y est aisé de comprendre que l’on ne sait guère d’où viennent certains mais encore qu’ils ne savent pas vraiment où ils vont. On constate que certain(e)s suivent plusieurs pistes à la fois jusqu’à l’écartèlement. Si l’on tente de s’y retrouver l’exercice relève de l’exploit. Dans tous les camps c’est la plus grande confusion même quand les « chefs » suprêmes (en restent-il?) affirment le contraire… on patauge dans l’incertitude !

Ainsi on croyait le FN et « couchée la France » unis pour le meilleur (règlement de la campagne de Dupont-Plaignant) ou pour le pire (une victoire possible) alors que le divorce a été immédiatement prononcé. Il a fallu une lamentable pantalonnade du « gaulliste » ayant développé « l’intéressement du rallié » pour que l’on se retrouve avec désormais des oppositions entre ceux qui avaient promis de gouverner ensemble. Le Pen va renoncer à chercher une nouvelle immunité parlementaire pour rattraper celle que le parlement européen veut lui retirer et pour remercier son collaborateur elle annonce par contre qu’elle va présenter un candidat contre lui ! Ils étaient d’accord sur tout et ils ne sont plus d’accord pour rien puisque désormais l’essentiel c’est de récupérer le maximum de fric pour la « Le Pen Comapgny » et donc il faut exploiter le filon !

Chez les ex-UMP tous expliquent sur leur statut qu’ils n’approuvent pas la nomination de « Fanfan la Tulipe » à Matignon mais sans prendre trop de risques. Rester sur le seul score de Fillon c’est en effet espérer seulement une cinquantaine de circonscriptions puisqu’il va être très difficile de faire rentrer au bercail les « modérés » effrayés par le « Sens Commun » que l’on voulait leur faire prendre. Alors il est devenu courant dans les grandes équipes municipales de disperser ses « œufs » de crocodiles dans plusieurs lieux. Un sarkozyste nommé Baroin va par exemple, venir en Gironde retrouver Juppé qui soutient un Premier Ministre n’ayant jamais soutenu le Président élu mais qui doit désormais constituer une majorité présidentielle en faisant élire des gars de la REM contre ceux que soutient Baroin… Enfin pas tous car Juppé et Baroin se foutent pas mal du sort des Fillonistes qu’ils verraient bien battus par des « marcheurs », histoire de se rappeler au bon souvenir d’Ulysse de la Sarthe ! Bref là aussi il faudra fournir un décodeur aux électeurs !

Dire que ça va mieux au pays de socialistes en voie de décomposition pour envisager des recompositions plus ou moins rouges, plus ou moins roses, plus ou moins vertes ou plus ou moins blanches mais propres à faire broyer du noir aux militant-e)s. On trouve sur les profils facebook les déçus du « macronisme » dont ils espéraient beaucoup. Ils mesurent l’ancienneté des ralliements car ils retrouvent face à eux des rallié(e)s de la dernière heure ou même des opposants de longue date à celui qu’eux adulaient. Leur navigation à la godille depuis des mois les conduit droit sur le banc de sable où échouent les chaloupes des naufragés de la sincérité. D’autres oublient le programme « officiel » du PS pour se raccrocher aux idées de Hamon dont ils se réclament davantage que de celles portés par leur logo qu’ils arborent pourtant fièrement. Alors qu’ils ne le reconnaissent plus !

On trouve les « Macronistes canal historique », les « Macronistes métissés », les « Macronistes brevetés sans garantie du gouvernement », les « Macronistes circonstanciels », les « Marconistes inconnus » prêts à mourir en marchant ! Tous comptent sur les premiers pas de leur idole pour leur donner l’élan nécessaire pour récolter une part de celles et ceux qui préféreraient rester près de lui plutôt que de revenir au bercail ! Erreurs de désignation, inorganisation, absence de réseaux, peu d’élus locaux relais : il va falloir accélérer l’allure pour devancer les « socialo-macronistes » où il y en a, les « Macrono-Républicain »s qui existent, les centristes-macroniens en vogue, les verts-macroniens en sursis et plus encore s’éloigner de celles et ceux qui ont été oubliés par le jury et qui en nourrissent quelques rancoeurs !

Les Insoumis s’affichent de leur coté en recours en raison de la clarté conférée par leur opposition résolue au reste du paysage politique. Ils ont réduit à la portion congrue des Communistes désespérés par le manque de reconnaissance dont ils sont victimes. Impossible pour eux de se réclamer de Mélenchon qui réserve son estampille d’insoumission à ses ouailles. Le PC va regretter le bon vieux temps de l’union avec un PS costaud et fiable ! On va vers des rivalités entre les plus anti-Macron ce qui risque d’éparpiller encore davantage les voix du Mélen… Ché. Là encore il faut construire une nouvelle maison et donc il faut les subsides nécessaires ! Et rien n’est joué. L’unité de façade ne tiendra pas longtemps puisqu’il faut franchir la barre des 12,5 % des inscrits pour poursuivre le chemin vers le Palais Bourbon…

4 Réponses

  1. pc

    Les changements d’époque se font toujours dans un joyeux bordel, et c’est souvent le secret de la réussite à condition que l’instigateur du changement tienne bon…
    C’est quand même assez réjouissant de voir la, tronche défaite des caciques de tout bord, même Baroin que l’on pourrait considérer comme jeune et nouveau, a l’air d’un vieux c… parce qu’il sent que le truc lui échappe.
    Mais, comme au temps de la royauté, les coups de poignard dans le dos ne sont pas loin et les couloirs du palais vont devenir dangereux.

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  2. Bernadette

    Je me suis toujours demandée ce que pouvait faire un député au Palais Bourbon ?
    Il représente plus son parti politique
    que la circonscription elle même.

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  3. Bernadette

    N’oubliez de faire signer la charte d’anticor afin de protéger l’éthique en politique d’où le contribuable appréciera la formule « la théorie des ensembles »

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  4. Christian Baqué

    Pour gouverner Macron est dans l’obligation de se construire une « majorité présidentielle » à sa main : il finit de désarticuler les segments survivants des partis traditionnels de la droite et du Parti socialiste. Sans cela, comment pourrait-il poursuivre la politique du MEDEF (celle de Sarkozy, puis de Hollande), en faisant mine de rajeunir le personnel ?
    Le vote Mélenchon au premier tour, comme l’énorme abstention du second, est un vote de rejet de ces politiques des dix dernières années.
    Ce vote de sept millions d’électeurs qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle, renforcé par une partie des abstentionnistes, mérite d’être prolongé aux législatives. C’est ainsi que se marquera à nouveau nettement une volonté de rupture avec tout le système, en se mobilisant et en votant pour les candidats de la France insoumise. C’est une expression au plan politique (électoral) du prolongement de la bataille menée pendant près de 6 mois contre la loi El Khomri.

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