Il faut être en vacances au fin fond de la jungle, dans une vallée du Népal ou dans un désert hostile pour ne pas avoir été bassiné par l’affaire de l’achat de la liberté d’un footballeur esclave des catalans dit Neymar pour des dizaines de millions de dollars par des émirs du golfe persique fortement soupçonnés pour certains d’entre eux de ne pas trop respecter les principes internationaux en matière de travail forcé. Le suspens est insoutenable. Viendra ? Viendra pas ? Les médias du monde entier ont ressassé des sommes astronomiques au moment où en France Bercy, cette forteresse inexpugnable de la connerie comptable, a décidé d’économiser cinq euros par mois sur l’allocation logement des jeunes et moins jeunes qui ont un toit souvent grâce à elle.
Le fanatisme sportif n’ayant rien à envier à celui qui sévit dans tous les milieux religieux fait qu’il est vraiment malvenu de critiquer cette opération insensée qui fera qu’un homme sur la planète, jouant environ 60 matches officiels ou amicaux de football par saison, sera payé, s’il les joue tous, près de 20 000 € la minute de présence sur une pelouse ! Inévitablement toute critique est balayée par la notion de « rentabilité » de l’investissement réalisé par les finances d’un État familial qui se traduirait par un essor économique colossal : vente de maillots, augmentation des abonnements aux chaînes diffusant les rencontres, droits de télévision en hausse, impôts versés au fisc français (on sait pour ceux qui suivent l’actualité que les joueurs ne trichent pas) ou aux cotisations sociales. Bref il n’y aurait rien de scandaleux dans cette opération à tiroirs qui rehausse le moral des Françaises et des Français dans la pauvreté absolue. Ce serait de la pure démagogie que de parler de morale et encore plus d’éthique alors qu’il ne s’agit que de la résultante de la politique de l’offre !Mieux certains y voient tout bonnement une manifestation logique du capitalisme sportif !
Neymar da Silva Santos Junior plus connu sous la première partie de son nom de famille aura été depuis sa plus tendre enfance une « marchandise » sur laquelle de multiples adultes, dont son père, on bâti des stratégies financières. Il faut savoir que le 30 novembre 2010, Santos vend une part de son transfert à venir de 5 % à un groupe d’investissement, Terceira Estrela Investimentos. L’année précédente, sa famille avait vendu pour sa part 40 % des droits sportifs au groupe Esporte DIS qui avait été un partenaire stratégique à long terme du club de football de Santos. A 13 ans il a été fortement sollicité par le Real de Madrid pour un contrat mirobolant ! On spécule sur ce joueur (comme su quelques autres) depuis une décennie avec l’espoir de toucher le jack-pot à un moment ou à un autre. Le patron de la société DIS a déjà expliqué que le transfert initial vers Barcelone, n’aurait jamais dû avoir lieu dans des conditions normales. « Pour être clair, Neymar a atterri au Barça, parce que Sandro Rosell (président de l’époque) a soudoyé son père. C’est le délit de corruption entre particuliers que nous dénonçons devant la justice. Neymar a signé 17 documents officiels du Barça et il a perçu de l’argent du club blaugrana alors qu’il était encore joueur de Santos. Éthiquement, ce n’est pas correct. Il a même joué la finale du Mondial des clubs au Japon (Santos-Barcelone, ndlr) alors qu’il avait déjà reçu de l’argent de la part de Barcelone… », a-t-il lâché.
L’autre gros problème réside dans la vraie situation des clubs phares du football européen. La très grande majorité dépendent désormais de milliardaires exotiques dont les fortunes reposent essentiellement sur la vente de matières premières. Ils convertissent les bénéfices dans des structures européennes leur permettant d’accéder au système libéral peu regardant sur l’origine réelle des fonds apportés. La plupart des sommes annoncées viennent de paradis fiscaux ou de pays dans lesquels les contrôles sont assez lâches. Une commission d’enquête parlementaire serait bienvenue !
Si on décortique l’opération Neymar on verra que les 222 millions qu’il a payés au Barça ont forcement transité par une série de comptes en banque avant d’atterrir sur le sien. Une première solution a été évoquée pour ce règlement hors normes : ne pas faire payer les 222 millions d’euros en piochant dans les caisses du PSG, mais en mettant plutôt à contribution le Qatar, propriétaire du club via un fonds souverain. L’idée consiste à utiliser un autre fonds qatari, bien distinct du club sur le papier, pour donner au joueur l’espace de quelques heures l’argent nécessaire (incluant les importantes taxes) pour qu’il parvienne à faire sauter le verrou de la clause lui-même sa clause. Un contrat dans lequel le P.S.-G n’apparaît pas et qui contient probablement une clause faisant que le joueur appartient à ce fond d’investissement auquel il devra des prestations plus ou moins contraignantes ou bidons. Nul ne peut condamner cette pratique puisqu’elle lie une personne et des investisseurs. Il est certain qu’on verra Neymar en représentation au Qatar en 2017-2018 !
Le footballeur devient un joueur sans contrat au sens footballistique du terme et a donc pu s’engager librement avec son nouveau club sur un tarif beaucoup plus modeste de 30 millions nets par an. Ce dernier n’aura alors pas touché à ses comptes pour le paiement stricto sensu de la clause. L’UEFA a vu sa règle pour le fair-play financier contournée grâce à une tripotée d’avocats dont certains d’un célèbre cabinet français… Mais dans le fond ce n’est pas pire que la fraude fiscale organisée dont le montant est infiniment supérieur à cette modeste opération sportive! Une seule certitude heureuse : ça n’arrivera pas à Bordeaux !

6 Réponses

  1. pc

    En gros et si je comprends bien, le petit Neymar c’est une marionnette avec la tête dans les pieds…

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  2. LAVIGNE Maria

    Tout cela est indécent ! Que dire de ces supporters qui n’hésitent pas à acheter un maillot à un prix exorbitant. L’aide apportée aux petits clubs serait appréciée par les bénévoles qui transmettent les vraies valeurs du sport.

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  3. bernadette

    Ah la propagande tourne bien pour ceux qui s’y intéressent !
    Non Maria il n’y a pas d’avenir pour les petits clubs, seuls quelques joueurs s’en tirent bien.
    C’est la performance individuelle qui est en jeu contre l’esprit d’équipe.

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  4. Alain . E

    Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »
    Je souscris totalement à cette citation d’ Einstein .
    Je connais des cassos qui accumulent les crédits , ça roule en belle voiture, ça a le dernier I phone , mais rien à manger dans le frigo pour les gosses.
    Chacun choisis ses priorités , il faut souvent faire des choix et beaucoup en font des mauvais , ainsi va la vie ……

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  5. Sylvain

    La finance dirige tout foot compris : nous mènera t-elle tous dans le mur ? Après quelques « dégagismes » politiques fort positifs lors des dernières élections quand dégagerons nous Macron, sa clique, la finance et le capitalisme pourri de nos sociétés évoluées ? Aïe : me voilà marxiste…

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  6. J.J.

    Hier soir aux infos sur Arte, nous avons eu droit bien sûr à tous les incontournables détails sur le non événement de ce transfert et les scandaleuses sommes d’argent en jeu.
    Je ne sais si c’était un hasard ou une réaction indignée des rédacteurs du journal, mais le reportage suivant traitait de la situation calamiteuse des migrants de Calais.
    Envie de pleurer de rage !

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