Mais jusqu’où ira-t-on dans cette société des consommateurs grugés afin d’assurer le profit à tous les étages de l’économie ? Nul ne le sait vraiment ! Il n’y a pas un jour sans que la nourriture distribuée devienne suspecte. Et il n’y pas un jour sans que les autorités se démènent pour expliquer que les « normes » ne sont pas dépassées et que l’on peut continuer sans aucun problème à se gaver de produits nocifs ou à admettre des méthodes de production pour le moins suspectes. Le débat fait rage sur le glyphosate ou sur des pesticides diffusés sur les cultures mais en fait on s’aperçoit que nous sommes encore loin de tout savoir dans bien d’autres domaines. L’absence réelle de contrôles sanitaires faute de personnels qualifiés impartiaux rend tous les abus possibles. En plus les lobbies s’ingénient à truffer les textes réglementaires d’exceptions ou de niveaux permettant sur la durée de récupérer le maximum de fric au détriment de la qualité indispensable pour les « acheteurs ».Ainsi Le Canard enchaîné révèle que de la viande issue de vaches porteuses de la tuberculose serait régulièrement vendue dans les rayons des supermarchés français. Et les quantités ne seraient pas négligeables, puisque l’hebdomadaire assure que cette affaire concernerait 3 000 tonnes de viande issues de 8 000 vaches atteintes chaque année de cette maladie dans les élevages français. Le chiffre de 8.000 semble être une moyenne effectuée sur plusieurs années et basé sur le nombre d’abattages en France liés à la tuberculose. Ainsi, 7.300 bovins ont été abattus pour cette raison en 2013, et un peu plus de… 10.000 en 2014. Toutefois, un bovin est abattu parce qu’il est suspecté, pas forcément parce qu’il est contaminé. En 2014, par exemple, sur les 10.000 bovins abattus, seuls 211 ont été confirmés avec certitude comme porteurs de la tuberculose. Il faut savoir que 190 troupeaux ont été concernés par ces abattages en France en 2014, soit seulement 0,09% du total des troupeaux français. Un seuil en dessous de celui fixé par l’Union européenne (0,1) et censé entraîner des mesures de surveillance supplémentaires et des restrictions à l’importation.
Le nombre de foyers suspectés semble toutefois augmenter d’année en année, et les autorités sanitaires s’inquiètent de voir le seuil européen dépassé à l’avenir. Dans un rapport, l’Agence nationale  de sécurité sanitaire (Anses) recommande d’ailleurs d’accroître la surveillance et les politiques de régulation concernant les animaux sauvages, qui pourraient être la cause d’une hausse des cas. Blaireaux, cerfs, sangliers sont en effet autant d’animaux susceptibles d’être porteurs et de s’approcher du bétail. Et l’Anses préconise de les contrôler d’avantage, voire même de les vacciner si la maladie gagnait encore du terrain à l’avenir…La question essentielle c’est combien de vétérinaires effectuent en France les contrôles ? Combien de contrôles ont eu effectivement lieu ? Sont-ils les mêmes dans tous les pays européens ? Quelle assurance a-t-on sur l’envoi d’animaux vers la consommation avant que les inspections aient lieu ?
Il faut cependant se rassurer car les textes en vigueur n’interdisent pas cette pratique puisque l’Union européenne admet que « toutes les viandes provenant d’animaux chez lesquels l’inspection post mortem a permis de mettre en évidence des lésions tuberculeuses dans plusieurs organes ou parties de la carcasse, doivent être déclarées impropres à la consommation humaine ».Néanmoins, une subtilité autorise la commercialisation de la viande dans un cas spécifique : « lorsqu’une lésion tuberculeuse a été découverte dans les ganglions lymphatiques d’un seul organe ou d’une seule partie de la carcasse , seul cet organe ou cette partie de la carcasse et les ganglions lymphatiques connexes doit être déclaré impropre à la consommation humaine.  » Consommateurs vous voici beaucoup plus sereins ! On prend soin de bien trier pour vous protéger dans les abattoirs, grâce à des actes chirurgicaux appropriés, les parties infectées. Les spécialistes de la détection de la tuberculose veillent comme ils le font sur de multiples autres atteintes à l’intégrité sanitaire du bétail destiné à la consommation humaine. Enfin on peut le croire…
Le Canard enchaîné déplore cependant qu’aucune mention ne soit portée sur l’emballage des viandes concernées mais on est encore loin d’une telle mesure. Pire, selon le journal ces pièces de bœuf seraient vendues « en barquettes ‘premier choix’ « , car plus tendres et plus savoureuses car « la quasi-totalité des bovins exécutés pour cause de tuberculose sont […] des races à viande, proposées plus cher en rayon que la vulgaire vache de réforme », selon le journal. C’est encore un paradoxe de ce système où on fourgue des animaux malades à un prix plus élevés que ceux supposés être sains ! Des indemnisations étant prévues ils s’agit d’une autre manière de vendre plus cher ce qui a été financé par des fonds publics. Il n’y aura jamais de petits profits dans ce monde où il faudrait se méfier de tout !

14 Réponses

  1. bernadette

    Bonjour M.Darmian,

    Comment le Canard Enchaîné peut il relayer ces informations. Est ce que la presse a le droit de stresser le consommateur ?
    Comment les grandes surfaces ont elles le droit de commercialiser du boeuf atteint de tuberclose ?
    Y a t’il des pots de vin versés à ce journal pour faire paraître des informations de ce style ?
    Ah la chasse est aussi sur la sellette
    avec le gros gibier (cerf, sangliers et autres gros gibiers). Il est vrai qu’une député à réussi à faire passer un projet de loi ou plutôt une loi pour interdire de chasser ces gros gibiers dans notre pays. L’écologie n’à jamais été cela.
    Que se passe t’il ?

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  2. bernadette

    Je suis contre cette loi qui interdit la chasse à cour. Cette chasse n’a jamais endommagé les écosystèmes. Cette chasse fait partie intégrante au patrimoine.
    Est ce que ces députés qui ont proposé cette loi savent, est ce qu’ils ont participé à une battue de chasse à courre pour dire tout cela ?
    Ces gens troublent la tranquillité des campagnes, c’est grave……

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  3. JJ Lalanne

    Ne confondons pas battue et chasse à courre. Si la battue apparaît nécessaire pour réguler les espèces qui n’ ont plus de prédateurs,la chasse à courre est un plaisir malsain où l’ on tue l’ animal d’ épuisement et de stress d’ une manière camouflée contrairement aux corridas où les « aficionados » assument. Le coût d’ une chasse à courre est tel que ce n’ est pas grand monde à la campagne qui peut s’ y livrer. Juste quelques bourgeois dégénérés pleins de pognon, sadiques et déguisés comme des gardes nationaux. Non chasseur mais pratiquant intensif de la nature je respecte les chasseurs bien qu’ il soit de bon ton de leur cracher dessus mais la chasse à courre c’ est autre chose. La battue est, elle, inévitable car en cas de dégâts aux cultures ou autres et que les animaux n’ ont pas été régulés,la société de chasse est tenue pour responsable. Bien des chasseurs participants de ces battues n’y vont pas spécialement par plaisir (il y en a quand-même). On est loin du sadique aimant voir un pauvre cerf mourir lentement ou aimant voir un renard (par exemple) mourir déchiqueté par des chiens, tout cela accompagnés d’ une belle musique qui renforce le côté dingue de la chose.

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    • bernadette

      Pas d’accord, qu’elle que soit la chasse à courre ou à pied, il devient nécessaire de pratiquer les 2 pour protéger la faune parce que les prédateurs sont nombreux.
      Faites vous inviter dans une chasse à courre. La chasse à courre c’est également une tradition qui doit être respectée.

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    • J.J.

      J.J.Lallanne Je partage entièrement ton point de vue : je hais viscéralement cette mascarade, ce carnaval cruel et prétentieux, témoin d’un ancien régime abhorré et admiré par des « béni oui oui ».
      En plus, généralement, ces cagots font précéder leur forfait d’une messe de st Hubert et d’une bénédiction des équipages, avant de se livrer à des actes d’une grande cruauté, qui en dit long sur leur tartuferie congénitale.

      Il existe d’ailleurs en France, des régions où la chasse à courre (à cor et à cris, selon la définition précise) est interdite, l’Alsace par exemple.

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    • Catherine

      @ JJ Lalanne : avis entièrement partagé
      -la battue vise à endiguer la prolifération du gros gibier
      -suivant les règles observées par les sociétés de chasse
      -la chasse à courre, elle, ne relève que du loisir d’une certaine élite

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      • J.J.

        @ Bernadette. Je ne vois pas le rapport avec les courses de chevaux, qui me laissent d’ailleurs parfaitement indifférent, si ce n’est que la pratique du cheval a pour moi des relents d’ancien régime qui ne m’attire pas vraiment.

  4. Yvon BUGARET

    Je suis très étonné d’apprendre que la vaccination des animaux d’élevage contre la tuberculose ne soit pas pratiquée comme elle l’est sur les humains, je croyais qu’elle était appliquée. Il faut rappeler que chez les humains, cette maladie a pratiquement disparue grâce à la vaccination obligatoire.

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    • J.J.

      La vaccination et le dépistage anti tuberculeux ne sont plus guère pratiqués, même chez les humains (ça doit coûter trop cher) : il y a quelques mois, un jeune garçon est décédé de la tuberculose dans la Vienne. Depuis, les services sanitaires font des dépistages systématiques dans les écoles du secteur, et ont découvert des élèves ainsi que des enseignants contaminés dans la région de Châtellerault.
      Pas de quoi être rassurés.

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    • Catherine

      Bref, la cnté antivax (?) façon libertés individuelles + craintes raisonnées/ou pas

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      • J.J.

        La bobo-campagne contre la vaccination est une très grave imprudence.
        Une maladie n’est JAMAIS éradiquée, les populations sont protégées par les vaccinations, justement. Vouloir les supprimer est une démarche d’une rare inconscience.
        Si un jour se déclare une épidémie de variole, par exemple, les conséquences peuvent se révéler dramatiques.
        Entreprendre une campagne anti vaccination sous prétexte de liberté individuelle est aussi ridicule, que par exemple qu’une campagne anti code de la route !

  5. JJ Lalanne

    Les manipulations sectaires pour la naturopathie contre les vaccinations sont effrayantes. A grands coups de « on sait que » ils font passer tout contestaire de leurs assertions pour un ignoble fascho. Je ne sais pas où on en est mais il y a une dizaine d’ ‘années les professionnels les plus infiltrés relevaient de la Santé, de l’ Éducation Nationale (en particulier éducation physique) et des gardiens d’immeubles c’ est-à-dire les personnes semblant représenter le sérieux et en contact avec beaucoup de monde. Évoluant au contact de beaucoup d’ infirmières ou aides-soignantes je suis inquiet de voir la quantité de refus d’ être vaccinées. Combien de patients (personnes affaiblies) sont contaminés par elles? Combien de cancéreux meurent écartés des soins par des intégristes de la naturopathie?

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    • J.J.

      Même certains milieux médicaux, que l’on pourrait croire sérieux, tentent d’introduire en milieux hospitalier des pseudo thérapies qui relèvent de la pensée magique.

      L’homéopathie, les « barreurs de feu » et autres potentiels placébos, parfois efficaces dans des cas bénins, relevant davantage de la psychose que d’une véritable affection, peuvent se révéler extrêmement dangereux par leur inefficacité thérapeutique.

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