Il y a le football spectacle avec ses chevaliers de la balle ronde qui se tordent de douleur en se roulant sur la pelouse pour impressionner les foules surchauffées des tribunes ou qui plongent opportunément dans le gazon pour arracher un coup de sifflet bénéfique à leur équipe. Ces attitudes agaçantes qui dans le fond reflètent vraiment la société actuelle des apparences constituent des aubaines pour les plateaux des émissions spécialisés où les « spécialistes »se délecte de polémiques futiles. Un croc en jambe arbitral malvenu ; un penalty décisif habilement obtenu ; une entorse d’un cheville valant des millions de dollars ; une élongation masquant un différent entre joueur et entraîneur ; une querelle d’egos surdimensionnés s’emparant d’un ballon : autant de sujets essentiels sur la plus pratique sportive collective numéro un en France ! Il n’est pas question d’évoquer ces événements épouvantables qui émaillent les week-ends. Le communautarisme montant dans certains clubs, le racisme omniprésent sur le bord des terrains ; la violence gratuite des parents ou des pseudos supporters, les tribunes désertes, le travail colossal des bénévoles gâché par des comportements de licenciés immatures ou idiots constituent la réalité du football à partir d’un certain âge des pratiquants.
Ainsi la commission de discipline de la Loire vient de prendre de lourdes sanctions à l’encontre de l’équipe de la Rivière, jugée responsable d’un déferlement de violence lors d’un match disputé le 10 décembre dernier. Ce match entre le C.O. La Rivière et le F.C. Saint Etienne rassemblait des jeunes censés partager le plaisir de faire rouler collectivement un ballon de la manière la plus adroite possible a dégénéré sur la médiocre pelouse d’un stade ordinaire. Tout un symbole que cette rencontre pavée de mauvaises intentions dans la région où s’est écrite la légende du des Verts adulés pour leur vaillance, leur engagement, leur joie de partager avec des milliers de fans dévoués à leur cause. Elle a vite était musclée, houleuse avec des menaces de…mort proférées sans aucune retenue à l’égard de l’arbitre bénévole venu rendre service à 26 joueurs réputés éduqués et respectueux des règles. Des menaces de… mort en prélude à un déchaînement de violence qu’il serait naïf de croire exceptionnel.
Dès que l’équipe de La Rivière impose sa loi en menant 2-0 si tout ne va pas bien dans le meilleur des mondes possible tout va basculer lorsque les visiteurs prennent l’avantage ! Le F.C. Saint-Etienne va essuyer un déferlement de haine. Il reste une vingtaine de minutes et plusieurs joueurs locaux renforcés par leurs « supporters » envahissent la pelouse et se jettent sur deux adversaires, les rouant de coups avec une rare violence. Le président de la commission de district emploie même le qualificatif de « lynchage ». Après une instruction de l’affaire et des auditions le dirigeant parle d’ « une scène d’une violence extrême » avec des joueurs frappés à terre, des coups qui pleuvent et qui auraient pu se révéler mortels. Les victimes sont hospitalisées et échappent de peu à une destin tragique pour avoir marqué des buts à des adversaires dépités. Qui parlera dans une émission où l’on bavasse sur les exploits, les truquages, les états d’âme des millionnaires de ce football n’ayant plus rien à voir avec les valeurs initiales du sport.
La commission de discipline du district de la Loire a déjà pris ses responsabilités . Elle a décidé la radiation pour dix ans de l’entraîneur, responsable des menaces de mort envers l’arbitre. Elle a également radié six joueurs, les privant de licence, et donc de toute pratique officielle… ce qui ne les privera pas de stade où ils pourront aller se déchaîner verbalement contre une arbitre en toute impunité ou qui débiteront des slogans de haine en toute impunité. Ils pourront faire le coup de poing contre les fadas du camp adverse si les centaines de personnes préposées à la sécurité n’arrivent pas à juguler ces affrontements devenus courants.
J’ai mal à mon football celui qui m’a fait rêver dans mon enfance (il n’y avait pas d’équipe de jeunes en Créonnais et j’ai débuté au collège avec une envie et un plaisir incommensurable), qui m’a conduit comme joueur à des moments de partage durant douze saisons sans aucune expulsion ; qui m’a permis de prendre des responsabilités comme entraîneur à 23 ans, qui m’a vu éducateur secrétaire, président et journaliste rendant compte de centaines de matches de tous niveaux !
J’ai mal à mon football quand je vois l’investissement énorme des dirigeants actuels (anciens élèves pour certains) des clubs du Créonnais pour faire vivre leur club, entité où se forge normalement la citoyenneté par le sport !
J’ai vraiment mal, très mal, à mon football quand la violence chaque week-end peu médiatisée révèle les carences éducatives d’une génération en perdition car incapable de partager une victoire dignement gagnée ou accepter une défaite méritée. Le ballon ne tourne vraiment plus rond ! Mais il y a un salvateur Real-P.S.-G. pour vite effacer tout ça.