Le plan canicule niveau orange est déclenché en Gironde puisque la température nocturne va nettement dépasser durant plusieurs jours les normales estivales. Un événement qui semble se rapprocher de 2003, vous savez cette année où eu lieu un véritable scandale d’Etat en raison de l’indifférence du gouvernement d’alors. On estime à 15 000 le nombre de décès directement imputable au manque de réactivité des pouvoirs publics. Alors désormais il s’agit d’anticiper afin déviter ce que le Sénat dans un rapport avait traité de « séisme sanitaire ». J’ai donc voulu assister à la réunion de coordination en 2018 sous la Présidence de la Directrice de cabinet du Préfet. J’y ai vraiment perçu un climat d’appréhension face à une montée exceptionnelle des températures. Tous les services ou les associations ont évoqué les mesures envisagées ou ont pu faire par de leurs craintes. Dans le fond c’était véritablement une revue de l’état du pays dans bien des domaines face à une situation de crise qui ne va pas devenir exceptionnelle.
Dans le secteur de la santé par exemple le constat est commun à tous les représentants institutionnels venus du terrain : « on va avoir encore plus de mal qu’en 2003 pour faire face à l’afflux éventuel aux urgences quand on ferme des possibilités d’accès à l’ex-hôpital militaire Robert Picqué ». Elles sont déjà saturées et à la limite quotidiennement de la rupture. Dans la période actuelle le CHU ne peut rouvrir qu’une trentaine de lits fermés pendant la période estivale ce qui en rapport avec les besoins s’avèrera extrêmement faible (1)
Les services d’incendie et de secours vont mettre le maximum de personnes d’astreinte en sachant que dans cette période la tension sur les effectifs et les matériels dans un département touristique est extrêmement forte ! La gendarmerie d’inquiète fortement de la conjonction canicule et circulation massive et la police évoque le problème des ouvertures de bouches à incendie qui provoque des rassemblements difficiles à disperser. Quand on parle des SDF très vulnérables surgit le choix du lieu de rassemblement car il en faut un qui soit contrairement à ceux de l’hiver au moins d’une température acceptable. Sur les plages compte-tenu de l’affluence prévue se pose la présence d’un seul hélicoptère de secours d’urgence. Les personnels des services d’aide à la personne s’inquiètent de l’augmentation de la demande dans une période où justement le personne fait défaut. Certes les plans de toutes les couleurs, les circulaires officielles, les messages, les enquêtes sont partis afin que les précautions aient été affichées et prises selon les annonces nationales mais… il faut désormais les traduire dans les faits et les moyens des services publics ne sont pas au rendez-vous ! L’essentiel c’est que les « ordres » aient été donnés. Après…
Inévitablement surgissent dans le paysage social en cette période difficile les véritables problèmes du pays car il est impossible de faire au-delà de ce qui est déjà engagé dans tous les secteurs clés des secours, de la santé et de la sécurité. Les contraintes habituelles ne peuvent absolument pas être explosées car tout le monde pense derrière aux conséquences financières de décisions pourtant indispensables. Autour de la table, une certitude transparaît : la canicule ne sert que de révélateur aux principales faiblesses sociales du moment que sont la rupture croissante du lien social à tous les niveaux et la détérioration de la citoyenneté ! Des associations à bout de souffle, des collectivités engluées dans des contrats financiers irréalistes, des services d’un État qui se désengage de nombreux secteurs de sa responsabilité, un étau réglementaire et administratif pesant, viennent vite sur le devant de la scène officielle sans avoir de solutions en crise comme demain en non crise. Loin de moi d’écrire que rien n’est fait mais on sent bien que l’élastique des possibilités se tend et va craquer tôt ou tard !
Par exemple pour le conseil départemental l’éventail des interventions possibles est très large puisque l’un de ses missions essentielles est constituée par la solidarité humaine du plus jeune âge à celui du grand âge . Tout a vite été mis en œuvre pour soutenir celles et ceux qui sont sur le terrain. Le jeune enfant étant d’autant plus sensible aux fortes chaleurs car il n’est pas encore en capacité de réguler sa température corporelle, ni de manifester son malaise, ni de demander à boire il faut lui porter une attention particulière. Il risque un coup de chaleur et une déshydratation. Un rappel des informations de prévention à respecter en situation de canicule a donc été envoyé aux assistantes maternelles et aux structures d’accueil collectif.
Pour les personnes âgées ou en situation de handicap le Département a élargi en semaine les horaires de sa plate-forme téléphonique d’information et d’orientation (Plate-forme Accueil Autonomie) :  05 56 99 66 99 disponible pour les particuliers comme les professionnels de 8h30 à 18h00 du lundi au vendredi.
Un médecin est mobilisé en continu au sein de cette plate-forme téléphonique (y compris sur le temps du week-end pour les services d’aide à domicile). Un aménagement du plan d’aide pour les bénéficiaires de l’APA peut être également  proposé afin d’augmenter le passage des services d’aide à domicile via l’octroi d’une heure supplémentaire d’intervention par jour. En cas d’urgence, le médecin d’astreinte peut accorder une Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) d’urgence afin d’intervenir immédiatement auprès de la personne âgée.
De la même façon, le Département, avec la MDPH, est susceptible de mettre en place une Prestation de Compensation du Handicap en urgence, si les critères le justifient, pour permettre l’accompagnement au domicile des personnes en situation de handicap.
Autant de décisions qui pèseront directement ou indirectement sur les dépenses de fonctionnement d’un collectivité venant en soutien aux personnes les plus fragiles sur un territoire parfois démunis de tout service de soutien. tout le monde reconnaît alors ses « qualités » et son rôle « irremplaçable ». Au moins durant la crise caniculaire…

(1) Interrogé pour savoir si les hôpitaux pourraient faire face si la canicule se prolongeait comme en 2003, Patrick Pelloux a répondu : « Non. Il y a déjà une saturation », notamment dans « des services d’urgence qui ne sont pas touchés (par la canicule, NDLR) », comme Paris ou le Sud-Est de la France. « Nous allons saturer très très vite la filière de l’aval, c’est-à-dire, de l’hospitalisation. Ça veut dire que les gens vont attendre aux urgences », a dit Patrick Pelloux. « Il y a un véritable état d’alerte parce que dans les hôpitaux, il y a une situation qui est chronique et permanente de difficultés de travail », a-t-il déclaré. Il a dénoncé « une usure depuis quelques années » dans les hôpitaux où « on demande trop d’économies »

2 Réponses

  1. crr

    Et pourtant Mme la ministre a dit que tout allait bien…je remarque que tous les ministres partent en vacances…dans le monde du travail – celui que j »ai connu- il fallait que 60 % de l »effectif soit présent et on devait remplacer les absents…

    Répondre
  2. J.J.

    On pensait être das un siècle de progrès, nous voilà revenus au dénuement d’avant le Moyen Age.
    A quand les grandes invasions ?

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.