Les rivalités entre les animateurs des fameux rendez-vous de la télé réputés décalées sur l’actualité sont au plus haut. Les audiences sont scrutées chaque jour ou chaque week-end dès que l’un d’entre eux est apparu sur le petit écran. Laurent Ruquier est ainsi en baisse avec « On n’est pas couché » sur France 2, avec Charles Consigny par rapport au lancement de la saison dernière. Le 2 septembre 2017, la première de la « saison 12 » de « ONPC » avait réuni 1,10 million de fans, soit 18,4% de l’ensemble du public. ONPC peine donc à dépasser le million de téléspectateurs ce qui révèle une vraie usure de la formule. Thierry Ardisson ne brille guère davantage… avec ses « Terriens du week-end » puisque seulement 599 000 Français ont suivi son talk-show sur C8 la semaine dernière soit 2.9% des individus âgés de 4 ans et plus présent devant la télévision, et 2.8% des femmes responsables des achats.
Cyril Hanouna se refait lentement une santé (c’est désolant  mais c’est ainsi) après des débuts catastrophiques puisque pour ses débuts en 2018 son « divertissement » n’avait attiré que 568.000 téléspectateurs, soit 2.9% de l’ensemble du public âgé de quatre ans et plus. Il reviendrait vers des audiences supérieures mais il utilise toutes les ficelles pour reprendre son rang. On trouve en tête, Yann Barthès qui attire régulièrement plus de 1.200.000 curieux. La place du chef se joue donc en permanence à quelques dizaines de milliers de spectateurs. Les autres sont nettement derrière ce quatuor même si la 5 tient bon avec un « C à vous » de bonne qualité.
Toutes ces émissions sont produites par des entreprises appartenant plus au moins aux animateurs vedettes et donc les tarifs pratiqués sont liés à leur impact sur les audiences conditionnant le montant des publicités. On assiste donc à une guerre dont la stratégie essentielle repose sur l’outrance, le scandale ou au minimum la provocation. Il est devenu indispensable que l’on parle de l’émission afin d’attirer ce public qui adore ce qui est croustillant, médiocre et surtout sujet à polémique.
Dans « Quotidien » Yann Barthés a choisi le créneau des « révélations » (le couple victime de Bénala hier soir) et de l’analyse décalée du monde socio-politique lui permettant de donner une tonalité agaçante pour l’establishment mais plaisante pour celles et ceux qui en ont assez du cirage de pompes médiatiques. Mélangeant journalisme de terrain et décodage des us et coutumes du milieu du pouvoir « Quotidien » a trouvé son public quand les autres sont à la peine et pour se refaire une santé se mettent à jouer sur des invités connus et reconnus pour leurs positions souvent outrancières. Le fond ne compte plus c’est surtout le « clash » qui va servir la notoriété de l’émission durant plus ou moins longtemps.
C’est en fait un échange de services entre copains puisque dans le cas d’école de Zemmour en pleine promotion de son nouveau bouquin son invitation est lucrative pour les deux partis. Il lance une attaque délibérée sur le prénom d’une personne présente face à lui et on lui octroie une campagne promotionnelle exceptionnelle sur une semaine. « Votre prénom est une insulte à la France » : la séquence d’Eric Zemmour coupée au montage dans « Les Terriens du dimanche » est devebue plus célèbre que le reste de l’émission. Invité partout il se sert de son passage pour débiter des provocations en tous genres qui sont plus efficaces que toute les campagnes de pub réunies !
Sur le plateau de CNews, le polémiste a comparé Charles de Gaulle à Philippe Pétain, manifestement agacé que le maréchal soit devenu une figure ostracisée, bannie de toute respectabilité nationale, là où le général est devenu une icône historique glorifiée pour les siècles à venir. « Ils ont la même formation, ils ont la même culture, ils ont les mêmes idées ». Gagné… c’est aussitôt repris en boucle !
ll va ensuite délivrer un mensonge outrancier supplémentaires en se déclarant « scandalisé par le comportement d’Emmanuel Macron », qui a reconnu le rôle de la France dans la mort à 25 ans de Maurice Audin. « Je pense que ce M. Audin, mort dans des conditions tragiques évidemment […] je pense qu’il méritait 12 balles dans la peau, a-t-il dit. C’était un traître. C’était un type qui était contre la France, qui aidait le FLN, qui aidait le FLN à tuer des Français et accessoirement des Harkis et des musulmans. Ce type a pris les armes contre la France ». Et d’ajouter un peu plus loin, anticipant les reproches : « La torture, vous savez, ça a permis quand même d’arrêter les attentats » (sic). Succès garanti et mensonges avérés!
Il ajoute dans la foulée sur un autre média dans la même semaine : « En 2010, en équipe de France, ils mangeaient tous halal. Ils avaient imposé le halal. Et c’est Laurent Blanc qui l’a interdit, puis Didier Deschamps ». Une extrapolation de choix individuels qui déclenche aussitôt une polémique… mais plus c’est énorme et plus ça marche !
Il a encore en réserve des tonnes de provocations de ce type qui font sa renommée et celle des professionnels qui l’accueillent. Il a fait des disciples et on voit fleurir partout des attitudes similaires qui entretiennent l’audimat des émissions qui les valorisent. Le profit va avec pour les invité(e)s et pour leurs hôtes. La déontologie ? Quel vilain mot !