Encore une fois le souci d’impressionner favorablement l’opinion publique par des annonces superficielles et non structurées risque bien de se retourner contre celui qui les a formulées. Ainsi le lancement le 18 décembre 2018 d’un grand débat sur tout le territoire et pour tous les Français sur quatre thèmes : Transition écologique, fiscalité, organisation de l’État, démocratie et citoyenneté se heurte à de nombreux obstacles. « Cette concertation d’ampleur nationale a pour objectif de redonner la parole aux Français sur l’élaboration des politiques publiques qui les concernent » expliquait le gouvernement dans la foulée. Une belle intention qu’il faut soutenir et louer mais qui n’est vraiment pas facile à mettre en œuvre.
D’ailleurs un premier handicap vient refroidir les ardeurs présidentielles qui espère ainsi casser son image de décideur éloigné de toutes les préoccupations du pays : la présidente de la Commission Nationale du débat public se retire du jeu ! Chantal Jouanno, ex-secrétaire d’État chargée de l’écologie (2009-2010) dans le gouvernement de François Fillon, s’inquiétait depuis le début de l’improvisation avec laquelle le gouvernement se lance dans ce qui constitue une aventure à l’issue incertaine.
Dans une note adressée à la mi-décembre à Matignon la CNDP dont les statuts garantissent l’indépendance, met en garde sur la « répartition des responsabilités » avec le gouvernement quant à la conduite du débat. C’est à dire sur la véritable neutralité d’une organisation encore approximative alors qu’elle devait débuter à la mi-janvier.« J’ai décidé de me retirer du pilotage de ce débat », a déclaré celle qui devait arbitrer en reconnaissant que la polémique née sur le niveau de sons alaire était « légitime » et que les « conditions de sérénité nécessaires » n’étaient pas assurées. « C’est une décision que j’ai prise parce que je crois en ce débat […] plus que nécessaire » et ainsi elle laisse… le soin à Matignon de gérer ce qui risque d’être plus dangereux qu’utile pour la démocratie.
Les premières remontées de fameux cahier de doléances ouverts dans certaines mairies rurales révèlent trois sujets récurrents et nettement majoritaires. Le pouvoir d’achat arrive en tête (que pourra faire la majorité parlementaire de plus que ce qu’elle a déjà fait?) ; la justice fiscale (c’est perdu d’avance si on n’aborde pas le rétablissement de l’ISF?) ; les services publics en déliquescence (les suppressions de beaucoup d’entre eux en milieu rural se multiplient)… Ce sont les thèmes dont veulent parler selon les synthèses déjà réalisées. Sujets qui est assez loin des quatre proposés par le gouvernement : transition écologique, fiscalité, organisation de l’État, démocratie et citoyenneté… avec des « pistes » ouvertes pour éviter des débordements contestataires « dangereux ». Du côté des extrémistes de Droite on compte évoquer le « rétablissement de la peine de mort », le problème de« l’immigration », « l’abandon du mariage pour tous » sur lesquels ils surfent dans toutes les discussions sur les ronds-points. La gauche insoumise veut causer du « référendum d’initiative citoyenne » ; d’une « constitution nouvelle »  ou de la « fraude fiscale »…
On va demander aux Maires de faire le boulot d’arbitrage à quelques mois du renouvellement de leur mandat alors que plus de 30 % d’entre eux ont annoncé leur volonté de se retirer. « Si tu voyais le niveau de certaines contributions me confiait l’un (e) premier(e) magistrat(e) ayant ouvert un cahier de doléances. « Certain(e)s sont venu(e)s consigner leur acrimonie à l’égard de… la municipalité. J’ai eu des remarques sur les illuminations de fin d’année sur l’église, des sévères critiques sur l’état d’une route communale, un pamphlet contre le plan local d’urbanisme ». Une autre me racontait qu’avant que les administré(e)s s’expriment elles les reçoit et leur demande de ne consigner que des « remarques
d’intérêt national » qu’ils espèrent tranmettre au plus haut niveau. Dans ce contexte elle m’avoue se voir mal animer « quatre ou plus réunions de débat sur des sujets très sensibles » ! Un Maire d’une assez grosse commune rurale me confiait : « Je ne vais tout de même pas offrir une tribune à des opposants en jaune qui m’annoncent la constitution d’une liste contre moi aux prochaines municipales. Je veux bien écouter et transmettre mais je crains que les remarques ne soient guère différentes de celles que nous connaissons déjà d’autant que des consignes seront passées ! ».
Le tirage au sort ? L’inscription préalable ? La fourniture d’un kit ? Tout est encore flou et quand c’est flou il y a un loup ! Restons cependant optimiste et je suis décidé à organiser sur le canton de Créon mes propres débats ouverts à toutes et à tous comme je le fais depuis… plus de 20 ans ! On verra si la citoyenneté passionne vraiment les foules !

5 Réponses

  1. François

    Bonjour …et BONNE ANNÉE à tous !
    « Tout est encore flou et quand c’est flou il y a un loup ! »
    Et oui J-M ! Il y a un loup ou plutôt une couleuvre à faire avaler par le bon peuple de moutons habillés de jaune (en son temps, un général a parlé de veaux ! ) sauf que cette bestiole a la taille d’un boa ! Donc, pour gagner du temps, la synthèse finale du Grand Débat National est déjà sur les rotatives. Il ne manque que la potion pour faciliter l’ingestion, donc le bla-bla !
    Le temps n’est pas une monnaie … à gaspiller !
    Cordialement.

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  2. Pc

    Quelle drôle d’idée que ce débat national. Une moitié dira blanc quand l’autre dira noir… résultat 1+1=0.
    Il me semble que des grands débats nationaux structurés ont lieu régulièrement avec les différentes élections qui permettent à tous les gens en âge de voter de s’exprimer.
    Ce grand débat risque de virer à la foire d’empoigne et au grand n’importe quoi, en résumé à l’anarchie et encore une foi de profiter aux extrêmes…

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  3. Bernadette

    Bonjour,
    Il faudrait rebâtir la France à l’idée d’un général de l’Armée Française dont j’ai oublié le nom.

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  4. faconjf

    Bonjour,
    Le « grand débat national », dont le coup d’envoi sera donné le 15 janvier par le président Emmanuel Macron, est censé répondre à la crise des Gilets jaunes, mouvement social sans leader et émaillé de violences qui perturbe le pays depuis la mi-novembre. Un débat corseté qui relève de la quadrature du cercle, espérons que le méprisant ne mettra pas 3 millénaires pour constater l’insolubilité du problème tout comme Ferdinand von Lindemann en 1882 par rapport au problème posé en -1650 av JC.
    Trêve de balivernes et de billevesées, Le méprisant se prenant pour « l’élu légitimé du droit divin » pense avoir trouvé la martingale gagnante pour sortir son royal fondement des ronces… Hélas, trois fois hélas !! La gente dame jouanno découvrant avec effroi que ses modestes émoluments font les choux gras des gazettes du royaume vient de souiller les augustes phalanges royales.
    Dame Jouanno, experte en kata ( 12 fois championne de France) discipline codifiée de figures de combat contre un adversaire invisible, esquive prestement un engagement périlleux.
    Pour effacer cette défection, les ministres sont cordialement invités à manifester leur enthousiasme pour cette consultation. Pourtant “Se pointer dans une salle de fête où se tient un débat et être accueilli avec le goudron et les plumes, c’est quand même le risque”, explique un ministre au Parisien. Et les ministres des Comptes publics, de l’Économie et de la Cohésion des territoires sont quant à eux encore plus dubitatifs.
    « Sébastien Lecornu vient d’une culture de droite où l’on déteste les débats participatifs et Gérald Darmanin n’a pas envie de défendre le débat: il a galéré à faire le budget donc il ne voit pas comment on s’en sort si on remet la fiscalité en question », a expliqué un ministre au JDD.
    Mais qu’importe ! le roi demande, les ministres s’exécutent de bonne ou mauvaise grâce. Les échevins, consuls et capitouls du royaumes sont aussi conviés à porter les doléances des gueux ( camisards jaunes) eux aussi de bonne ou mauvaise grâce.
    Le shérif de Forcalquier est enjoint de mobiliser ses soudards pour bastonner d’importance tous les gueux irrévérencieux à l’égard de sa majesté le méprisant.

    L’ancien habitant de l’hôtel Matignon, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord aurait dit :  » Tout ce qui est excessif est insignifiant.  »
    Le méprisant ferait bien de s’inspirer de cette citation.
    Salutations républicaines

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  5. Alain . E

    Débat café du commerce , et brèves de comptoir , on est en plein délire , c’ est demain on rase gratis .
    tout le monde a des envies bien particulières et personnelles , je rappelle que noël est passé et que personnellement je ne crois plus au père noël.
    Alors , je propose une pétition en ligne pour demander la suppression des pétitions en ligne ……
    On se fait plaisir , on signe numériquement et tout ça se perd dans les méandres du web .
    c’ est ma doléance numéro un .
    la deuxième , la doléance miss France , la paix dans le monde et on commence par la France , il faut montrer l’ exemple , non de Zeus , ah non pas Jupiter, désolé .
    Je pourrais continuer à remplir un cahier de doléance , mais j’ ai piscine !!!!!
    Un peu plus d’ amour et un peu plus d’ humour pour 2019 , please
    Cordialement.

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