Il ne se passe pas un jour sans que l’alerte soit donnée sur les difficultés rencontrées par les urgences hospitalières confrontées à des difficultés d’accueil de nombreux malades ou blessés. En fait en amont de cette affluence il y a souvent deux services sous pression croissante, le SAMU et les Services d’incendie et de secours. La vie quotidienne suffit à inquiéter les responsables de ce secteur de plus en plus prégnant sur tous les territoires. Il existe des phénomènes de société qui renforcent pourtant considérablement les besoins en matière de secours. Ce ne sont pas toujours des drames importants ou des actes terriblement dévastateurs dus aux terrorisme mais des événements révélateurs de l’état dans lequel se trouve le monde actuel.

De tous temps les « fêtes » ont donné lieu à des excès et les traditions bayonnaises, montoises, dacquoises en sont les parfaites illustrations. N’empêche que dans toutes les villes universitaires françaises de nouveaux comportements se développent autour de l’usage massif de l’alcool et de drogues diverses. Certains soirs les sapeurs-pompiers ne cessent de sortir pour récupérer des jeunes en coma éthylique ou dans des états pitoyables… Quand le quai de Paludate à Bordeaux concentrait toutes les boites de nuit le nombre de sorties des ambulances du SDIS 33 atteignait un niveau de plus de 1500 secours à personne annuellement ! Cette triste réalité échappe à tous les radars sociaux alors qu’elle devrait mobiliser les pouvoirs publics.

On a une nouvelle preuve de cette démesure dans l’alcool ou les produits illicites : 249 personnes prises en charge(1), 109 hospitalisées et huit dans un «état d’urgence absolue» sur 24.000 participants – voici le bilan du carnaval étudiant de Caen qui a eu lieu jeudi soir. Les personnes évacuées en urgence absolue auraient pris de l’ecstasy, a indiqué le journal « Paris Normandie ». C’est l’une des plus grande manifestation européenne de ce genre et le constat est affligeant… sauf que personne ne songerait à le rapprocher d’autres médiatisations de faits bien moins angoissants. Transporter vers les urgences en une seule soirée une bonne centaine de personnes en détresse reflète pourtant un véritable fléau ! Selon la presse locale les huit personnes en urgence absolue auraient en effet pris de la MDMA, une drogue de synthèse connue sous le nom d’ecstasy. La préfecture a également signalé un risque lié à la consommation de drogues «non seulement illégales mais dont la production est obscure et aléatoire, le produit peut être vicié et entraîner des conséquences très graves (deux personnes ont dû être intubées au vu de la gravité de leur état)».

À 15 ans, 58 % des élèves en France d’après une étude de l’Institut National de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) déclarent avoir consommé de l’alcool au moins une fois au cours du mois et les jeunes de 17 ans sont 79 % à être dans ce cas. La consommation régulière (au moins dix fois au cours des trente derniers jours) concerne 9 % des élèves de 15 ans et 12 % des jeunes de 17 ans. Quel que soit l’âge, les garçons sont beaucoup plus nombreux que les filles à consommer régulièrement de l’alcool (deux fois plus nombreux à 15 ans et trois fois à 17 ans). La proportion d’élèves déclarant avoir déjà été ivres au cours de leur vie passe de 6 % parmi les élèves de 11 ans, à 16 % à l’âge de 13 ans et 41 % à 15 ans. À 17 ans, plus d’un jeune sur deux (57 %) a déjà connu l’ivresse et près d’un sur deux (49 %) a été ivre dans l’année précédant l’enquête. L’ivresse régulière (au moins dix fois au cours des douze derniers mois) concerne 10 % des jeunes de cet âge. À l’âge de 17 ans, la plupart des consommations d’alcool ont lieu le week-end, avec des amis. Les consommations solitaires ou en semaine s’avèrent plutôt rares.

En revanche, les consommations avec…. les parents sont assez communes. Le domicile privé ou celui des amis, les débits de boissons (bars, pubs puis discothèques) et le domicile parental sont les lieux de consommation les plus cités, les lieux publics ouverts et l’école arrivant ensuite. De plus, les proportions de consommateurs réguliers et de jeunes déclarant des ivresses répétées sont corrélées à la fréquence de sorties dans les bars ou à celles des soirées entre amis. Ces statistiques mériteraient vraiment que le système éducatif se mobilise pour tenter de l’endiguer mais il a actuellement d’autres préoccupations.

(1) C’est néanmoins une centaine de moins que l’an passé

2 Réponses

  1. J.J.

    Effarant cette déliquescence !
    Et les campagnes anti alcooliques, et la loi Evin, et les interventions de prévention aux addictions dans les établissements scolaires ? A quoi ça sert ?
    Oramus in deserto.

    Autrefois l’alcoolisme sévissait dans les classes dites « laborieuses », la consommation de boissons alcoolisées étant justifiée (?), et une piètre compensation à des conditions de travail et de vie abrutissantes : Zola, « l’Assommoir », Degas, « la Fée Verte ».
    Il y avait bien sûr l’alcoolisme « en col blanc », bien moins souvent évoqué.

    Les parents certes ne sont pas responsables de tout, mais certains sont coupables, par ignorance et/ou bêtise.

    Je l’ai constaté : un jour des enfants (CM1, CM2) m’ont raconté qu’ils avaient déjà goûté et consommé touts sortes d’alcools.

    Naïvement, je n’ai pas voulu les croire, mais une infirmière scolaire m’a assuré que c’était probablement vrai.

    Elle m’a cité ce cas (entre autres) d’une mère de famille lui ayant déclaré que son fils pouvait bien boire de la bière, attendu que « ça ne contient pas d’alcool » !

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  2. Bernadette

    Bonsoir,
    Je me rappelle lorsque je sortais de la garégion St Jean pour rejoindre l’insee, je croisais des personnes qui sortaient des bars situés sur les quais. Ils n’avaient pas l’air d’être en état d’ebriete. Ils rejoignaient les cafés pour y prendre le petit déjeuner.
    J’avais cru comprendre que ces bars de nuit devaient fermer vers 2h du matin. J’ai donc mal compris….

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