Depuis des décennies le monde économique a largement dominé celui de la politique. D’abord parce que s’ils ne l’infiltrent pas directement, les responsables des affaires ou des productions, s’efforcent de placer au pouvoir des gens qui leur sont dévoués. Il faut ensuite aussi savoir que, grâce à leur puissance financière, ils influencent fortement les orientations politiques qui n’ont plus d’autres finalités que sauver ou enrichir celles et ceux qui ont installé leurs auteurs. Les lobbies utilisent en effet à merveille les réseaux informatifs pour diffuser des analyses pouvant leur être favorables et s’évertuent à écarter les moindres suspicions sur leur pratiques. Mieux, il est maintenant amplement démontré que les plus puissants dont la capacité budgétaire dépasse celle de certains états, inluencent finalement les opinions publiques. Cette situation se généralise et les résistances n’existent plus ou se limitent à des coups d’éclat dont l’impact est vite jugulé par des actions soigneusement montées. Les grandes entreprises, les plus pourries sur le plan de l’éthique environnementale ou de l’atteinte à la nature humaine, utilisent des stratégies d’influence sophistiquées.

Depuis quelques jours les investigations menées par certains médias viennent mettre en cause les pratiques de Coca-Cola et de Monsanto, deux exemples emblématiques des dégâts causés,par le cynisme commercial. Grâce à France 2 on sait par exemple que des centaines de scientifiques, politiques et journalistes ont été secrètement fichés par des agences de communication travaillant pour l’entreprise américaine désormais filiale du groupe Bayer. L’opération consistait à ralentir ou à repousser les prises de position sur le glyphosate. Directement ou discrètement les pressions sur ces relais d’opinion ont été activées.

L’émission l’œil du 20 heures prouvent que des opérations ciblées, personnalisées, méthodiques ont été montées afin de peser sur le politique ou sur l’opinion publique. A chaque attaque a correspondu une réplique d’envergure peu coûteuse car basée sur un vaste fichier très détaillé, formellement interdit par les principes de la liberté républicaine. Monsanto avait son fichier « G » comme glyphosate constitué par une entreprise d’espionnage organisé.

Le premier qui a été divulgué est un graphique rassemble selon leur degré d’efficacité dans le débat les protagonistes primordiaux sur le glyphosate en France. Ils sont classés en fonction de leur degré de soutien à Monsanto et de leur influence… Associations, groupements professionnels, organisations environnementales, groupes de chercheurs, entreprises ou organismes officiels sont ainsi positionnés selon leur degré de soutien à une molécule pour le moins dangereuse.

Le second fichier est encore plus précis : adresse privées, téléphones sur liste rouge, sites internet… y figurent comme à la belle époque des fiches cartonnées des renseignements généraux. Le plus grave c’est qu’une hiérarchie, un classement au mérite accompagne ce document : une note de zéro à cinq y est attribuée selon la crédibilité, l’influence, et le degré de soutien à Monsanto de celle ou celui qu’il faut surveiller ou encourager. Rassurez vous la méthode est aussi utilisée en politique lors des campagnes électorales mais avec des conséquences moins graves. Il est à peu certain que bien d’autres actions ont découlé de ce fichage en règle mais elles se ront révélées que plus tard !

En France, Coca-Cola a été par exemple contrainte de publier les noms et fonctions des personnalités du monde scientifique qu’elle subventionne pour leurs études le plus souvent liées aux effets d’une mauvaise nutruition, ceux du sucre sur l’obésité ou des composants sur la santé elle-même. « Diététiciens, nutritionnistes ou médecins du sport : la plupart des dix-huit personnes nommées sont des professionnels de santé – les plus légitimes pour déconseiller la consommation de boissons sucrées à leurs patients, mais aussi dans les médias et les colloques » explique Le Monde.

Depuis 2010, le fabricant de boissons a ainsi distribué plus de 8 millions d’euros en France pour financer plusieurs recherches en matière de santé, mais aussi des associations médicales, sportives, ou même certains événements. Selon le grand quotidien français, ces financements constitueraient « dans leur grande majorité de la communication ou du sponsoring pur, et non d’un authentique travail scientifique ». N’empêche que leurs résultats partiels ou généraux servent à Coca-Cola pour communiquer. Les publications de certains d’entre eux leur offrent la notoriété et la crédibilité à des personnalités ou des organismes peu connus avant qu’il soient ciblés pour leur tempérance en matière d’analyse. On trouve des sommes énormes comme 940 000 € ou 720 000 € pour des rapports plus ou moins critiques.

Des dizaines, des centaines d’autre multinationales ou simplement nationales œuvrent selon le même mode opératoire. Elles ne risquent pas grand chose puisque ces révélations restent… discrètes en cette période où le prénom d’un rejeton anglais royal occupe la une de l’actualité. C’est archi… regrettable !

2 Réponses

  1. J.J.

    Quand je lisais, sur des sites scientifiques à priori sérieux et objectifs, des déclarations tendant à minimiser, voir nier les effets probables du « désherbant vedette » et autres OGM, je me posais des questions.
    Sur ces sites, les enquêteurs dont les études dénoncent les effets probables de ces produits sont considérés, malgré leurs références, comme des demeurés, des simples d’esprit, bref, des esprits rétrogrades et des ennemis du progrès et du peuple.

    Maintenant je ne me pose plus vraiment de questions.

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  2. Alain

    bonjour
    c’est le nouveau monde que nous avons laissé se mettre en place
    les financiers -capitalistes ,grands patrons,banques etc- ont pris le pouvoir .
    -ils sont toujours plus riches donc plus puissants
    -ils possèdent les médias donc influencent la pensée
    -ils ont mis en place « la caste » donc dirigent le pays
    ainsi dans la fable du » Loup et le chien » ,le loup court encore…
    malheureusement nous ne pouvons plus fuir
    et bien peu de gens essaient de résister -voir le peu de Gilets Jaunes dan les rues.
    souhaitons bonne chance à nos enfants et petits enfants !

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