Quel que soit les efforts qu’un.e élu.e peut effectuer pour démontrer sa sincérité elle ne passe pas la barrière médiatique. Interprétations malsaines, approximations constantes, sous-entendus irréels : la sanction tombe sur n’importe qui car la généralisation a construit une vraie défiance collective. Elle ressemble à un nuage polluant qui étouffe la lumière d’éclairant la vie publique.

Il est vrai que depuis le début du mandat présidentiel le nombre de mis.e.s en examen ou de condamné.e.s en première instance atteint des records. Député.e.s,  maires, personnes influentes de la haute administration accumulent les déboires judiciaires sans que médiatiquement on ait le même déchaînement que lors de l’affaire Cahuzac… Loin s’en faut !

Le « nouveau monde » n’a donc rien changé aux fâcheuses habitudes puisque neuf de ses parlementaires on été soupçonnés par la justice auxquels il faudrait ajouter une foultitude de personnes importantes du pouvoir.L’affaire Benalla a contribué à ce déluge de convocations chez un juge d’instruction. Le Modem se taille la part du lion avec ses trois leaders cloués au pilori. François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard sont soupçonnés d’abus de confiance, de recel d’abus de confiance et escroqueries.

Pas grave du tout… et on continuera à solliciter sans aucun remord les suffrages de ces électrices et électeurs qui par ailleurs s’offusquent à la moindre erreur de parcours. Même Tapie vient à leur secours pour les supplier de ne pas démissionner !

Thierry Solère a vu le tribunal de grande instance de Nanterre ouvrir une information judiciaire contre lui pour des soupçons de « fraude fiscale, manquements aux obligations déclaratives à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, détournement de fonds publics par dépositaire de l’autorité publique et recel, recel de violation du secret professionnel, trafic d’influence et recel […] abus de biens sociaux et recel, abus de confiance et recel, financement illicite de dépenses électorales, détournement de la finalité de fichiers nominatifs, portant sur une période comprise entre 2005 et 2017 ». Rien que ça ! Pas de problème il continue à siéger sur les bancs de la représentation nationale.

Le Président La République en marche de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a été mis en examen, dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 septembre 2019 à Lille pour « prise illégale d’intérêts » dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. Un première pour l’un des plus hauts dignitaires de l’Etat ! Rien à cirer on continue !

Le 31 août 2017, M’Jid El Guerrab, alors député LREM, a frappé violemment à coups de casque Boris Faure, le secrétaire national du PS. Deux coups qui causeront un traumatisme crânien au socialiste. Pour sa défense, il accuse Boris Faure d’« insultes racistes ». Il a aussi été mis en examen pour violences volontaires avec arme. Il se défend en parlant d’insultes racistes et l’instruction est toujours en cours… on attend de savoir qui va casquer !

Le 1er février 2019, le parquet de Rennes a fait savoir qu’il allait poursuivre pénalement le député LREM Mustapha Laabid « pour des faits d’abus de confiance ». L’élu est soupçonné d’avoir « utilisé à des fins personnelles ou indues des fonds de l’association Collectif Intermède », association dont il fut président jusqu’à son élection en 2017 . C’est en cours et on continue !

Son collègue de la Moselle Ludovic Mendes a été interdit par le tribunal de Metz de diriger, gérer, administrer ou contrôler une entreprise pendant deux ans, après la liquidation judiciaire de son ex-société. Pas grave il vote les sanctions contre les gens du RSA ou les crédits des cotisations sociales. Circulez y a rien à voir !

La Cour d’appel a confirmé pour la députée Claire O’Petit « une interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler directement ou indirectement toute entreprise commerciale ou artisanale (…) pour une durée de cinq ans ». Elle a réagi sur Twitter en écrivant que la Cour d’appel ne l’avait pas condamnée pour « détournement » (sic) ou « enrichissement » (re(sic). Excuse admise et on continue ! La liste est encore plus longue.

Quand on sait que Patrick Balkany depuis sa cellule de la Santé a annoncé sa candidature à la mairie de Levallois-Perret lors des prochaines municipales de mars 2020 on atteint le summum de la caricature de la démocratie représentative. C’est une caricature ! Des faits au moins aussi désastreux que les déboires d’un ancien président de la République enlisé dans quatre affaires distinctes où il use d’artifices de forme pour échapper à des situations pour le moins très suspectes : affaires des écoutes (correctionnelle) ; Bygmalion ( à venir) ; financement libyen (correctionnelle); grosses coupures (enquête ouverte)…

On nage dans des eaux aussi troubles avec le sentiment qu’eux sont totalement intouchables puisqu’ils continuent à parader, à gérer, à critiquer, à adopter la loi sur les pensions à points ou à se montrer dans les cérémonies officielles sans aucune gêne, Ils condamnent bien évidemment ces maudits manifestants qui ne veulent pas de la retraite à points qu’eux auront gagné avec des palmarès manquant de dignité. N’empêche que chaque fois la confiance dans les élus s’érode ou s’effondre avec à l’arrivée, une inexorable montée du dégagisme tous azimuts.