iran

« La guerre présente le triple avantage de souder une conscience nationale et de développer les sentiments patriotiques, de faire ainsi oublier les problèmes internes et les conflits de classe, et de permettre au marché de trouver de nouveaux territoires pour écouler les produits. » C’est un politologue et professeur de l’université de Boston, Howard Zinn, qui avait lancé cette vérité à la face des grands de ce monde.

Il est décédé et ne peut plus voir les folies furieuses de l’agité du bocal installé par les néo-fascistes économiques ou religieux à la Maison Blanche. Et pourtant jamais on a été aussi prêt de la réalité… Pour tenter de se faire réélire, Trump est prêt à tout. Ne pas le penser et le constater c’est vraiment vivre dans le monde des Bisounours .

Il applique à la lettre les principes du nationalisme triomphant qu’exploitent aussi à un degré moindre les autres gouvernants en difficulté de la planète. Ils sont nombreux ceux qui de près ou de loin mènent une « guerre » pour une cause qu’ils présentent comme forcément « juste » et qui leur permet de masquer leurs vraies arrières-pensées. Les conflits se multiplient et approchent de l’Europe.

En ce début d’année il n’y a pas un jour sans que l’un d’eux s’aggrave ou débute sur un continent ou l’autre. Et bien évidemment le président des États-Unis ne laisse pas sa part aux chiens de guerre. En s’attaquant directement et de manière extrêmement provocatrice à l’Iran il vient de franchir la limite acceptable pour maintenir un semblant de paix sur la planète.

Le pire c’est qu’il l’a fait en parfaite connaissance de cause et uniquement pour se redonner une stature de maître du monde et donc forcément des USA. Il évite aussi par cet acte relevant de la démence absolue que l’on parle partout dans le monde de la procédure d’« impeachment » qui lui colle aux fesses et à laquelle il échappera que par un réflexe clanique des sénateurs républicains.

Sa décision (il est certain que c’est la sienne) de demander que l’on commette un crime d’État ostensiblement ne saurait être considéré comme étranger à une stratégie. L’attaque contre le symbole de la puissance extérieure iranienne relève d’un « attentat » calculé. Il y a eu dans l’histoire des actes similaires ayant enclenché des conflits épouvantables pour l’humanité.

L’attentat de Sarajevo, assassinat perpétré le dimanche 28 juin 1914, contre l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’Empire austro-hongrois, par le nationaliste serbe de Bosnie nommé Gavrilo Princip, membre du groupe Jeune Bosnie a été l’élément déclencheur de la Première Guerre mondiale. Non pas directement mais par le fameux jeu des dominos diplomatiques liés aux alliances.

En ces temps-là elles étaient officielles alors que maintenant elles sont occultes et donc prévisibles. On comprend mieux sa position sur l’OTAN et celle du Président Français car il risque d’entraîner cette organisation dans une guerre dramatique au nom de la solidarité que l’on doit aux USA !

L’Iran, pays à très large majorité chiite, possède des leviers d’actions violentes partout dans le Moyen-Orient. Il sera soutenu indirectement par bien des pays dans lesquels cette branche puissante de l’Islam reste calme. Les Chiite sont actifs en Irak où à tout moment ils peuvent mettre les fragiles équilibres actuels en jeu en Azerbaïdjan, en Turquie, au Liban, en Inde, en Afghanistan, au Pakistan, au Yemen et dans les Émirats du Golfe… Mais Trump n’en a cure ! Il veut que les « faucons » américains, défenseurs acharnés des règlements de compte par armes à feu, de la construction du mur face au Mexique témoignent de leur soutien en cette période difficile pour lui.

Mieux il table en terme de communication sur la réprobation qui monterait dans le pays si ces « salauds » de démocrates poursuivaient leur chasse au Trump en pleine période de tension militaire. Son sort personnel passe avant celui de la planète et ce dans tous les domaines ! Sur le plan économique le cours du pétrole va flamber et celui puisé dans les schistes américains va redevenir compétitif.

Les matières premières vont augmenter mettant les pays européens dans une situation difficile. Le dollar va baisser rendant plus intéressants les produits agricoles américains. Il n’est pas absurde de tabler sur une résurrection de Daesh puisque le Parlement irakien vient de demander le départ de la coalition.

Les Turcs en profitent pour aller guerroyer en Libye et la zone sahélienne n’a jamais été aussi dangereuse. La Corée du Nord menace. Partout la tension monte et on fourbit ses missiles nucléaires… mais Trump jubile et donne des coups de menton. Pendant ce temps l’Australie brûle…