Ils clament de leur estrades, devant tous les micros quis e tendent : « soyez citoyen.ne.s » à des gens qui ne connaissent même pas le sens de ce staut! « Comportez-vous en cititoyen.ne.s ! » Inutile, après des décennies et des décennies où il leur a été répété sur tous les tons rabaché d’être simplement, au nom de la croissance dêtre de bons consommateurs ! Des consomamteurs et rien d ‘autres ! Les reste ne les regardait pas Oh ! Terrible surprise ! Quelques politiques au plus haut niveau de l’État constatent avec effarement que la citoyenneté n’est pas du tout ce qu’ils croyaient et qu’elle se meurt !

Tentatives de détournement des consignes de confinement, dévalisement des surfaces commerciales, égoïsme de sportifs individualistes, vols de matériels indispensables aux soignants, pillage des distributeurs de gel hydroalcoolique dans les lieux publics, mépris avéré des directives de protection collective, départ en week-end ou sur des lieux de vacances en toute inconscience…: la liste est longue des manquements graves au comportement solidaire dans un pays en chute libre.

Ils clament de leur estrades devant les micros : soyez citoyen.ne à des gens qui ne connaissent même pas le sens de ce staut! Comportez-vous en cititoyen.ne ! Inutile après des décennies et eds décennies où il leur est sur tous les tons rabaché d’être des consommateurs ! Des consomamteurs et rien d ‘autres !

Peu importe les autres je pense d’abord et exclusivement à moi, à mon confort, à mes habitudes, à ma pomme sans me soucier un seul instant des dégâts causés à l’intérêt général. Dans cette France des croyances exacerbées, de l’irrationalité galopante, de l’intoxication ravageuse de l’opinion dominante il n’y a plus de place réelle pour les comportements citoyens. La culture du « moi je.. » et celle de la disparition de l’Etat jugé providence démontrent leurs limites.

De ma fenêtre donnant sur une rue ordinaire d’une ville ordinaire je constate depuis mon isolement volontaire depuis une semaine combien il existe un décalage entre les souhaits parisiens et la réalité locale. Les propos tenus attestent en plus de cette volonté réelle de considérer que la crise sanitaire ne concerne que celles et ceux qui en sont victimes. Des gamins accompagnés de leur mère expliquant qu’elle ne sait pas comment les empêcher de sortir se baladent allégrement.

La circulation automobile qui était faible le premier jour a considérablement retrouvé de la vigueur à la veille du week-end. Les achats dits de première nécessité se sont transformés en stockage débridés avec des affrontements !

La consommation sous toutes ses formes a envahi les esprits. Elle règne en maîtresse sur un pays qui a basé sa stratégie depuis des décennies sur la croissance portée par l’offre. Insidieusement les gens de toutes conditions et de tous niveaux ne savent plus se priver de ce qu’ils pensent être leur liberté fondamentale : consommer ! Consommer des services de santé ; consommer de l’éducation ; consommer des espaces publics ; consommer des produits sans intérêt ; consommer du temps… mais jamais penser quel impact ont ses actes sur la vie des autres, refuser d’admettre que tout à un coût qu’il faut assumer par des cotisations ou l’impôt.

En ayant cru que les citoyen.ne.s étaient de ce monde et qu’il suffisait de leur demander au cours d’une allocution télévisée mélangeant la chèvre dévoreuse de liberté et le choux maintenant certaines d’entre elles le Président a commis une nouvelle erreur d’appréciation. Il est revenu une seconde fois avec un ton se voulant martial ce qui a décrédibilisé sa parole première.

Il a eu le même effet sur une multitude de ces gens qui se foutent de tout et considèrent que toute contrainte officielle ne s’applique pas à eux ! Des gouttes d’eau sur les plumes de « canards » dont il serait intéressant de connaître le niveau social… qui ne serait pas forcément celui que colportent certains poncifs.

Ce confinement révèle l’état réel de la citoyenneté dans une France républicaine qui a abandonné l’enseignement obligatoire de ses repères du fonctionnement collectif, qui a considérablement affaibli la vie solidaire portée par le monde associatif, qui a oublié de persuader et de convaincre avant d’agir, qui n’a plus de moment de regroupement de sa jeunesse autour des éléments fondateurs de la République . Nous allons lourdement le payer (certain.e.s de leur vie) mais bien évidemment on l’oubliera en 2022 quand la vague virale sera estompée.

Il est vrai que du coté du gouvernement actuel et de ses prédécesseurs au cours des vingt dernières années, le paradigme essentiel n’a pas varié : se mettre en phase avec l’Europe du profit. La déshumanisation du pouvoir qui taille, coupe, étrangle, paralyse, détruit tous les principes du conseil national de la résistance édictés au plus fort d’une guerre terriblement destructrice nous a conduit directement ou indirectement à cette situation inquiétante.

Elle ne peut que déboucher sur des extrémismes dramatiques prenant le contre-pied de la faiblesse du milieu politique actuel. Il faudra après un tel séisme une vaste concertation citoyenne pour refonder notre système républicain obsolète. Et encore… c’est probablement trop tard ! On ne fait jamais rien de bien dans la peur.

Les actrices et acteurs du système de santé sont applaudis tous les soirs par des « citoyen.ne.s » les ayant souvent vilipendés quand ils dénonçaient les coupes effectuées dans leurs effectifs ou le manque de moyens accordé au service public. Les enseignant.e.s sont loués pour les exigences de leur métier découvertes en ces circonstances mais ont été critiqués pour leur lutte contre des réformes qui deviennent inapplicables. Les éboueurs qui coûtent cher sont admirés car ils continuent à nous débarrasser de nos poubelles…

Tant d’autres services manquent alors que durant des mois les fonctionnaires ont été sacrifiés au nom d’équilibres comptables totalement artificiels. « Rien ne sera plus pareil après » a proclamé le Président. Surtout pour lui mais pour nous on ne reviendra pas en arrière !