Le royaume de la taxation indolore

La parcellisation de l’information est devenue tellement désastreuse que plus personne ne se reconnait dans la course effrénée aux réformes. Il suffit, dans le contexte actuel, d’affirmer haut et fort une intention pour qu’elle devienne une vérité. L’État est, par exemple, réputé irréprochable sur le plan de la fiscalité. Depuis des mois, le gouvernement serait le roi de la baisse des impôts… au nom de l’efficacité économique, et au détriment du principe républicain d’une juste participation de chacun à l’effort collectif. C’est devenu une « vieille idée désuète », que plus personne ne remet sur le devant de la scène, en cette période de désastre économique et de creusement des inégalités. En fait, il suffit de baisser les impôts directs, spectaculaires, précis, contrôlables d’ un simple coup d’oeil au bas de la feuille que l’on reçoit, et de créer de multiples taxes qui frappent tout le monde et rapportent en fait beaucoup plus, de manière indolore et invisible. C’est un vrai bonheur que de les rappeler ici, en espérant que cela énervera et réveillera quelques consciences assoupies qui vont inévitablement hurler en recevant leur facture d’imposition locale directe. C’est un record absolu, une avalanche depuis 18 mois, dans l’indifférence générale ! Il est certain que le pouvoir d’achat en prend un sacré coup, à cause de l’anesthésie citoyenne ambiante. Jugez un peu ce que Nicolas Sarkozy a inventé pour financer les dégrèvements accordés à quelques privilégiés :
– Taxes sur les revenus du capital pour financer le RSA,
– Augmentation des cotisations retraite,
– Taxe sur le chiffre d’affaires des mutuelles,
– Taxe sur l’intéressement et la participation,
– Taxe sur les stocks-options,
– Franchises médicales,
– Taxes sur les opérateurs de téléphone et d’Internet (pour payer les chaînes publiques),
– Taxes sur les chaînes privées,
– Malus automobile,
– Taxes sur les compagnies pétrolières

– Radars automatiques en tous genres

– Primes à la cuve (c’est Total qui paye),
– Taxes sur les ordinateurs et les clés USB,
– Taxes sur les poissons vendus en grande surface.

Bien évidemment, toutes ces mesures ne sont pas nécessairement critiquables mais toutes visent à pallier un manque évident de courage politique qui consisterait à faire payer celles et ceux qui le peuvent, afin de diluer l’effort entre le plus grand nombre. On baisse l’impôt sur les revenus, et on refuse l’augmentation de la CSG alors qu’ils peuvent produire les mêmes effets que bien des taxes.
Il existe beaucoup de projets en cours, dont on verra les effets éventuels avant 2012 :
– Taxes sur les huiles pour moteur,
– Généralisation du « malus écologique »,
– Extension du malus automobile (payé dorénavant chaque année),
– Taxe sur la distribution des imprimés publicitaires,
– Facturation de l’envoi des cartes grises à domicile,
– Taxe d’habitation sur les résidences mobiles terrestres

– Taxe carbone qui s’habille de vert, mais qui fera voir rouge à bien des ménages qui paieront pour les autres!

En fait, dès qu’un problème de citoyenneté se pose, il est aussitôt abordé sous son aspect « atteinte au portefeuille » et bien évidemment touche  en premier lieu le… consommateur qui d’une manière ou d’une autre se fait taxer! En effet, les « vendeurs », les prestataires de services, les fabricants, se contentent d’intégrer le supplément dans le prix de vente et de facturer de fait, pour le compte de l’État, des impôts que ce dernier n’a même pas à recouvrer! En revanche on ne touchera pas aux niches fiscales.

Tout le monde se fera taxer, mais sans aucun espoir de renvoi solidaire! Plus de décisions courageuses citoyennes, mais simplement une traite de plus de la vache à lait consommateur!

C’est une tromperie permanente qui marche, tellement l’acculturation citoyenne est patente. En fait, on me taxera encore de partialité, parce que je mets en évidence la partie cachée d’un iceberg moins glorieux que l’on voudrait le laisser accroire.

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